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La cour décidera si un «troll» d’internet a incité à la haine

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Un homme de Terrebonne qui a traité les musulmans de « dérangés » qui « brassent de la marde » dans une vidéo publiée sur YouTube, deux ans jour pour jour après la tuerie de la grande mosquée de Québec, saura mercredi si ses propos constituent un acte criminel d’incitation à la haine.

Pierre Dion n’hésite pas à avoir recours aux médias sociaux et à sa chaîne YouTube pour partager son opinion. Mais est-il allé trop loin, le 29 janvier dernier, en publiant une vidéo intitulée « Alexandre Bissonnette le condamné injuste » ?

Le juge Gilles Garneau tranchera mercredi matin, au palais de justice de Laval.

Dans l’enregistrement d’une durée de 6 minutes 33 secondes, Dion somme les Québécois de se réveiller.

Vérité cachée

L’homme de 49 ans semble convaincu qu’il y avait un second tireur lors de la tuerie de la grande mosquée de Québec, en janvier 2017, et que les autorités ont caché la vérité à la population.

Le résident de Terrebonne demande de rouvrir l’enquête sur les crimes d’Alexandre Bissonnette, qui a assassiné six personnes et attenté à la vie de dizaines d’autres.

« C’t’une gang de dérangés ça les musulmans. J’dis pas tous, j’parle des islamistes, les dérangés, j’sais qu’y’en a des corrects. Ok, y’en a des corrects. Y’en a pas gros, mais y’en a », dit-il, précisant que ceux-ci aiment « brasser de la marde ».

Dion s’en prend également au gouvernement libéral de Justin Trudeau, qualifiant ses ministres d’« esti de pas bons, même pas nés au Canada ».

Amis musulmans

Témoignant lors de son procès, le mois dernier, Dion a juré que sa vidéo n’était pas un message de haine et qu’il avait même des amis musulmans.

Son avocate, Ilana Suissa, a convenu que les propos de son client étaient choquants et déplacés. Néanmoins, il ne s’agit pas d’une incitation à la haine, pour la criminaliste.

« Il ne dit pas que c’est bien [le geste d’Alexandre Bissonnette]. Son message, ce n’est pas : “Faites comme Alexandre”. Il ne faut pas mettre des mots dans sa bouche », a plaidé Me Suissa.

Pour la Couronne, représentée par Me Karine Lagacé-Paquette, il ne faut pas sortir les propos de leur contexte.

« Ce qui est compris dans l’ensemble du discours, c’est que ce sont les musulmans le problème. C’est justement des propos comme ça, qui amènent des gens, qui ont l’esprit un peu plus tordu, à faire des choses qui sont regrettables par la suite », a affirmé la procureure.

Pierre Dion a été acquitté en avril dernier d’un autre chef d’incitation à la haine référant à une publication Facebook.