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Inquiétudes de Riyad et Abou Dhabi sur une hausse des stocks mondiaux de pétrole

Inquiétudes de Riyad et Abou Dhabi sur une hausse des stocks mondiaux de pétrole
AFP

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L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis se sont inquiétés dimanche d’une hausse des stocks mondiaux de pétrole lors d’une réunion de l’OPEP où les pays exportateurs ont affirmé leur détermination à stabiliser le marché malgré les tensions dans le Golfe.

«Nous voyons que les stocks [de pétrole] augmentent», a déclaré le ministre de l’Énergie saoudien, Khaled al-Faleh, à Jeddah, en Arabie saoudite, où se sont réunis les principaux membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d’autres producteurs majeurs, dont la Russie.

«Aucun de nous ne veut voir les stocks [de pétrole] enfler de nouveau, nous devons être prudents», a-t-il ajouté, en référence à la situation fin 2018 qui avait conduit à une chute des prix de l’or noir.

Les pays de l’OPEP sont «unanimes dans leur volonté de continuer à travailler pour arriver à la stabilité entre l’offre et la demande», a indiqué M. Faleh, dont le pays est le premier exportateur mondial de pétrole, à la fin des débats.

Également membre de l’organisation, l’Iran, dont le secteur pétrolier est frappé par des sanctions américaines, était absent de la rencontre.

Principal rival régional du royaume saoudien, l’Iran a été montré du doigt par Riyad après des attaques contre un oléoduc saoudien revendiquées par les rebelles yéménites soutenus par Téhéran, qu’une coalition militaire sous commandement saoudien combat au Yémen.

Ces attaques sont intervenues quelques jours après des «actes de sabotage» non revendiqués dans le Golfe qui ont touché entre autres des pétroliers saoudiens.

Assouplissement?

Selon un communiqué publié à la fin de la réunion, les membres de l’OPEP ont respecté avec une moyenne de 120% les restrictions de production décidées cette année, d’un niveau de 1,2 million de barils par jour (mbj) depuis janvier.

Les Émirats ont appelé à maintenir ce niveau de production.

«Je ne pense pas qu’un assouplissement de la baisse de la production de pétrole soit la bonne mesure» au vu des conditions prévalant actuellement sur le marché, a fait valoir le ministre émirati de l’Énergie, Souheil al-Mazrouei.

Le président américain, Donald Trump, avait quant à lui affirmé en avril que l’Arabie saoudite et d’autres pays de l’OPEP avaient accepté d’augmenter leur production pour faire baisser les cours.

«Nous sommes prêts, notamment, à examiner l’assouplissement de certains paramètres et un rétablissement partiel de la production, si la demande augmente», a déclaré dimanche le ministre russe de l’Énergie, Alexander Novak, cité par les agences de presse russes.

Malgré la chute des exportations de pétrole vénézuélien – provoquée par la crise politique à Caracas – et iranien, et en dépit de la baisse de la production des membres de l’OPEP, les stocks de brut continuent d’augmenter, selon les Émirats.

L’OPEP et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont indiqué que la production mondiale de pétrole avait baissé en avril en raison de la décision de limiter les extractions et du renforcement des sanctions américaines contre l’Iran.

Selon l’AIE, la production iranienne de brut était de 2,6 mbj en avril dernier, contre 3,9 mbj en avril 2018, un mois avant le retrait unilatéral de Washington de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015. Un retrait qui s’est traduit par le rétablissement des sanctions contre Téhéran.

À son plus bas niveau en cinq ans, la production iranienne pourrait chuter en mai à des niveaux sans précédent depuis la guerre Iran-Irak (1980-1988).

Le ministre saoudien du Pétrole a émis des doutes sur le fait que les exportations de l’Iran aient fortement baissé. «Personne ne sait. Il y a toujours beaucoup de pétrole quittant les eaux iraniennes».

Sécurité satisfaisante

 Après les «actes de sabotage» et l’attaque de drones, Riyad a assuré dimanche que la sécurité de son industrie pétrolière était «solide». «Tout le monde est vulnérable à des actes extrêmes de sabotage», a dit M. Faleh.

Riyad a accusé l’Iran d’avoir ordonné l’attaque, qui a visé un oléoduc destiné à contourner le détroit d’Ormuz – voie principale des exportations de brut de la région –, que l’Iran menace de fermer en cas de conflit avec les États-Unis.

Début mai, Washington a dépêché un porte-avions et des bombardiers B-52 dans le Golfe en affirmant avoir des craintes concernant d’éventuelles attaques iraniennes.

La Ve flotte américaine, basée à Bahreïn, a indiqué que les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) avaient débuté des «patrouilles renforcées de sécurité» dans les eaux internationales en «coordination étroite avec Washington».

Et dimanche soir, M. Trump a lancé sur Twitter: «Si l’Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l’Iran. Plus jamais de menaces à l’encontre des États-Unis».

Face aux tensions, le roi saoudien Salmane a invité les dirigeants du CCG et de la Ligue arabe à des sommets extraordinaires le 30 mai en Arabie saoudite.