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La construction du 3e lien est injustifiable dans l’est selon un expert

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La construction d’un troisième lien à l’est est injustifiable selon l’économiste et chercheur émérite Jean Dubé, en raison de la « polarisation » des déplacements dans le secteur ouest de Lévis et Sainte-Foy.

Les résultats de l’enquête origine-destination 2017 dévoilés hier, sur les flux de déplacement, ont renforcé ses convictions quant à la nécessité d’investir dans le transport collectif et, parallèlement, de mettre un frein au projet de 3e lien à l’est.

« On voit que les déplacements se passent surtout à l’ouest de Québec, sur la Rive-Nord. C’est normal parce qu’il y a juste des ponts à l’ouest ; cela dit, même si on met un pont à l’est, ça ne changera pas le fait que la destination va être à l’ouest », fait remarquer celui qui dirige l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional à l’Université Laval.

L’université et le phare

« C’est assez frappant avec le boulevard Laurier, la route de l’Église, l’Université Laval et les cégeps. Ils ne déménageront pas demain matin et je serais plutôt surpris que le Phare aille se construire à Beauport au lieu de Sainte-Foy », a-t-il ironisé en entrevue, évoquant une « montée phénoménale » des déplacements dans le pôle Sainte-Foy.

Questionné sur le secteur de la colline parlementaire, qui arrive néanmoins au tout premier rang des pôles d’emploi, M. Dubé maintient qu’un troisième lien à l’est, permettant aux Lévisiens d’emprunter Dufferin, ne réglerait pas le problème de congestion.

« Même si on met plus de portes pour rentrer dans une pièce, on n’augmente pas la capacité de la pièce pour autant. Et c’est ça le problème. Même si on dit qu’on en enlève un peu à l’ouest puis qu’on les envoie à l’est, on ne rentrera pas plus facilement sur la colline parlementaire, qu’on arrive d’un côté ou de l’autre. On va recréer des bouchons et on n’aura pas plus de stationnements, les rues ne seront pas plus larges. Est-ce que ça va vraiment augmenter la rapidité ? Je suis loin d’être convaincu. »

Transport collectif

Dans une région où le véhicule individuel demeure « roi et maître », il faut plutôt privilégier des investissements dans le transport en commun, dit-il, se désolant que la part modale de l’autobus ait diminué entre 2011 et 2017.

« Ce que ça suggère, c’est que l’offre de transport en commun, telle qu’elle est, ne répond pas aux besoins de la population. Même si, au fil des années, on a essayé d’améliorer le système, ça ne semble pas assez pour infléchir la tendance. On n’a pas quelque chose d’assez compétitif pour être une solution valable de remplacement à la voiture. Pour ceux qui militent pour un transport structurant, c’est un argument de poids. »