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Un chasseur réclame une meilleure protection contre la maladie de Lyme

Le traitement préventif sans prescription n’est pas offert partout

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Photo courtoisie Louis Turbide à la chasse au dindon, il y a quelques années, mais c’est à Hemmingford en Montérégie qu’il a été en contact avec les tiques il y a deux semaines.

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LA POCATIÈRE | Un chasseur qui pourrait avoir été piqué par une tique pouvant transmettre la maladie de Lyme souhaite que les pharmaciens puissent remettre le traitement préventif dans tout le Québec, pas seulement dans les régions à risque.

Louis Turbide est allé en forêt à Hemmingford en Montérégie la fin de semaine du 4 mai.

Il dit avoir retiré pas moins de sept tiques de ses vêtements. Il a vérifié toutes les parties de son corps, excepté sa tête, et n’a pas trouvé de piqûres.

Trois jours plus tard, il a aperçu des piqûres rouges sur son cuir chevelu.

Craignant d’avoir été piqué par une tique qui pourrait porter la maladie de Lyme, il s’est rendu chez son pharmacien de La Pocatière, où il réside dans le Bas-Saint-Laurent, pour obtenir le médicament voulu.

« Je savais que c’était une course contre la montre, car l’antibiotique préventif doit être donné dans les 72 heures », a dit M. Turbide, de Saint-Roch-des-Aulnaies et aussi rédacteur en chef au magazine Sentier Chasse-Pêche.

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Photo courtoisie

Pas autorisé

Ce n’est toutefois possible qu’en Montérégie et en Estrie. Son pharmacien n’était pas autorisé à le lui donner, même si le chasseur a mentionné qu’il aurait été piqué dans l’une de ces régions plus à risque.

« Je ne comprends pas pourquoi il n’avait pas l’autorisation de le faire, surtout si la personne a été piquée dans une région à risque. Ce n’est pas la faute du pharmacien, mais du flou dans les règles actuelles qui devraient être revues. Je comprends que si une personne à Percé en Gaspésie dit à son pharmacien qu’il a été piqué, on ne lui donne pas de traitement préventif, car il est excessivement loin des zones à risque », estime M. Turbide.

Heureusement pour lui, il a pu rencontrer un médecin assez rapidement et il lui a prescrit le médicament in extremis.

Il revient aux directeurs de santé publique de chaque région de décider si un professionnel autre qu’un médecin peut donner le traitement préventif.

« S’il n’y a pas d’ordonnance collective signée dans la région de résidence, effectivement la personne doit se tourner vers un médecin », indique Marie-Claude Lacasse, aux relations avec les médias au ministère de la Santé.

Selon une étude, le risque de développer des symptômes après une piqûre est de 3 % et descend à 0,3 % si l’antibiotique doxycycline est administré dans les 72 heures, confirme le Dr François Milord, médecin-conseil à la Direction de la santé publique de la Montérégie.

Graves impacts

« Quand on vient d’être piqué, le nombre de bactéries au site de la piqûre est très peu nombreux. Une dose d’antibiotique va circuler dans le sang et ça va tuer les quelques bactéries présentes au départ », explique le Dr Milord.

La maladie de Lyme, transmise par une tique infectée, peut causer de la fièvre, de la fatigue, des douleurs musculaires et articulaires.

Non traitée, elle peut mener à des problèmes cardiaques, neurologiques et aux articulations.

Conditions pour obtenir le traitement 

♦ Tique attachée plus de 24 heures

♦ Moins de 72 heures après le retrait de la tique

♦ Aucun symptôme de la maladie

♦ Piqûre dans des secteurs des régions de la Montérégie, l’Estrie et l’Outatouais

Cas de maladie de Lyme*

  • 2018 : 301
  • 2017 : 329
  • 2016 : 177
  • 2015 : 160

*Déclarés à la Santé publique du Québec

Source : INSPQ et Ministère de la Santé