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Des Huskies derrière Jacob Neveu

Blessé lors de la finale contre les Mooseheads, le défenseur a suivi l’équipe à Halifax

SPO-SAGUENEENS DE CHICOUTIMI VS ISLANDERS DE CHARLOTTETOWN
Photo Agence QMI, John Morris Malgré sa grave blessure, le défenseur Jacob Neveu est à Halifax pour soutenir ses coéquipiers dans leur quête du Championnat de hockey junior canadien. Il comptait quatre points en 16 matchs éliminatoires avant d’être blessé

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HALIFAX | Jacob Neveu s’est donné corps et âme pour les Huskies de Rouyn-Noranda, l’équipe pour laquelle il a toujours voulu endosser l’uniforme. À quelques semaines de la fin de son stage junior, le destin a durement frappé le défenseur de 20 ans, qui a dû renoncer à aller au front avec ses coéquipiers en pleine finale de la Coupe du Président.

Neveu n’a jamais eu peur de bloquer des lancers depuis son arrivée dans la LHJMQ. Un tir de trop reçu en plein visage a toutefois tout changé en prolongation du deuxième match de la finale de la LHJMQ contre les Mooseheads d’Halifax. Son courage et son sang-froid habituel ont laissé place à un sentiment d’impuissance quand il a appris qu’il souffre d’une fracture de la mâchoire. En une fraction de seconde, ses séries venaient de se terminer et il devait oublier une deuxième participation au tournoi de la Coupe Memorial.

Cette blessure a nécessité une délicate opération de trois heures le lendemain. Les médecins lui ont inséré des plaques de métal pour soutenir ses dents et sa mâchoire gravement endommagée. Près de trois semaines après l’impact, le joueur natif de Rouyn-Noranda doit toujours s’en tenir à un régime liquide pour s’alimenter.

Moral dans les talons

« Ce n’est pas facile, a confié en entrevue hier le vétéran qui demeure dans l’entourage des Huskies pendant le rendez-vous national. Quand on a vu la gravité de ma blessure, ç’a été un dur coup. Ça n’a pas été facile à digérer. J’essaie de contrôler ce que je peux contrôler, je reste autour des gars, j’essaie de les encourager. C’est sûr que j’aimerais être sur la glace, j’ai le logo des Huskies tatoué sur le cœur, mais ma condition ne me le permet pas. »

Il était d’ailleurs important pour l’entraîneur-chef et directeur général Mario Pouliot que Neveu puisse accompagner les siens à Halifax.

« Sa poche est ici, je lui ai même dit ce matin [hier] qu’il pouvait aller patiner avec les gars s’il le voulait. Jacob, c’est un Husky pure laine. Quand on a eu quatre 20 ans cette année, je l’avais rencontré pour lui dire qu’il n’avait pas à s’inquiéter et que c’était sûr qu’il allait rester. »

Sur le coup, Neveu, qui possède sa bague de championnat éliminatoire de 2016, ne s’est pas rendu compte de l’étendue des dégâts, bien que le sang coulait à flots sur la patinoire. Ce n’est qu’une fois au vestiaire qu’il a compris que son effort lui avait coûté cher.

« J’étais sur l’adrénaline. Je me suis relevé. J’étais au banc. Quand on est rentrés dans l’infirmerie, on a vu que j’avais des points [de suture] à faire au visage. Ensuite, quand on m’a ouvert la bouche, c’est là qu’on m’a avisé que je ne pouvais pas retourner sur la glace, a-t-il expliqué, la bouche toujours enflée.

« Les dents n’étaient plus du tout à la même place. Les médecins ont fait un bon travail par la suite. Heureusement, il n’y a pas d’infection. J’ai commencé à ressentir la douleur une fois que l’adrénaline était partie. »

Touché par ses coéquipiers

Conscients qu’il s’agissait d’une lourde perte, ses coéquipiers lui ont promis qu’ils feraient tout en leur pouvoir pour lui permettre de soulever de nouveau le gros trophée. Comme il l’avait fait, ces derniers allaient à leur tour se sacrifier. Et ils ont rempli leur mission au terme de six duels âprement disputés.

« Mon objectif en début de saison était de rapporter la coupe du Président à la maison. On a réussi. Ça m’a beaucoup touché que les gars veuillent la gagner pour moi. Je les ai beaucoup remerciés pour tout ce qu’ils ont dit. À Rouyn-Noranda, nous sommes tous des frères et j’adore ces gars-là. » Imaginez s’ils poussaient l’audace jusqu’à gagner la coupe Memorial.

 

Leason et son amour pour le jeu

Ignoré au cours des deux derniers repêchages de la LNH, l’attaquant des Raiders de Prince Albert, Brett Leason, pourrait bien repartir avec un chandail et une casquette au Rogers Arena en juin prochain. Pour son entraîneur, il n’y a pas de doute que Leason a toutes les qualités pour aider un club professionnel.

En fait, Marc Habscheid note une caractéristique spécifique à son poulain qui pourrait lui permettre de gravir les échelons de son sport.

« Parfois, je crois que tu as besoin d’être amoureux de ton sport, pas juste d’apprécier ça, a mentionné l’ancien joueur des Oilers, des North Stars et des Red Wings. Et Brett est un amoureux du hockey. Tu dois jouer pour l’amour du jeu. Si tu veux jouer dans la LNH et que tu ne fais qu’apprécier, tu n’as aucune chance. »

Saison de rêve

Après avoir connu des débuts bien modestes à Tri-City, amassant 10 points en 68 rencontres, le patineur de Calgary de 6 pi 4 po a pris le chemin de la petite municipalité de la Saskatchewan en retour d’un choix de troisième ronde en octobre 2017.

Il a néanmoins attendu la saison qui vient de se conclure pour exploser, récoltant 36 buts, 53 mentions d’aide et 89 points en 55 rencontres, bons pour le huitième rang des pointeurs de la Ligue de l’Ouest. À un certain moment, il trônait au sommet dans cette catégorie à travers le pays. Il a aussi fait partie d’Équipe Canada junior.

« Il est intelligent et il a trouvé un moyen de franchir une étape supplémentaire afin d’être plus rapide, a souligné le pilote saskatchewanais. C’est un gros bonhomme avec d’excellentes habiletés et de bonnes mains. Mais aujourd’hui, tout ce qui importe, c’est le coup de patin. C’est absolument une bonne transaction pour nous ! C’est une bonne leçon pour tout le monde. Si tu n’es pas repêché et que tu ne joues pas dans le programme d’excellence, ça ne veut pas dire que tu ne peux pas réussir. »

Équipe différente

À l’instar des Huskies, leurs adversaires de ce soir, les champions de l’Ouest tenteront de savourer une première victoire en sol néo-écossais après deux jours de répit.

« On avait besoin de ça, a avoué Habscheid. On a vécu toute la gamme des émotions. Il ne faut pas oublier que ce sont de jeunes joueurs et ça demandait un gros ajustement de se retrouver ici devant une foule bruyante. On n’a pas fait les choses que l’on fait bien habituellement, vendredi. Vous allez voir les vrais Raiders. »