/opinion/columnists
Navigation

Justin Trudeau le fait-il exprès?

NOU
Photo Agence QMI, ÉMILIE BERGERON Le vice-amiral Mark Norman veut retourner à son poste.

Coup d'oeil sur cet article

À entendre les Québécois, personne n’a voté pour Justin Trudeau aux dernières élections. C’est à n’y rien comprendre, car c’est le Québec qui lui a assuré la victoire.

Il était difficile de refuser l’offre libérale d’un « gouvernement fédéral ouvert et transparent », « intègre » « qui respectera les institutions et qui collaborera avec les provinces ».

Attention de ne pas vous étouffer.

La Davie

Le scandale SNC-Lavalin d’ingérence politique vient à peine de quitter nos écrans qu’un autre scandale impliquant le Bureau du premier ministre et la Justice fait éclosion, mettant injustement en cause le vice-amiral Mark Norman, numéro un de la Marine canadienne et numéro deux des Forces armées, et la Davie, chantier naval de Lévis.

Le gouvernement Harper voulait accorder un contrat de gré à gré légal au chantier naval de Québec pour la conversion urgente d’un navire commercial en ravitailleur pour la Marine. Élus, les libéraux ont voulu revoir la transaction après avoir reçu une lettre de la Irving Shipbuilding à Halifax via l’ex-député néo-écossais libéral, ex-président du Conseil du trésor et proche de la famille Irving, Scott Brison.

Brison a démissionné pour des raisons familiales en février, ouvrant la porte au remaniement qui a envoyé l’ex-ministre de la Justice, Jodi Wilson-Raybould aux Vétérans et révélé au monde l’affaire SNC-Lavalin.

Le vice-amiral Mark Norman, chargé des relations avec la Davie, a été relevé de ses fonctions en 2017, sans savoir pourquoi. Le père de famille a sacrifié deux ans et demi de sa vie à se défendre contre des allégations fumeuses d’avoir coulé des secrets ministériels à la Davie.

Se fiant aux allégations de la GRC, le premier ministre Trudeau disait publiquement que l’affaire irait en procès, à l’encontre du principe d’indépendance judiciaire. En mars 2018, une seule accusation d’abus de confiance découlant de l’enquête demandée par un premier ministre furieux a été déposée contre Mark Norman par le Service des poursuites pénales du Canada (SPPC).

Surprise !

La semaine dernière, la poursuite a été suspendue, faute de preuves.

Même si le contrat avec la Davie dépendait de Harper, la GRC n’a jamais pensé interroger les conservateurs. Elle aurait peut-être découvert que Mark Norman travaillait avec Harper pour contrer les manigances de fonctionnaires qui ne voulaient pas de la Davie.

Exonéré, à 55 ans, Mark Norman veut retourner à la vie militaire, interrompue après 35 ans de service sans faux pas, mais le ministre de la Défense Harjit Sajjan, ne semble pas chaud à l’idée.

Une autre carrière scrappée pour protéger le gouvernement ? Dans l’affaire SNC-Lavalin, l’ex-ministre de la Justice Jodi Wilson-Raybould a aussi été envoyée à l’abattoir politique pour avoir fait son travail par les mêmes joueurs : Justin Trudeau, son ex-conseiller Gerald Butts et Katie Telford, sa chef de cabinet et Michael Wernick, ex-greffier du Conseil privé.

Le 8 mai, la Chambre des communes a voté à l’unanimité pour offrir des excuses publiques au vice-amiral Norman, mais Justin Trudeau et son ministre de la Défense avaient quitté la Chambre avant qu’elles ne soient présentées, grâce à d’excellents alibis.

Le 21 octobre 2019, le Québec retournera-t-il les libéraux au pouvoir ?