/sports/opinion/columnists
Navigation

Les arbitres ont besoin d’aide

HKN-HKO-SPO-SAN-JOSE-SHARKS-V-ST-LOUIS-BLUES---GAME-THREE
Photo AFP Les officiels ont maintenu leur décision d’accorder le but aux Sharks en prolongation, mercredi, au grand mécontentement des joueurs des Blues.

Coup d'oeil sur cet article

Les officiels de la Ligue nationale de hockey se retrouvent encore au banc des accusés en ces séries de la Coupe Stanley. Ce n’est pas la première fois, mais la situation est pire que jamais cette année.

Les décisions controversées se succèdent à un rythme effréné. Comme dans les cours de justice, les plaintes engorgent les bureaux de la ligue.

L’arbitrage est devenu le principal sujet de conversation des séries. Les prouesses des joueurs passent au second plan. Ce n’est pas normal.

À chacun ses blâmes

Le problème devra être le premier item à l’ordre du jour de la prochaine assemblée des directeurs généraux du prochain rassemblée des gouverneurs.

La LNH n’aura pas le choix de faire une plus grande utilisation de la technologie pour que les bonnes décisions soient rendues.

C’est un fait que la rapidité du jeu peut fausser le jugement d’un arbitre ou d’un juge de lignes. Mais ça ne veut pas nécessairement dire qu’ils sont à l’abri de tout blâme.

On se demande souvent comment certaines actions peuvent échapper aux quatre officiels sur la patinoire. Comme la passe avec la main de Timo Meier vers Gustav Nyquist sur le but vainqueur d’Erik Karlsson en prolongation, mercredi soir à Saint Louis.

Mauvais pour l’image

Les railleries à l’endroit des Sharks pleuvent sur les réseaux sociaux. On rappelle la supériorité numérique de cinq minutes dont ils ont bénéficié avec un recul de trois buts pendant le septième match de la série de premier tour qu’ils ont remporté contre les Golden Knights de Vegas.

Gary Bettman a présenté ses excuses au propriétaire des Golden Knights Bill Foley. Mais ça ne donnera pas à l’équipe du Nevada les millions de dollars qu’elle aurait pu encaisser si elle avait continué son chemin dans les séries.

On voit déjà un peu partout sur les réseaux sociaux des montages photo avec des mentions disant que les arbitres sont les septièmes joueurs des Sharks. Les Bruins ne sont pas épargnés non plus.

Agir maintenant

Ce qui se passe avec l’arbitrage est très mauvais pour l’image de la ligue. C’est à se demander si des nouvelles mesures ne devraient pas être adoptées immédiatement pour éviter que d’autres catastrophes se produisent.

Vous imaginez si la coupe Stanley était gagnée à la suite d’une mauvaise décision d’un officiel. C’est arrivé en 1999, alors qu’un règlement qui interdisait la moindre présence d’un joueur adverse dans le territoire du gardien, ne serait-ce que la lame d’un patin, n’avait pas été appliqué sur un but de Brett Hull en prolongation.

Lindy Ruff, qui était derrière le banc des Sabres de Buffalo ce soir-là, criera jusqu’à son dernier souffle que ce but n’était pas valide.

Comme les joueurs des Golden Knights diront toujours que l’attaquant Cody Eakin ne méritait pas une pénalité majeure pour son geste à l’endroit de Joe Palveski dans cette rencontre décisive contre les Sharks.

Pour le moment, les joueurs des Blues doivent oublier le but controversé marqué à leurs dépens par Karlsson. Mais s’ils perdent leur série contre les Sharks, ils auront cette décision sur le cœur tout l’été et peut-être pour le reste de leur carrière.

Sous pression constante

Gagner en séries éliminatoires est déjà assez difficile que les équipes n’ont pas besoin de se faire battre par les officiels.

La même chose peut être dite pour les arbitres. Leur travail est déjà assez compliqué sans qu’on leur tombe dessus sans cesse.

Tout le monde les critique, mais personne ne voudrait prendre leur place. Les hommes qui font ce boulot ont besoin de tous les appuis possibles.

Avant le lock-out qui a causé l’annulation de la saison 2004-2005, les arbitres étaient traités comme des moins que rien par les propriétaires, les directeurs généraux, les entraîneurs et les joueurs. On criait sur eux sur la glace pour la moindre décision.

Ils étaient carrément victimes d’abus.

Les choses se sont améliorées au retour du lock-out, mais les arbitres ont toujours cette pression insupportable dans les séries. C’est ce qui explique, dans certains cas, leur hésitation et les décisions erronées qu’ils rendent.

Il faut que ça change !

Suggestion à considérer

La suggestion de Rod Brind’Amour de retirer un arbitre et un juge de lignes de la patinoire mérite considération.

Une telle mesure contribuerait à libérer un peu d’espace sur la patinoire.

Scotty Bowman avait fait une proposition semblable lorsqu’il dirigeait les Red Wings de Detroit. Il estimait que les juges de lignes auraient eu une meilleure vision du jeu pour faire leur travail en étant assis près des lignes bleues.

Aujourd’hui, des caméras sont installées à la hauteur des entrées de zone. La ligue y a recours lorsqu’il y a contestation d’un entraîneur.

Rapides et furieux

Le jeu n’était pas le même lorsque Bowman avait fait sa suggestion. Les joueurs étaient grands et gros, mais nettement moins rapides que maintenant.

L’accrochage et l’obstruction étaient monnaie courante. Les joueurs de petit gabarit ne pouvaient pas s’exprimer. On en comptait peu dans la ligue.

Aujourd’hui, les joueurs de gros gabarit sont, dans bien des cas, aussi rapides que les petits joueurs.

Pour reprendre une expression à la mode, ils sont rapides et furieux.

Élargir les surfaces

Sans dire que ça réglerait tout, des patinoires plus larges pourraient contribuer à rehausser le spectacle et à faciliter par le fait même le travail des officiels.

La plupart des beaux buts se marquent dans les prolongations à trois contre trois et les tirs de barrage.

On voit rarement des jeux à l’emporte-pièce à cinq contre cinq. Les buts émanent de jeux fabriqués autour de l’enclave.

La LNH avait une belle occasion d’agrandir ses patinoires lors de l’avènement des nouveaux amphithéâtres, dans les années 1990.

Or, les dirigeants jugeaient que le jeu pratiqué alors était parfait.

Ils estimaient qu’en agrandissant les surfaces, on assisterait à du jeu à l’européenne, chose qui les répugnait au plus haut point.