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Louis Morissette et Ricardo Trogi unis par l’humour

Louis Morissette
Photo d'archives, Toma Iczkovits Louis Morissette

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Louis Morissette et Ricardo Trogi ne se lâchent plus. Après avoir collaboré sur Le Mirage et Les Simone, ils tournent présentement la série La maison bleue et referont équipe au grand écran dans la comédie dramatique Guide de la famille parfaite, dont la production devrait se mettre en branle à l’automne. Ce qui les unit? Un sens de l’humour similaire.

«Je m’entends vraiment bien avec Ricardo. Humainement, mais également dans ce qu’on trouve drôle, comment on considère que la comédie devrait être jouée», dit Louis Morissette, avec qui Le Journal a discuté lorsque la SODEC a donné son feu vert financier pour le Guide de la famille parfaite, plus tôt cette semaine.

Ricardo Trogi
Photo courtoisie, Radio-Canada
Ricardo Trogi

«Ça peut paraître niaiseux comme commentaire, mais ce n’est pas si banal de ne pas s’obstiner avec ton réalisateur à savoir si on la joue trop burlesque ou trop gros. Quand on travaille, on n’a pas besoin de s’expliquer les affaires bien longtemps», ajoute Morissette.

Une telle complicité est un luxe pour des créateurs qui souhaitent faire rire, un art plus compliqué qu’il n’en a l’air.

«C’est parfois fragile entre ce qui est drôle et ce qui ne l’est pas. Tu peux l’échapper souvent dans le rythme, dans le jeu, dans le texte. Il y a plusieurs niveaux de risque. Ce n’est donc pas surprenant qu’Émile Gaudreault tourne souvent avec le même monde ou que moi je tourne souvent avec le même gars. À un moment donné, tu te comprends.»

«Pousse-t-on trop nos enfants?»

Après avoir fait réfléchir les cinéphiles sur les pièges de la surconsommation dans Le Mirage, en 2015, Louis Morissette, qui en sera le seul et unique producteur de même que l’acteur principal, abordera dans Guide de la famille parfaite le thème de la «surparentalité».

«On parle beaucoup d’anxiété de performance chez les jeunes de nos jours, et je considère que les parents ont un examen de conscience à faire à ce sujet. Pousse-t-on trop nos enfants, et pourquoi? La famille est-elle rendue un outil de valorisation personnelle et un outil de branding sur les réseaux sociaux? On élève des enfants comme des petites machines de course qui parlent deux ou trois langues et font du sport toute l’année. Peut-être qu’il y avait moins d’anxiété il y a quelques années, quand on prenait du temps pour ne rien faire et juste être des enfants.»

Parallèle assumé avec Le Mirage

En lisant cette description, un parallèle se trace aisément entre ce nouveau projet et Le Mirage. C’est assumé et voulu, affirme Louis Morissette, qui souhaite approfondir cette orientation comico-sociale qu’il donne à ses histoires.

«Il y a dans Le Mirage un ton qui ressemble à ce que j’aime et ce que je veux. Je ne suis pas un gars qui écrit de la science-fiction ou du fantastique. J’écris sur des observations que je fais. J’ai déjà une petite idée de ce que pourrait être la suite, mais est-ce que j’aurai le luxe de le faire?» se questionne celui qui se réjouit de l’opportunité qu’il a de pouvoir partager ses observations sur grand écran.

Il ne souhaite donc pas en abuser.

«C’est un grand privilège, par les temps qui courent, d’avoir de l’argent pour faire un film, alors tu ne veux pas dire des âneries et les institutions sont assez efficaces sur ce plan. Ils veulent savoir ce que tu dis, et comment. Tu auras beau t’appeler Ricardo Trogi, ils ne te font pas un chèque pour tes beaux yeux.»