/opinion/blogs
Navigation

Les pauvres doivent investir dans le CELI et le REER

Les pauvres doivent investir dans le CELI et le REER
Piotr Adamowicz - Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

Le mépris des pauvres par l’IRPP et d’autres 

Je l’ai mentionné dans ma dernière chronique, l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP) est pareil à l’Institut du Québec des HEC commandité par le Conference Board du Canada. Toutes des boîtes idéologiques et de propagande néolibérale, mais beaucoup subventionnées par l’État. 

Dans sa dernière étude de recherche « scientifique », les chercheurs aguerris de l’IRPP se sont surpassés en termes de dérision en recommandant que « Les pauvres devraient miser sur le CELI plutôt que sur le REER » (Le Journal de Montréal, 9 avril 2019). Tant qu’à rire de la secte « inférieure », moi je dis que les pauvres doivent investir chaque année, pas dans seulement l’un des deux, mais dans les deux : 6000 $ dans leur CELI et disons entre 5000 $ et 10 000 $ dans leur REER. Oui, comme le disait le philosophe : quand on veut, on peut.  

Il faut tout moderniser, croûte par croûte 

Il faut abattre les tabous sclérosants si on veut avancer dans la vie et les pauvres doivent passer par là : il faut les moderniser comme la CAQ et son fabuleux ministre des Transports, François « Uber » Bonnardel vient de le faire avec les chauffeurs de taxi : « Moderniser l’industrie du taxi tout en assurant son avenir » (Le Devoir, 17 avril 2019). Moderniser l’industrie du taxi au profit de qui? Et assurer l’avenir de qui au juste?  

Legault, un adepte de la modernisation 

Déjà en 2012, François Legault voulait moderniser l’État encore plus que l’avait fait Jean Charest, et plus que l’entrevoyait Philippe Couillard : « Moderniser l’État. Legault promet le courage que Charest n’a pas eu » (Le Devoir, 8 février 2012). Moderniser et réingénierier l’État dans le sens de le ratatiner en privatisant nos services publics et nos instruments collectifs au profit de qui, je vous le demande. Moins d’État et plus de privé est synonyme de modernité pour ces gens qui se définissent en révolutionnaires : « François Legault se pose en révolutionnaire » (Le Devoir, 5 avril 2014). Fidel Castro, Michel Chartrand et Hugo Chavez doivent bien se retourner dans leur tombe.  

La discipline est de mise 

« Vivre d’une paie à l’autre, la réalité de 31 % des Québécois » (Le Journal de Montréal, 5 septembre 2018). Il faut voir le positif : il reste tout de même 69 % des travailleurs qui ne vivent pas d’une paie à l’autre. Aux 31 % de travailleurs qui vivent d’une paie à l’autre, il faudrait faire administrer leur salaire, leur CELI, leur REER et autres placements par une banque ou, rien de moins, par un bureau de comptables. Il faudrait aussi qu’ils pensent à s’incorporer et à embaucher un conseiller fiscal en plus de leur conseiller financier.  

Reporter la retraite à minimum 75 ans 

« D’une paie à l’autre... et pas de retraite avant 62 ans » (Le Journal de Montréal, 7 septembre 2016). Il ne faudrait surtout pas que les pauvres prennent leur retraite à 62 ou 65 ans et commencent alors à piger dans leur CELI et dans leur REER. Se prennent-ils pour des pachas? Non, il faut les obliger, par une loi s’il le faut, à travailler jusqu’à au moins, soyons raisonnables et humains, disons 72 ans pour faire un chiffre pas rond. 

À ceux qui vivent d’une paie à l’autre : il faut faire comme les autres et se relever les manches en s’attelant à la tâche : « Le cumul d’emplois en hausse de 31 % » (Le Journal de Montréal, 2 mai 2015). Comme ils sont peu payés et que « Les salaires ne grimpent pas » (Le Soleil, 2 juillet 2017), alors il ne faudrait pas rester là à passer. Il faut en profiter pendant qu’il y a supposément une pénurie de travailleurs, surtout dans des emplois peu payés, et se dénicher un 2e, et pourquoi pas un 3e emploi? L’important est d’investir dans le CELI et le REER. Et pendant qu’ils travaillent, les pauvres ne penseront pas à dépenser. Il faut les protéger d’eux-mêmes dans des superflus. 

Ceux qui ont fait la cigale 

Voilà ce qui arrive à ceux qui n’ont pas eu assez de volonté dans la vie pour épargner : « Un retraité canadien sur quatre est endetté » (Le Journal de Montréal, 21 février 2018). Plus jeunes, ces vieux pauvres ont probablement fait, comme souligné par l’Institut de la statistique du Québec : « Les Québécois les plus pauvres regardent (il faut agir, pas seulement regarder) les autres s’enrichir (même par la corruption, les paradis fiscaux et les cadeaux du gouvernement » (Le Devoir, 7 mai 2015).  

Où sont les pauvres?  

“Les Québécois peinent à subvenir à leurs besoins” (Le Journal de Montréal, 10 octobre 2018). Réveillez-vous et mettez en pratique les judicieux conseils de Philippe Couillard : “Couillard persiste : à 75 $ (pour une famille de 4 personnes), une épicerie c’est possible” (Le Devoir, 21 septembre 2018). En mettant l’emphase sur le baloney et les patates, moi je dis que l’on peut ramener ça à 50 $ par semaine afin d’investir dans son CELI et son REER.  

Ben Carson, un ministre de Trump, philosophe 

Le Mouvement Desjardins a produit une étude au mois de mars 2017 intitulée : “La pauvreté au Québec, une réalité encore présente”. Moi j’ai des doutes sur cette réalité. Comme l’a si bien dit Ben Carson, ministre de Donald Trump : “La pauvreté est dans une large mesure un état d’esprit” (Le Devoir, 27 mai 2017). Je dirais même dans une mesure totale plutôt que dans une large mesure. Alors peut-être que la pauvreté n’est qu’une vue de l’esprit de gens simplistes et que dans les faits il n’y en a pas. Des communistes jaloux qui colportent ça que je vous dis.  

Puis, même si on arrive à chiffrer le nombre de pauvres, tout dépend de ce que l’on entend par pauvre. À partir de quel montant on définit un pauvre? En vérité, je vous le répète, en retenant cette fois les paroles du philosophe avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani : “Giuliani décrypte ses propos sur ‘la vérité n’est pas la vérité’ (Le Journal de Montréal, 21 août 2018). Peut-être qu’il y a plusieurs vérités et que chacun a sa propre vérité, comme la tonitruante, ex-ministre libérale du Canada, parlait toujours de ‘sa vérité’, ce à quoi l’ex-conseiller de Justin Trudeau a répliqué : ‘Butts oppose ‘sa’ vérité à celle de Wilson-Reybould’ (Le Devoir, 7 mars 2019). Alors qu’elle est la vérité sur le nombre de pauvres au Québec? Peut-être sont-ils plus riches que l’on pense et qu’ils peuvent ainsi se payer de gros CELI et de gigantesques REER?