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Richard Abel rencontre «les plus grands»

Richard Abel
Photo Pierre-Paul Poulin Richard Abel

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En près de 40 années de carrière (il soulignera officiellement cet anniversaire en 2020), Richard Abel a revisité les œuvres de Chopin, Bach ou encore Schubert à maintes occasions. Mais cette fois-ci, exit le classique. Le pianiste pige dans les répertoires de Céline Dion, Alys Robi, ABBA, Elvis Presley, Leonard Cohen et autres afin de rendre son Hommage aux plus grands artistes de tous les temps.

Sélectionner des artistes dignes de ce qualificatif n’a pas été une tâche aisée pour Richard Abel. De son propre aveu, le pianiste a mis plus de temps à dresser la liste des titres figurant sur ce projet que pour ses albums précédents.

« C’était la première fois que le choix était aussi difficile. Oui, il fallait que ce soit des chansons d’artistes­­­­ qui ont marqué les gens. Mais il fallait aussi qu’elles se prêtent bien au piano et que je sente que je peux leur apporter quelque chose de plus. Céline Dion, par exemple, a plusieurs très bonnes chansons. Par contre, un titre comme Incognito, au piano, ça n’a pas le même attrait », explique Richard Abel.

Monstres sacrés

Le défi était donc de taille afin de réunir les 12 pistes, désormais gravées sur l’album arrivé dans les bacs il y a une semaine. Et en s’atta­quant à certains monstres sacrés de la chanson d’ici et d’ailleurs, Richard Abel savait qu’il jouait, en quelque sorte, avec le feu. Un exemple ? La Bohème, célébrissime pièce du regretté Charles Aznavour.

« J’ai hésité pour celle-ci. C’est un peu plus risqué parce que les paroles sont tellement importantes dans une chanson d’Aznavour. Mais j’ai osé et je pense que les gens vont apprécier la version instrumentale que je leur propose avec toute mon humilité », avance Richard Abel.

Du même souffle, le pianiste admet­­­ qu’il n’écarte pas la possibilité de rendre les paroles à cette mélodie lorsque viendra le temps de présenter ce nouvel album sur scène, étant lui-même prêt à pousser la note afin de redonner vie à La Bohème, comme Charles Aznavour l’a jadis présentée.

« Je pourrais aussi ajouter Hier encore. C’est une chanson que j’ai toujours voulu reprendre et je pense que j’ai aujourd’hui l’âge de le faire », songe-t-il.

Un artiste libéré

Ce nouvel album, le vingtième pour Richard Abel, marque sa toute première offrande depuis la parution de son autobiographie, Mon histoire en noir et blanc, publiée à l’automne 2016.

Dans le bouquin, coécrit avec l’auteur Denis-Martin Chabot, le pianiste levait le voile sur certains pans de sa vie jusqu’alors tus, comme son enfance difficile et son homosexualité. L’exercice, qu’il qualifie lui-même de « thérapeutique », a été extrêmement libérateur pour celui qui se permet finalement, aujourd’hui, de s’afficher publiquement au bras de son conjoint.

« Je n’ai jamais joué de game avec les gens de l’industrie. Mais je préférais ne pas parler de ma vie privée ; j’avais peur de décevoir certaines personnes de mon public. Je faisais attention quand je sortais avec mon copain. Là, aujourd’hui, les gens viennent me féliciter quand ils nous voient ensemble. Alors je ne peux pas dire que le poids était énorme avant, mais il était là. Et il ne l’est plus », confie Richard Abel.


L’album Hommage aux plus grands artistes de tous les temps est présentement sur le marché. Richard Abel sera en spectacle au Centre Vidéotron le 19 octobre. Une tournée suivra.