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WSP n’est pas intéressée à ramasser des morceaux de SNC-Lavalin

La multinationale du génie-conseil souhaite toutefois que son concurrent «s’en sorte»

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Le géant québécois de l’ingénierie WSP Global n’a aucunement l’intention de reprendre des activités de son rival montréalais en difficulté, SNC-Lavalin.

« Aujourd’hui, il n’y aurait pas beaucoup de bénéfices, dans ma tête, à joindre ces deux organisations-là ensemble » a déclaré hier le PDG de WSP, Alexandre L’Heureux, à l’issue de l’assemblée annuelle de l’entreprise.

M. L’Heureux a noté que WSP est déjà bien présente au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Moyen-Orient et en Asie, des régions où SNC-Lavalin exploite des divisions importantes.

Perte d’un siège social

De plus, il redoute les réactions que pourrait susciter la perte d’un siège social québécois aux mains d’une autre entreprise de la province.

« J’aurais peur, personnellement, que ça soit mal reçu », a-t-il exprimé.

M. L’Heureux a aussi rappelé que les deux entreprises ont des modèles d’affaires différents : pour réduire sa prise de risques, WSP ne s’aventure pas dans les activités de construction, comme le fait SNC.

Il y a quelques années à peine, il aurait été impensable de soulever cette question, WSP étant alors un poids plume face à SNC-Lavalin, une firme plus que centenaire. Mais les scandales de corruption ont fait fondre la valeur boursière de SNC, qui est aujourd’hui de 3 G$ inférieure à celle de WSP.

Rappelons qu’en décembre, SNC-Lavalin a embauché des conseillers externes pour évaluer la possibilité de vendre une partie ou la totalité de ses activités.

Mal à l’aise

« Je me sens vraiment mal à l’aise de parler des difficultés des autres, a soutenu Alexandre L’Heureux. Je ne trouve pas que c’est sain pour notre province de parler comme ça. »

Selon lui, « il serait mieux pour le Québec que SNC s’en sorte ».

« La meilleure chose qui puisse arriver pour le Québec, c’est d’avoir deux sièges sociaux en santé », a-t-il ajouté.

Le dirigeant de 46 ans a fait remarquer que Montréal est la seule ville au monde à pouvoir s’enorgueillir d’abriter les sièges sociaux de deux des 10 plus grandes firmes d’ingénierie au monde.

« C’est assez inhabituel d’avoir deux leaders mondiaux d’une industrie dans une même ville », a-t-il affirmé.

Dans le plus récent classement international établi par la publication spécialisée ENR, SNC-Lavalin et WSP occupent respectivement le 3e et le 4e rang.


Au premier trimestre, WSP Global a enregistré des résultats conformes aux attentes avec des profits nets de 63,6 M$ sur des revenus de près de 2,2 G$.