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En beau joual brun

Portrait of a big red workhorse
Photo Adobe Stock

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Je suis d’humeur massacrante. Ma jolie campagne n’arrive pas à m’apaiser. Pourtant, je suis venu ici pour descendre de mes grands chevaux de temps à autre.

La sensation de voir « mon » monde se désagréger me quitte rarement.

Je me fais du sang de punaise pour réduire mon usage de plastiques. J’ouvre le site de Scientific American, qui m’apprend que 93 % des millions de tonnes métriques de plastiques qui flottent sur les océans proviennent de dix rivières, dont huit en Asie, le premier coupable numéro un étant le Yangtse chinois.

Et moi, dans ma cuisine, morceau de Parmigiano-Reggiano à la main, j’angoisse devant la perspective de disposer écologiquement de son emballage.

Suffit !

Tout aujourd’hui est un Everest de questionnements : manger santé, élever des enfants, voyager, acheter du Saran Wrap, des jeans et, surtout, se déplacer. Mais je n’irai J-A-M-A-I-S au village à 12 km à vélo l’hiver, OK ?

Arrêtez, amis écolos, de nous faire se sentir inadéquats. Cela ne mène qu’au découragement. J’ai toujours vécu en agissant pour l’environnement, mais plusieurs experts, dont David Suzuki, croient que l’environnementalisme est un échec. On fait quoi, alors ?

Les Américains ont donné le feu vert à la transformation de restes humains en compost, plus écolo que la crémation ou l’enterrement. Et la dignité humaine, on la met où ?

La nouvelle loi sur l’avortement en Alabama — permis seulement avant six semaines ou s’il y a danger de mort — enverra les médecins avorteurs en prison pour 99 ans. Vingt-cinq hommes, blancs, surtout âgés, ont fait ce cadeau aux femmes de l’Alabama mercredi. LA gouverneure de l’État, Kay Ivey, une dame blanche de 74 ans, non mariée et sans enfants, l’a signée.

C’est une tactique pour que l’affaire aboutisse devant la Cour suprême pour casser le jugement Roe c. Wade légalisant l’avortement en 1973. Avancez en arrière.

Pendant ce temps, le néoconservateur John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump et promoteur de l’invasion de l’Irak sous George W. Bush, menace l’exécrable régime iranien à coups de porte-avions, de destroyers et de menaces d’envoyer 120 000 soldats sur le terrain. The Economist, cette semaine, titre à la « une » : L’Amérique, l’Iran et la menace d’une guerre.

Chez nous

Et nous ? Deux Canadiens pourrissent en prison en Chine, l’un d’eux condamné à mort parce que le gouvernement Trudeau n’a pas su entretenir des relations diplomatiques compétentes avec la Chine. Et l’Inde, les deux puissances émergentes dominantes. Ce gouvernement est catastrophique.

Le Québec, lui, va plutôt bien. Les Québécois aiment leur nouveau premier ministre, qui parle avec son cœur. Vous l’avez vu rigoler avec des enfants ? Ça ne se fake pas. Mais quand des leaders de la société claironnent qu’ils ne respecteront pas la loi sur la laïcité qui sera votée par un parlement légitime, François Legault doit préparer sa riposte.

Ce refus des lois est scandaleux.

Bon, je vous quitte maintenant pour aller visiter le gros cheval canadien brun — certainement 17 mains — de ma voisine, les poches bourrées de carottes et de pommes. Vive la zoothérapie !