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Présidentielle 2020: le maire démocrate de New York se lance, malgré les sceptiques

Présidentielle 2020: le maire démocrate de New York se lance, malgré les sceptiques
AFP

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NEW YORK | Les médias américains ont tout fait pour le dissuader, les sondages sont contre lui, mais le maire de New York Bill de Blasio a ajouté aujourd'hui son nom à la longue liste de prétendants démocrates à la présidentielle 2020.

«Donald Trump doit être arrêté», «il est temps de donner la priorité aux gens qui travaillent», déclare Bill de Blasio dans une vidéo de trois minutes mise en ligne tôt ce matin pour annoncer sa candidature. 

Il devait être interviewé à l’émission Good Morning America avant d’inaugurer un nouveau musée érigé au pied de la statue de la Liberté, puis partir vendredi pour l’Iowa, État-clé pour les primaires démocrates.

L’adage veut que le poste de maire de New York soit «le deuxième parmi les plus difficiles» des États-Unis – après celui de président –, et Bill de Blasio, 58 ans, qui défend des positions très à gauche, semble être seul, pour l’instant, à croire à ses chances.

Bien qu’il réfléchisse depuis des mois à sa candidature, voyageant à travers le pays, aucun sondage n’est venu l’encourager.

Le dernier sondage où l'on fait mention de lui, publié début avril par l’Université Quinnipiac, indiquait que, même parmi les New-Yorkais, 76% des électeurs ne voulaient pas le voir se lancer dans la bataille et que 18% seulement appuyaient sa candidature. 

Marié à une femme noire avec qui il a eu deux enfants, Bill de Blasio est populaire dans la communauté noire. Mais selon les sondages, les Hispaniques sont partagés et les Blancs majoritairement critiques de son mandat, même s’il a été facilement réélu pour quatre ans en 2017, faute de grosses pointures pour le concurrencer.

Proche de Bernie Sanders

Élu pour la première fois en novembre 2013 pour succéder au milliardaire Michael Bloomberg, sur la promesse de réduire les inégalités dans une ville où elles sont souvent flagrantes, il a défendu avant d’autres des positions très à gauche désormais en vogue chez les démocrates.

Plus proche des positions de Bernie Sanders que de celles de Hillary Clinton pendant la campagne 2016 (même s’il avait dirigé la campagne victorieuse de celle-ci pour le Sénat en 2000), cet ex-partisan des sandinistes du Nicaragua a introduit à New York l’école maternelle gratuite pour tous, relevé le salaire minimum à 15 dollars de l’heure et annoncé une couverture santé universelle.

Face aux nombreuses arrestations de migrants clandestins par l’administration Trump, il a multiplié les mesures pro-migrants, revendiquant pour New York l’image de «ville-monde».

Il a aussi entériné récemment un paquet de lois municipales qui se veulent pionnières face au changement climatique. 

Lundi, en prélude à sa campagne, il est allé les promouvoir dans le hall de la Trump Tower, siège de la Trump Organization et gratte-ciel cité parmi les plus polluants de la ville. 

A suivi un beau chahut, des pro-Trump étant venus contre-manifester, puis un échange acerbe sur Twitter avec les fils du président, qui gèrent la Trump Organization et qui l’ont accusé notamment d’«abus de pouvoir».

Pour se distinguer des 22 autres candidats démocrates déjà en lice, Bill de Blasio, dans sa vidéo, se targue d’avoir fait de la première métropole américaine «la grande ville la plus sûre des États-Unis», une baisse continue des homicides ayant été enregistrée pendant son mandat. Mais son credo principal, comme lors de sa campagne pour la mairie de New York, porte sur la réduction des inégalités.

«Il y a beaucoup d’argent dans le monde, il y a beaucoup d’argent dans ce pays, il est juste entre les mauvaises mains», dit-il dans la vidéo, une phrase qu’il a beaucoup répétée à New York.

Médias féroces

Mais le maire devra faire face à des médias féroces à son égard: ils lui reprochent, pêle-mêle, de n'avoir obtenu aucun résultat tangible dans la lutte contre la pauvreté, son manque de charisme, ses allers-retours quotidiens dans son ex-fief de Brooklyn pour faire sa gym ou ses bisbilles avec Andrew Cuomo, gouverneur démocrate de l’État.  

Dans ce contexte, plusieurs de ses collaborateurs ont même confié être contre sa candidature. 

Mais Bill de Blasio aime rappeler que personne ne croyait à ses chances d’emporter la mairie en 2013. Il était alors un conseiller municipal méconnu, mais avait créé la surprise en recueillant 73% des voix face au républicain Joe Lhota pour devenir le premier maire démocrate de New York depuis 1993.

«J’ai souvent été bon dernier dans les sondages quand je me suis présenté», disait-il fin janvier. «Ce n’est pas comment vous commencez la course [qui compte], c’est comment vous la finissez.»