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Implanter un nouveau système de paie sera moins coûteux que réparer Phénix

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OTTAWA | Le remplacement du système de paie fédéral Phénix coûtera nettement moins cher que l’imposante facture de 2,6 G$, qui doit encore être déboursée pour corriger les erreurs actuelles du logiciel.

Dans un nouveau rapport publié jeudi, le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux, conclut qu’il en coûtera 57 M$ pour mettre en place un nouveau système de paie visant à remplacer le défaillant Phénix. 

Le coût d’exploitation de cette éventuelle solution de remplacement pourrait ensuite attendre 105 M$ par année. 

Or, Ottawa devra d’abord débourser 2,6 M$ sur cinq ans pour, dans un premier temps, stabiliser le système actuel. 

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Corriger les erreurs de calcul de Phénix avant d’aller de l’avant avec une nouvelle génération de la paie est crucial, a souligné M. Giroux. 

«Le succès du nouveau système repose sur deux facteurs: la correction de l’ensemble des données de paie avant la mise en place du nouveau système, et la sélection d’un système possédant toutes les capacités requises pour traiter la paie de la fonction publique fédérale», écrit-il dans son rapport. 

M. Giroux relève en outre que la quantité innombrable de règles qui existent dans la façon dont les différents fonctionnaires fédéraux sont payés contribue énormément à faire grimper les coûts d’un logiciel capable d’intégrer toutes les fonctionnalités nécessaires. 

En 2006, on dénombrait pas moins de 80 000 «règles de paie» dans la fonction publique. On ne sait pas combien il en existe à l’heure actuelle. 

«Il y a lieu de réduire les coûts de la paie fédérale si les syndicats et les ministères sont enclins à s’asseoir ensemble et à [simplifier] les règles», a dit M. Giroux. 

Le directeur parlementaire du budget évalue que le prochain système de paie pourra être mis en place seulement à partir de 2023 puisqu’il faudra encore du temps pour corriger les données contenues dans Phénix. 

Le système Phénix s’est avéré un fiasco depuis son implantation en 2016. Des dizaines de milliers de travailleurs fédéraux sont en proie à des erreurs du logiciel. Certains sont sous-payés, alors que d’autres sont privés de rémunération ou trop payés.