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Rufus Wainwright: le début de tout

Rufus Wainwright est en spectacle le 21 mai à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec et le 22 mai à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.
Photo courtoisie, Greg Gorman Rufus Wainwright est en spectacle le 21 mai à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec et le 22 mai à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

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Vingt et un ans après le lancement de son premier opus, Rufus Wainwright revisite les chansons de cet album et celles du disque suivant, Poses. Sa tournée, qui a débuté à Los Angeles, se conclura avec des spectacles à Québec, Montréal et Ottawa.

Le chanteur né à New York se souvient très bien du moment où sa première carte de visite a été lancée en mai 1998.

«J’étais dans un café, quelque part dans le Mississippi, dans la semaine qui a suivi le lancement. J’avais mes lunettes fumées et j’attendais que les gens me reconnaissent. Je croyais que c’était pour être automatique. Ça n’a pas été le cas», lance l’auteur-compositeur de 45 ans, en éclatant de rire, lors d’un entretien.

Rufus McGarrigle Wainwright avoue qu’il était incroyablement naïf à cette époque. Il a cru tout ce que les gens de l’étiquette DreamWorks lui avaient dit. Il avait aussi cette confiance que l’on retrouve chez tous les jeunes artistes qui font leurs débuts. Il avait 25 ans à cette époque.

«J’étais convaincu, lors de la sortie de mon album, que j’étais pour devenir une grande star. Le voyage a été un peu plus long que prévu. J’ai dû travailler fort, mais lorsque je regarde tout ça avec le recul, ce fut un bon succès et j’en ressens les impacts aujourd’hui, lorsque je vois les gens réagir à ces chansons», fait-il remarquer.

Le fils de Loudon Wainwright III et Kate McGarrigle avait enregistré 56 chansons pour cet album qui porte son nom. Douze avaient été retenues. «C’était sur des bobines d’enregistrement. On travaillait avec du ruban à cette époque», note-t-il.

La fondation

Rufus Wainwright croit avoir fait les bons choix pour ce premier opus.

«Il y a beaucoup de chansons sur ce disque que je joue encore dans mes concerts. Elles ont été une bonne fondation», précise-t-il, faisant référence aux April Fools, Foolish Love, Matinee Idol, Beauty Mark et autres.

Trois ans plus tard, Poses débarquait dans les bacs des disquaires.

«Je savais, lorsque je suis entré en studio, que cet album devait aller dans une nouvelle direction et être plus profond. Je me devais d’arriver avec quelque chose de nouveau. Le deuxième disque, pour un jeune artiste, est celui qui est le plus important et j’étais très conscient de ça», indique-t-il.

Les deux premiers disques de Rufus Wainwright ont été consacrés Meilleur album alternatif au gala des prix Juno en 1999 et 2002.

«J’ai senti que j’étais accepté par le milieu», se rappelle-t-il.

Souvenirs sombres

Rufus Wainwright revit aussi, à l’occasion de cette tournée, avec les chansons de Poses, une période un peu plus sombre et liée à des problèmes de consommation de stupéfiants.

«Je ne suis pas hindou, mais je crois à ce concept où nous sommes l’ensemble de plusieurs personnes. Un peu comme un arbre avec ses branches qui grandissent. Je revois un jeune Rufus avec une certaine mélancolie, mais un Rufus, d’un autre côté, qui a choisi de survivre et de vaincre les éléments. L’arbre est toujours debout», confie-t-il.

Une nécessité

Une fois cette tournée anniversaire achevée, l’auteur-compositeur-interprète fera quelques concerts en solo.

«J’ai un nouveau disque de musique pop qui est terminé et qui va sortir dans un an. Il y a aussi beaucoup de demandes pour mon opéra Hadrian qui a été bien reçu dans le milieu, et je travaille là-dessus», dit-il, ajoutant qu’il aimerait bien qu’il soit lancé, un jour, sous forme d’album.

Rufus Wainwright aimerait faire un album en français.

«C’est un de mes plus grands désirs et c’est quelque chose qui commence à apparaître à l’horizon», révèle-t-il.

L’artiste canado-américain est très actif sur les planches. Il donne beaucoup de spectacles, en solo et avec ses musiciens.

«Je suis fier de mon succès, mais c’est un business difficile. Le monde de la musique a changé. Je considère faire partie des gagnants, mais c’est un milieu qui est précaire. Il se vend moins de disques, je vieillis et je ne suis plus la saveur du mois. C’est plus difficile et je dois donner des spectacles pour gagner de l’argent.»