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Des titres aériens qui prennent de l’altitude

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Question : Est-ce une bonne idée d’investir dans Air Canada, qui veut acheter Air Transat, ou dans Onex, qui avale WestJet ?


Réponse : Le transport aérien de passagers a toujours été risqué. Ces transactions n’y changeront rien.

Impossible, comme Québécois, de rater l’offre d’achat d’Air Transat (TRZ.TO) par Air Canada (ACT.TO), deux entreprises iconiques, dont les sièges sociaux sont ici.

Si vous détenez des actions de Transat A.T., il y a de quoi se réjouir. Car l’action n’a pas récompensé ses détenteurs depuis longtemps. Transat, qui dispose d’un confortable trésor de guerre, a récemment misé sur sa diversification verticale dans la construction d’hôtels au Mexique. Air Canada va sûrement se débarrasser de cet actif encombrant qui cadre mal avec la stratégie de sa filiale Vacances Air Canada.

Air Canada va réaliser des économies en élaguant l’essentiel du siège social d’Air Transat (je ne crois pas aux promesses de son maintien), en coupant nombre de liaisons en double vers des villes secondaires en Europe (Manchester, Barcelone, Athènes, Lyon...) et vers le Sud. Air Canada va aussi mettre à la retraite plusieurs de ses vieux appareils et exploitera les avions loués pratiquement neufs d’Air Transat. Elle aura plus de pouvoir de négociation avec les aéroports, les fournisseurs, les employés, les gouvernements. Air Canada est passée maître dans l’art de faire chanter les autorités. On lui attribue la fermeture de Mirabel en très grande partie.

Et WestJet ?

Onex (ONEX.TO) est un aristocrate de la Bourse de Toronto. L’entreprise de 217 000 employés est un fonds d’investissement (venture capital) : elle achète des sociétés en détresse ou mal gérées, les redresse et encaisse la plus-value à la revente. Au fil des ans, Onex a avalé Celestica (la division manufacturière d’IBM), des usines de Boeing, AON Warranty Group, Hawker Beechcraft (avec Goldman Sach, revendue en 2013), Cineplex, les activités de radiologie de Kodak, Allison Transmission (une filiale de GM), le Rank Group (un géant du carton), Sky Chefs, l’hôtel Tropicana de Las Vegas, etc. En 1999, Onex a tenté sans succès de fusionner Air Canada et Canadien Airlines, alors en sérieuses difficultés. L’achat de WestJet (WJA.TO), pour 5 G$, surprend, parce que la société est une étoile de l’industrie.

Le fondateur Gerry Schwartz est une vedette de Bay Street. Onex a des revenus de 23,8 G$ (2018) et des actifs de 45 G$ (augmentation annuelle moyenne de 10 % en valeur). Depuis 1996, l’action est passée de 3 $ à plus de 78 $ aujourd’hui.

Entre la nouvelle Air Canada et Onex, je choisis Onex. Parce que l’industrie aérienne est reconnue pour ses cycles assassins. Même si Air Canada contrôlera 63 % de la capacité canadienne vers l’Europe et plus de 50 % vers le Sud, une fois Air Transat intégrée, l’essentiel de ses coûts d’exploitation est lié au carburant et au personnel. De son côté, Onex a augmenté son dividende chaque année depuis six ans (la dernière hausse fut de 16,67 %), même si le rendement est assez ordinaire (0,46 %). Mais le rendement annuel moyen de l’action est de 28 % sur 30 ans. WestJet n’y changera rien.


Question à notre investisseur

Les informations publiées dans cette chronique ne constituent pas des conseils ou des recommandations formulées par Le Journal. Toute personne intéressée doit consulter les conseillers ou professionnels autorisés pour ces fins par l’Autorité des marchés financiers.