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L’intouchable pitbull

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Photo d'archives, AFP Pitbulls

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Rien à faire. Malgré les fréquentes attaques de chiens, malgré la mort de Christiane Vadnais à Pointe-aux-Trembles en juin 2016, le gouvernement Legault n’interdira pas de race au Québec.

Chaque fois, les bras m’en tombent. Nos législateurs sont incapables de retirer de la circulation une race de chien dont le potentiel de dangerosité ne fait pas de doute.

Le précédent gouvernement libéral a eu l’intention d’interdire les pitbulls. L’équipe de Philippe Couillard avait arrêté la décision, sentant la pression publique après qu’une fillette eut été gravement mordue au visage par un tel molosse.

En avril 2017, le projet de loi 128 a été déposé et Martin Coiteux affirmait : « C’est un chien dangereux qui pose un risque important pour la population. »

Mais pourtant, à micro fermé, certains de ses collègues ministres nous avaient prévenus que ce serait impossible. On disait que malgré ses bonnes intentions, le titulaire devrait baisser les bras en bout de piste, en raison notamment de la complexité de la définition des races.

Le sujet a tellement soulevé les passions que la commission parlementaire à ce sujet a reçu plus de 1000 mémoires ou interventions. Et finalement, tout juste avant l’élection, c’est un projet de loi édenté qui a été adopté, sans interdiction de race.

« Quand on a vu ce qui restait dans le texte de la loi, on cherchait où il était question des pitbulls, il n’y avait plus rien. Mais, on fait des lois pour qu’elles soient applicables », raconte une source qui a pris part aux discussions au gouvernement à l’époque.

La CAQ n’avait rien promis

Il n’y avait pas d’attente précise à l’égard de la CAQ, qui n’a jamais promis d’interdire les pitbulls, mais qui devait définir le règlement pour l’application de cette loi.

Lors de son adoption en juin 2018, la députée Sylvie d’Amours avait rappelé l’agression sauvage de la petite Vanessa « par un chien de type pitbull », alors que la jeune fille avait eu « la mâchoire et le crâne broyés ».

Elle affirmait que ce type de chien était « conçu pour l’attaque ». Mais du même souffle, elle disait être venue à la conclusion, après avoir rencontré des victimes, que l’interdiction de la race n’était pas la solution.

Peu de temps après l’élection, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a demandé aux fonctionnaires de lui présenter tous les scénarios possibles.

Elle a reçu le même diagnostic que le précédent gouvernement libéral, sur la difficulté d’établir hors de tout doute la race d’un chien. D’ailleurs, dans son rapport sur le décès de Christiane Vadnais, le coroner ne parlait pas de pitbull, mais d’un chien « à 87,5 % de la race American Staffordshire Terrier ».

Mais c’est possible

Pourtant, en Ontario, les pitbulls sont interdits depuis 2005. Ils ont inclus aussi le Staffordshire et « tout chien dont l’apparence et les caractéristiques physiques sont essentiellement semblables ».

Nos voisins, astucieux, ont renversé le fardeau de la preuve. Le certificat signé par un vétérinaire attestant que le chien est un pitbull est recevable en preuve et « il incombe au propriétaire du chien de prouver que celui-ci n’est pas un pitbull ».

Je sais, plusieurs diront que leur gentil pitbull n’a jamais fait de mal à une mouche, qu’il écoute des ballades avant d’aller au lit. Et que le modèle ontarien n’est pas un succès puisque le nombre d’hospitalisations à la suite de morsures de chien a atteint un record en 2015-2016.

Mais pourquoi tenir tant à posséder ce type de chien en particulier ? Comme si je plaidais que je veux absolument utiliser un tank comme véhicule de promenade, pour aller travailler. Alors qu’il existe tant d’autres véhicules plus spacieux et plus agréables à conduire.

Mais bon. Il faut s’y faire, le pitbull est là pour de bon. Pour ma part, comme le suggère la ministre Guilbault, je vais cultiver « une saine méfiance ».

Les bulletins

Catherine Dorion, QS

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Son style l’a desservie. Elle devait piloter un front commun pour le tramway de Québec qui s’est effrité mercredi, après la publication d’une vidéo dans laquelle elle a inutilement attaqué les radios de Québec, affirmé que l’argent du fédéral est « toute là » et « c’est quoi l’estie de crisse de niaisage ». Le péquiste Pascal Bérubé en avait assez...

Pierre Arcand, PLQ

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Le chef intérimaire libéral a attaqué François Legault mardi, lui reprochant d’avoir annoncé un pacte fiscal à coût nul aux maires de l’Union des municipalités du Québec la semaine dernière. Le problème, c’est que le PLQ avait pris le même engagement en campagne électorale...

Harold Lebel, PQ

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Photo Agence QMI, Simon Clark

Le député de Rimouski a encore mené la charge cette semaine pour que de meilleures conditions de travail soient accordées aux préposés aux bénéficiaires. Il a raison de dire que « la pression est énorme sur ces gens-là qui prennent soin des aînés ». Ces personnes dévouées méritent mieux. Le péquiste a l’impression de « prêcher dans le désert », mais il faudra que son appel soit entendu.

Geneviève Guilbault, CAQ

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Photo Agence QMI, Simon Clark

La vice-première ministre n’a pas chômé. Elle a fait adopter la loi sur la nomination du prochain patron de l’UPAC aux deux tiers de l’Assemblée nationale, a déposé un projet de loi pour une meilleure application du registre des armes à feu et a présenté le règlement sur l’encadrement des chiens. Tout ça en gérant la suite des inondations...

En vrac

95 ans

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Photo Pierre-Paul Biron

Le vénérable Guy Rocher, sociologue, a épaté tout le monde avec sa spectaculaire vivacité intellectuelle, lors de son passage en commission parlementaire sur la laïcité.


Viens, Sébastien

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Photo Agence QMI, Andréanne Lemire

Pendant un vibrant plaidoyer nationaliste de François Legault au Salon bleu, derrière lui, Éric Lefebvre et Éric Caire tiraient la pipe au leader libéral, Sébastien Proulx, l’invitant à traverser la chambre pour joindre la CAQ.


Le jab de la semaine

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Photo Agence QMI, Simon Clark

« Moi, j’aimerais qu’elle sorte en point de presse puis qu’elle explique si elle est mal à l’aise de gagner 130 000 $, alors qu’il y a du pauvre monde qui gagne seulement 20 000 $. » - François Legault à la chef parlementaire de QS, Manon Massé.

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Photo Agence QMI, Simon Clark