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Découvrez quelles sont les 100 usines les plus polluantes du Québec

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Quelles usines et quelles villes polluent le plus? Quelles entreprises se sont améliorées et qui sont les derniers de classe? Découvrez-le grâce à notre carte interactive. En cliquant sur une usine, vous en apprendrez davantage sur son bilan environnemental. Outre les grandes industries, vous allez aussi faire des découvertes étonnantes...  

Chaque symbole de cette carte correspond à une usine ou à une entreprise. Sa couleur correspond à son secteur d'activité. Son diamêtre est proportionnel au nombre de tonnes d'équivalent en CO2 . Sélectionnez-le pour en savoir plus à son sujet. Pour afficher la carte en plein écran, sélectionnez le  .

  • Aluminerie
  • Chauffage énergie
  • Cimenterie
  • Lieu d'enfouissement
  • Métallurgie-Exploitation minière
  • Pâtes et papiers
  • Raffinerie, pétrochimie et gaz
  • Autre

 Malgré le Fonds vert et la Bourse du carbone, les grands pollueurs du Québec polluent toujours plus. Leurs émissions de gaz à effet de serre ont même particulièrement bondi entre 2016 et 2017, selon des données exclusives obtenues par Le Journal.   

 Depuis 2013, les 100 usines les plus polluantes au Québec ont augmenté leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 1,93%, soit plus de 396 000 tonnes. Et cette tendance s’accélère.   

 À preuve, cette nouvelle tuile qui s’abat sur le bilan carbone du Québec, qui aime bien jouer aux premiers de classe. Entre 2016 et 2017, les grands émetteurs de GES ont accru leurs rejets gazeux de 5,31%, soit un million de tonnes de plus, selon une compilation effectuée par Le Journal avec des données provenant du ministère de l’Environnement.  

 C’est l’équivalent de 250 000 voitures de plus sur les routes du Québec. C’est à Lévis qu’on trouve l’usine la plus polluante: la raffinerie Jean-Gaulin d’Énergie Valero.  

 La plus importante raffinerie au Québec (2e au Canada) produit près de 70% des produits pétroliers qui y sont consommés. Elle a augmenté de près de 9% ses émissions depuis 2013.   

 Ciment, aluminium et pétrole

 «Notre intensité d’émissions se compare très avantageusement avec celles des autres raffineries canadiennes», fait valoir Marina Binotto, directrice aux affaires publiques de l’entreprise, avant d’ajouter que leurs émissions ont diminué de 26% par rapport à 1990.  

 Mais en dépit des millions versés par le Fonds vert, nos industries lourdes comme les cimenteries, les alumineries et les raffineries occupent le haut du classement. Si l’on regarde l’ensemble des usines par entreprise, c’est le géant Rio Tinto Alcan qui affiche, et de loin, le pire bilan carbone. Mais une technologie innovante devrait bientôt changer la donne.  

 Pollueurs étonnants

 On dénombre aussi quelques grands pollueurs plus étonnants dans le top 100. Le site d’enfouissement sanitaire de Cook, à Gatineau, fermé il y a 28 ans, continue d’émettre plus de 25 000 tonnes de CO2 annuellement produit par la fermentation des matières organiques.  

 Le campus du centre-ville de l’Université McGill, qui émet plus de 30 000 tonnes de GES par année, est également un grand pollueur en raison de son système de chauffage.  

 L’établissement promet toutefois de devenir carboneutre en 2040 en convertissant à l’électricité une chaudière au gaz.  

 Cibles reportées

 Dès son arrivée au pouvoir, le premier ministre François Legault a dû se rendre à l’évidence: les cibles de réduction de GES du Québec pour 2020 – une réduction de 20% par rapport à 1990 – seront impossibles à atteindre. Le Québec ne les a réduites que de 9,1%.  

 M. Legault a blâmé le précédent gouvernement et la forte augmentation du transport routier. Mais les industries ne sont pas en reste, comme le montre notre dossier.  

 «Personne n’en fait assez»

 «Personne n’en fait assez. On n’arrive pas encore à rencontrer nos cibles. Ni les industriels, ni les gouvernements, ni les citoyens n’en font assez. Si on en faisait assez, on réussirait à réduire nos émissions. Certains pays le font», déplore Catherine Potvin, professeure en biologie à l’Université McGill et membre de la Chaire de recherche du Canada en changements climatiques et forêts tropicales.  

 Le ministère de l’Environnement ne considère pas ces hausses comme un aveu d’échec. Il s’en remet à sa participation au marché du carbone avec la Californie pour réduire les rejets dans l’atmosphère.  

 Par ce système d’échange, les entreprises doivent acheter des permis pour polluer vendus aux enchères par d’autres entreprises moins polluantes.  

 Manque de transparence

 «Ce qu’on plafonne, ce n’est pas les émissions d’une entreprise, mais les émissions globales, au total», explique Alain Webster, professeur titulaire d’économie de l’environnement au département d’économique de l’École de gestion à l’Université de Sherbrooke.  

 Or le ministère de l’Environnement refuse de publier les données complètes. Il n’est pas possible de savoir combien de permis de polluer sont achetés aux entreprises californiennes ni de savoir combien d’allocations gratuites sont données à chaque grand pollueur.  

 De plus, le plan d’action pour lutter contre les changements climatiques 2013-2020 n’a pas établi de cibles de réduction spécifiques aux pollueurs industriels. Dans son rapport de novembre 2018, le Conseil de gestion du Fonds vert a d’ailleurs souligné cette importante faille. 

 Les GES au Québec  

 Émission de GES au Québec (en mégatonnes)   

  •  2017: 78    

 Objectif du Québec (qui ne sera pas atteint)   

  •  2020: 68,9    

 Émissions des 100 usines les plus polluantes (en tonnes)   

  •  2016: 19 779 164  
  •  2017: 20 830 422    

 Émissions liées aux entreprises en 2016 (en mégatonnes, industrielles seulement): 23,64  

 Émissions liées au transport en 2016 (en mégatonnes): 33,76