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Guerre nucléaire et fin de l’Iran

Nuclear War
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Hier dans un tweet, le Donald a annoncé « la fin officielle de l’Iran», si ce pays attaquait les États-Unis.

La fin officielle de l’Iran. Pas la fin officielle du régime iranien. Pas une guerre contre l’Iran. Non. Sa fin officielle.

On peut, avec raison, détester le régime iranien, ses exactions, son totalitarisme religieux, ses alliances avec des terroristes, son développement nucléaire. Mais menacer un pays d’anéantissement est très grave.

On peut rigoler quand un petit dictateur menace d’anéantir un pays ennemi. Même Kim Jong-Un ne paraît pas très sérieux dans ses menaces d’attaques atomiques, précisément parce qu’il sait très bien que son pays serait annihilé s’il lançait des missiles nucléaires contre les États-Unis, la Chine, la Russie, la Corée du Sud ou le Japon. La Corée du Nord cesserait officiellement d’exister, pour reprendre les termes du Donald.

Ce que Donald dit vraiment

Mais quand cette menace provient du président de la première puissance militaire du monde, elle a une tout autre résonance. Surtout quand on sait qu’il est mentalement dérangé. 

Parce que sans le dire spécifiquement, Donald vient dans son gazouillis dominical de menacer d’anéantir l’Iran avec une frappe nucléaire. 

La terre des Perses ne serait plus qu’un souvenir des livres d’histoire.

La déclaration de Trump est peut-être une fanfaronnade destinée à augmenter la pression sur les Iraniens. Elle montre en tout cas un remarquable changement dans l’attitude de la Maison Blanche : désormais les États-Unis n’hésitent plus à recourir à la menace de frappes militaires nucléaires pour tenter d’obtenir ce qu’ils désirent.

Le danger de cette logique

Si les États-Unis persistent dans cette voie, mêmes des pays pacifiques comme le Canada devront tirer la pénible conclusion qui s’impose : pour survivre au nouvel environnement international qui émerge, il faudra posséder de l’armement nucléaire.

Parce que sinon tôt ou tard les pays non-nucléaire seront soumis à la même logique : soumettez-vous ou vous serez officiellement anéantis. Et ceux qui demanderont soumission ne seront pas nécessairement les États-Unis. 

Ce sera la fin officielle de l’ordre international tel que nous l’avons connu depuis 75 ans. Ou pour dire plus juste, ce sera la fin de l’illusion sur laquelle cet ordre était construit. Une illusion qui laisse croire que l’armement nucléaire ne sera utilisé par les grandes puissances qu’à des fins strictement défensives.