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Le rêve d’une carrière

Gabrielle Carle est la seule Québécoise en lice pour la Coupe du monde féminine

Gabrielle Carle
photo Alain Bergeron Gabrielle Carle est l’une des 22 joueuses retenues pour le match préparatoire contre le Mexique, samedi à Toronto, où se prendront les dernières décisions afin de former l’équipe canadienne qui participera à la Coupe du monde en France, le mois prochain.

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TORONTO | Prudente en raison de l'incertitude sur sa sélection avec l'équipe canadienne, Gabrielle Carle n'est cependant pas différente de n'importe quelle joueuse de soccer de la planète : son cœur de gamine s'emballe à l'idée de participer à la Coupe du monde féminine en France le mois prochain.

« Le rêve d'une carrière », corroborait hier la joueuse originaire de Saint-Romuald, sur la pelouse du BMO Field de Toronto, où le Canada affrontera cet après-midi le Mexique dans un match préparatoire avant le tournoi mondial, du 7 juin au 7 juillet.

Une maturité

Carle se présente comme la seule candidate québécoise à l'un des 23 postes de l'équipe canadienne. Elle n'a encore que 20 ans, mais un certain vécu l'incite à contenir ses attentes d'ici à l'annonce de la sélection finale qui devrait se faire à la fin de la semaine prochaine.

Une entorse sévère à la cheville droite, subie au plus fort des décisions durant l'été 2016, avait réglé le cas de la joueuse originaire de Saint-Romuald et l'avait confinée à un rôle de substitut aux Jeux olympiques de Rio, où l'équipe canadienne avait remporté la médaille de bronze. Après une deuxième saison chez les Seminoles de Florida State, avec qui elle a gagné le titre national de la NCAA en décembre dernier, elle dit maintenant négocier les défis avec une nouvelle sagesse.

« Je ne suis plus la fille de 17 ans qui, il y a trois ans, espérait participer aux Jeux olympiques. J'ai maintenant une certaine maturité. Je vois les choses différemment maintenant. Si ça arrive pour moi, ce sera tant mieux. Sinon, il y a autre chose dans la vie. Parfois, il faut savoir se détacher de cette pression qu'on a sur les épaules », croit-elle.

« Ça avait été vraiment difficile à vivre à cause de cette blessure parce que j'avais travaillé tellement fort. Avec cette blessure, je savais que je n'avais plus vraiment de chances de faire partie de l'équipe il y a trois ans. Je m'étais mis beaucoup de pression et j'ai appris de ça. Maintenant, c'est moi qui dicte la pression que je dois avoir sur les épaules. C'est à moi de gérer ça. Ça m'arrive encore d'être nerveuse et de me mettre de la pression, mais je la vis différemment. »

Dans les plans de l'équipe

Depuis cette tuile à l'été 2016, la Québécoise semble avoir construit son appartenance à cette équipe canadienne. On l'a vue dans la plupart des grands enjeux, comme au championnat de la CONCACAF, au Texas en octobre dernier, là où les Canadiennes ont assuré leur participation au Mondial en s'inclinant en finale devant les Américaines.

« C'est une bonne joueuse qui peut occuper plusieurs fonctions dans l'équipe. Durant notre période de qualification, elle a démontré ce qu'elle pouvait faire. On ne peut pas toujours mesurer la qualité d'une joueuse qui évolue dans la NCAA, mais avec nous, elle s'améliore toujours. Elle est encore jeune, mais elle progresse », observe l'entraîneur-chef de l'équipe, Kenneth Heiner-Holler.

« L'expérience », résume Gabrielle Carle sur la différence qu'elle voit en elle depuis trois ans.

La Québécoise y sera-t-elle ?

Jouera, jouera pas ? Le secret sur l’utilisation de Gabrielle Carle durant le match préparatoire de samedi contre le Mexique ne fait que relancer le mystère sur ses chances de participer à la Coupe du monde en France, le mois prochain.

La sélection finale canadienne, qui sera dévoilée à la fin de la semaine prochaine durant un stage des derniers préparatifs en Espagne, semble être favorable à la joueuse québécoise.

Des indices glanés autour de l’équipe laissent croire qu’elle devrait faire partie des 23 joueuses invitées sur la pelouse du stade de la Mosson de Montpellier, le 10 juin, pour le match initial contre le Cameroun.

Jusqu’à nouvel ordre, les possibilités qu’elle y soit reposent toutefois sur des calculs superficiels. Un total de 22 joueuses ont été retenues pour le match contre le Mexique, dont trois sont âgées de 18 ans, et une, de 16 ans. Ces quatre joueuses sont-elles considérées pour le présent ou pour l’avenir ?

Les décisions de Canada Soccer doivent aussi tenir compte de quelques valeurs sûres encore en action dans les ligues européennes, dont l’Ontarienne Kadeisha Buchanan (Olympiques Lyonnais), qui a contribué à la médaille de bronze aux Jeux de Rio.

« Je n’en sais pas plus »

Parmi les 22 joueuses dans le match de samedi, pour lequel 18 000 billets avaient été vendus jusqu’à vendredi, selon Canada Soccer, 13 souhaitent participer à leur première Coupe du monde. Gabrielle Carle est du nombre. Maintenant, aura-t-elle l’occasion de se faire valoir ?

« On ne le sait pas encore », nous a indiqué l’entraîneur-chef, Kenneth Heiner-Moller, sourire en prime.

« Si elle joue, on va voir comment elle peut se comporter dans un match de haut niveau international comme celui-là, devant une grosse foule qu’elle n’a sûrement pas vue dans le NCAA jusqu’à maintenant. Elle n’est pas inexpérimentée, mais il y a une différence entre jouer un match dans la NCAA toutes les fins de semaine et un match comme celui-là », affirme-t-il.

« Moi, je suis une joueuse, alors je joue. Je n’en sais pas plus et je fais ce qu’on me demande », rappelle prudemment Carle quand on lui demande de se prononcer sur ses chances de participer au Mondial féminin.

On sait déjà qu’elle s’envolera avec l’équipe vers l’Espagne, dès demain, pour une préparation de deux semaines et demie. Doit-on y voir un indice ?

« Plus ou moins. Oui », répond évasivement la joueuse, sourire en coin elle aussi.