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Championnat de la PGA: Spieth renaît

Jordan Spieth
Photo AFP Jordan Spieth

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FARMINGDALE, N.Y. | Jordan Spieth n’avait pas perdu foi en ses moyens. En pleine traversée du désert depuis plus d’un an, il manquait de confiance en apportant des modifications à son élan. Sa constance faisait défaut et son arme de prédilection était au neutre.

Depuis le début de la semaine à Bethpage, le spectre de la conquête de l’unique titre majeur manquant à sa collection pour réaliser son Grand Chelem en carrière était aussi gros qu’un éléphant dans une boutique d’objets précieux.

Au beau milieu de cette saison difficile, on voyait mal comment l’Américain de 25 ans pouvait renverser la vapeur sur un parcours aussi éprouvant physiquement que mentalement. Il n’est pas le plus puissant et le plus précis des tertres. Et il n’accomplit plus ses miracles avec son fer droit.

Bref, Spieth ne s’était pas élancé qu’il était déjà enterré.

Mais voilà que le champion du Tournoi des Maîtres et de l’Omnium des États-Unis 2015, ainsi que de l’Omnium britannique 2017, figure près du sommet à ce Championnat de la PGA. À son troisième essai pour compléter le Grand Chelem, il accuse sept coups de retard sur Brooks Koepka grâce à une excellente ronde de 66 (-4) qu’il a ajoutée à sa carte de 69 (-1).

Inconstance

Spieth ne s’enfle pas la tête avec cette deuxième position provisoire, car il est conscient que le Black Course peut mordre à tout moment. Il doit toutefois trouver un moyen d’aligner deux bonnes dernières rondes. Ce qu’il est incapable d’accomplir cette saison. Il a saboté ses opportunités de terminer dans le top 20 une première fois avec de mauvaises décisions à six de ses 13 sorties. Rien pour solidifier la confiance.

Depuis deux semaines, il a toutefois changé sa philosophie. Se disant parfois inconfortable sur les tertres, il a réduit ses cibles en diminuant ses chances de rater son coup. Il peut ainsi éviter des bogueys, une tendance à la hausse dans son jeu.

« Je prends des lignes plus étroites et plus spécifiques. Je ne frappe pas avec pleine confiance comme je le faisais il y a quelques années, mais je frappe mieux la balle que je le faisais à la fin de l’an dernier », a expliqué le vainqueur de la coupe FedEx en 2015.

Le fer droit collabore

Selon ses propos, son fer droit revient graduellement dans ses bonnes grâces. « Présentement, mon putter est à 90 % de ce qu’il a déjà été lors de mes meilleurs moments, a-t-il assuré. Je suis parfois incertain de la vitesse, mais je m’améliore. Je me sens de mieux en mieux à moins de 15 pieds de la coupe. »

S’il parvient à garder le rythme et que le train de Brooks Koepka déraille ce week-end — ce qui serait surprenant —, il pourrait devenir le sixième golfeur de l’histoire à gagner les quatre tournois du Grand Chelem, rejoignant les Nicklaus, Woods, Player, Hogan et Sarazen. L’éléphant disparaîtrait ainsi de la boutique.

« Ce serait un rêve de rejoindre cette fraternité unique, a relaté celui qui prône la patience. Je sais que, si je reste en santé et que je joue bien, j’aurais 30 chances d’y arriver. L’une d’elles me sourira sûrement. »