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Inspirantes banalités

L’historien John R. Porter expose ses photographies à Lévis

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Historien de l’art et ancien directeur du Musée national des beaux-arts, John R. Porter a emmagasiné au fil des ans une expérience visuelle qui « contamine » inévitablement son regard sur les choses. À travers ses photographies, des scènes de la vie qui pourraient sembler banales se transforment en œuvres d’art.

Une trentaine de ses photos, prises sur une période d’un an entre l’été 2017 et 2018, font l’objet d’une exposition intitulée L’empreinte des jours, inaugurée jeudi au Centre d’exposition Louise-Carrier, à Lévis, sa ville natale.

Ses photographies, qui n’ont été ni retouchées ni recadrées, se confondent aisément avec des peintures. Il faut dire qu’elles sont imprimées sur toile, ce qui leur confère une texture inhabituelle.

Au premier coup d’œil, la plupart de ses photos semblent être des toiles créées par un peintre du courant automatiste ou impressionniste. Mais il s’agit bien d’une image réelle.

Passionné par la photo depuis le début des années 1970 et aussi grand voyageur, John R. Porter aime figer dans le temps des fragments de la nature, de plans d’eau, jouant avec les reflets, la transparence, le mouvement, la lumière.

Ses photos ont été prises autant ici, au Québec, que durant ses voyages, mettant en valeur des plans d’eau dans le port de Toulouse, en France, les petits voiliers colorés des jardins du Luxembourg, ou le magnifique paysage immortalisé dans le canal du Midi, qui relie Toulouse à Carcassonne.

Motifs riches

Son regard forgé par sa carrière dans le milieu de l’art se pose sur des choses que personne ne remarquerait.

Des feuilles mortes jonchées sur une parcelle de sa terrasse enneigée, un pétale d’un bouquet de tulipes tombé sur la table, un tronc de peuplier, le fond d’une coupe de vin vide, dans lequel il a plongé sa caméra, constituent pour lui des motifs visuellement riches.

« Est-ce qu’il y a quelque chose de plus banal que ça ? demande-t-il devant une photo de la nature qui se reflète dans la carrosserie noire de sa voiture. Et pourtant, ça finit par être une évocation d’une route et de la vitesse. »

Ayant passé sa vie à mettre en valeur les autres artistes, John R. Porter avoue renouer avec son « rêve de jeunesse » en exposant son propre travail.

À son tour

« J’aurais voulu être un artiste, mais j’ai passé le gros de ma vie à servir les autres, et je suis très heureux de ça. Mais avec la photographie, je renoue avec mes rêves de jeunesse. Aujourd’hui, c’est mon tour », dit-il.

L’ensemble de ses photographies construit un discours cohérent sur le temps qui passe. Derrière son objectif, John R. Porter a ce souci constant de donner « une éternité à un moment ».

« Je fais exister quelque chose qui, autrement, est évanescent, nous échappe. La photographie, c’est comme une manière d’arrêter le temps, de faire durer des moments privilégiés. Les jours passent vite aujourd’hui et on ne retient rien », philosophe-t-il.


► L’exposition se déroule jusqu’au 9 juin au Centre d’exposition Louise-Carrier, situé au 33 rue Wolfe, à Lévis.