/opinion/columnists
Navigation

L’éducation religieuse est-elle de la maltraitance?

Coup d'oeil sur cet article

J’ai regardé un excellent film, hier : Dogtooth (en français : Canine), du cinéaste grec Yorgos Lanthimos.

L’histoire surréaliste de trois enfants qui sont élevés dans une maison entourée de très hautes clôtures.

Isolés, n’ayant aucun contact avec le monde extérieur, ils vivent comme s’ils étaient sur une autre planète.

UN MONDE PARALLÈLE

Leurs parents leur apprennent toutes sortes de choses délirantes.

Par exemple, que le mot « mer » veut dire « fauteuil en cuir ».

Que le mot « autoroute » veut dire « tempête ».

Que le mot « excursion » veut dire « matériel particulièrement résistant » (comme dans : « Le chandelier est tombé, mais ne s’est pas cassé, car il est fait avec de l’excursion »).

Et que le mot « carabine » désigne un bel oiseau blanc.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Les enfants croient que c’est comme ça que les gens parlent. Pour eux, c’est ça, la réalité, car ils ne connaissent rien d’autre.

Ils ne peuvent pas comparer leur situation avec celle des autres enfants, car ils n’ont jamais été en contact avec d’autres enfants.

Le film The Village de M. Night Shyamalan racontait une histoire similaire.

Comment une communauté était coupée du reste du monde.

Ces deux films sont d’excellentes métaphores sur la religion.

QUE FAIT LA DPJ ?

Qu’est-ce que la religion sinon un ensemble de croyances irrationnelles que l’on impose à de jeunes enfants afin de les contrôler et de les « protéger » du monde moderne ?

On te dit que « voile » veut dire « liberté ».

Que l’univers a été créé en six jours.

Que les filles et les garçons ne devraient pas recevoir le même enseignement.

Que le désir sexuel est sale.

Que l’amas de cellules qui pousse dans le corps d’une jeune fille enceinte depuis deux jours possède une âme.

Que les femmes doivent porter une perruque.

Que tu dois jeûner pendant un mois.

Un paquet de superstitions qu’on te présente comme des vérités.

Il y a cinq ans, un ancien membre de la communauté hassidique de Boisbriand a réclamé 1,2 million de dollars en dommages et intérêts à la DPJ pour ne pas l’avoir sorti de sa communauté et ne pas lui avoir permis de bénéficier d’un enseignement normal.

« Aujourd’hui, je suis un adulte, mais à cause de l’éducation que j’ai reçue, je ne possède pas les connaissances nécessaires me permettant de vivre correctement », a-t-il dit.

Sa question : pourquoi le gouvernement a-t-il accepté que je grandisse dans un monde parallèle ?

Pourquoi, sous prétexte de respecter la liberté de religion, accepte-t-on l’inacceptable ?

Pour cet homme, l’enseignement hyper religieux qu’il a reçu toute sa jeunesse équivaut à de la maltraitance.

LA GUERRE AUX FAKE NEWS

Il va falloir un jour se poser de sérieuses questions sur la religion.

Accepterait-on que des parents obligent leurs jeunes garçons à sauter sur un pied une heure par jour ou à porter un bol de plastique sur la tête ?

On dit qu’on veut déclarer la guerre aux fausses nouvelles, aux superstitions et aux théories du complot.

Pourquoi ne commencerait-on pas par dénoncer la religion, qui est la plus grosse fake news jamais créée ?