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La Tournée des idoles: ils ont toujours le feu sacré

Le mot retraite n’existe pas pour les artistes qui participent à La Tournée des idoles

L’ex-Classels Gilles Girard, Michèle Richard et Brigitte M qui coanimera les spectacles La Tournée des idoles avec Mario Lirette. 
Photo Stevens LeBlanc L’ex-Classels Gilles Girard, Michèle Richard et Brigitte M qui coanimera les spectacles La Tournée des idoles avec Mario Lirette. 

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Ils ont, pour la plupart, plus de 70 ans. Ils ne sont pas à la retraite et ils continuent de monter sur les planches, par passion et parce qu’ils sont le feu sacré. C’est dans leur sang, dans leur cœur et dans leur ADN.

« J’entends déjà le public réagir. C’est excitant et je suis fébrile. Il n’existe pas de thrill et de drogue qui sont aussi forts que ça sur terre », a lancé Michèle Richard, qui sera, samedi, des deux spectacles de La Tournée des idoles, présentés au Centre Vidéotron.

Elle sera entourée de Patsy Gallant, Pierre Sénécal, Michel Stax, Claude Valade et un contingent français constitué de Claude Barzotti, Plastic Bertrand, Gérard Lenorman, Enrico Macias et Sheila. Ils seront accompagnés par quatorze musiciens.

Claude Valade
Photo courtoisie
Claude Valade
Claude Barzotti
Photo courtoisie
Claude Barzotti

 

Hommage

Il y aura aussi un hommage aux formations qui ont connu du succès dans les années 60 avec Gilles Girard (Les Classels), Eddie Roy (Les Bel Air), Simon Brouillard (Les Lutins), André Fortin (Les Bel Canto), Pierre Harvey (fils de Guy Harvey des Gendarmes).

Plastic Bertrand est le jeunot du contingent avec ses 65 ans et Enrico Macias est le doyen avec 80 printemps.

Toujours actif

À l’âge de 74 ans, Gérard Lenorman est loin d’être à la retraite. Toujours actif, l’auteur, compositeur et interprète derrière les succès La Ballade des gens heureux et Voici les clés se prépare à lancer un nouvel album. « J’ai levé un peu le pied, pour des raisons personnelles, au cours des deux dernières années, mais je n’ai jamais arrêté. J’écris encore beaucoup et j’ai l’intention, si la santé me le permet, de continuer longtemps », a lancé celui qui reviendra au Québec, en fin d’année, pour une série de spectacles.

Michèle Richard est loin de penser à la retraite. Elle n’a jamais arrêté de chanter. C’est sa vie. Et ce n’est pas parce qu’elle a aujourd’hui 73 ans que les choses ont changé. Pas du tout.

« Je fais ça encore sept jours par semaine et je vais continuer jusqu’à tant que je meure. Et ce n’est pas quelque chose que je fais à moitié. Il faut avoir encore de la drive et de l’intensité lorsqu’on monte sur scène. Et j’ai encore les fesses serrées, comme en 1965 », a précisé la chanteuse qui prépare une tournée pour l’automne.

Le spectacle La Tournée des idoles est présenté le samedi 25 mai à 13 h 30 et 19 h 30 au Centre Vidéotron.

Une vague d’amour

Michèle Richard
Photo Agence QMI, Dominick Gravel
Michèle Richard

Michèle Richard se souvient encore de son passage au Colisée Pepsi lors de l’édition 2013 de La Tournée des idoles.

« J’ai pleuré en quittant la scène. J’en ai fait des shows, des salles et des festivals, mais 15 000 personnes d’un coup, je ne suis pas habituée à ça. C’est une grande vague d’amour. Je n’ai pas vécu ça souvent et c’est extraordinaire. J’ai hâte », a-t-elle laissé tomber, lors d’un entretien.

La chanteuse avoue n’avoir jamais rêvé de devenir vedette ou chanteuse.

« Je chantais parce que mon père m’amenait avec lui lors de ses spectacles les fins de semaine. J’ai commencé à chanter à l’âge de dix ans et je n’ai jamais arrêté. Ça s’est développé tout seul », a-t-elle fait remarquer.

Sans le vouloir, Michèle Richard a fait partie de ce groupe d’artistes qui a donné naissance au star-système québécois au début des années 1960.

« Il n’y avait pas de canevas de base à l’époque. On a tracé le chemin en faisant ce métier avec passion. J’ai fait beaucoup de sacrifices durant ma carrière. Les diètes, la discipline, prendre des cours de danse et avoir plein de responsabilités. Les jeunes qui se lancent dans ce métier aujourd’hui ne sont pas conscients de tout ce que ça va leur demander en termes de sacrifices », a-t-elle fait remarquer.

Encore jeune à 77 ans

Gilles Girard
Photo courtoisie
Gilles Girard

L’ex-Classels Gilles Girard avoue ne pas sentir ses 77 ans lorsqu’il monte sur les planches.

« Je me demande quel âge je pourrais me donner, si je ne savais pas compter. Je me pose parfois la question. On dirait que j’ai dix et vingt ans de moins lorsque je débarque sur scène. C’est l’amour du public qui nous amène dans cet état. Et on veut montrer que nous sommes encore capables », a-t-il lancé, lors d’un entretien dans un restaurant du Vieux-Québec.

Celui qui chantera les Qu’est devenu notre passé ? Avant de me dire adieu et Ton amour a changé ma vie avoue, en riant, qu’il ressent son âge uniquement lorsqu’il doit monter un escalier.

Gilles Girard a vécu l’aventure des Idoles, lors de la première édition en 2011, au Colisée Pepsi.

« J’ai commencé à chanter. J’ai descendu l’escalier et les gens étaient debout. L’orchestre, la scène, le public, les écrans géants, c’était grandiose », a-t-il mentionné.

La passion est toujours présente chez cet homme qui a fait partie des Classels. Il est toujours actif et monte régulièrement sur scène.

« Si je suis trois semaines sans contrat et sans travailler, je deviens marabout et insupportable », a-t-il affirmé.

Un homme occupé

Enrico Macias
Photo Courtoisie
Enrico Macias

Le chanteur français aux origines algériennes vient de lancer un album intitulé Enrico Macias & Al Orchestra où il revisite des chansons connues et moins connues de son répertoire.

Doyen du spectacle La Tournée des idoles, il n’a pas du tout envie d’arrêter. « Tant que le Bon Dieu va me donner cette force et cette énergie, je vais continuer », a fait savoir, celui qu’on appelle encore, parfois, Gaston (Ghenassia).

Enrico Macias est un homme très occupé.

« Je me lève le matin et je suis content d’avoir des spectacles à donner, des entrevues à faire et participer à des émissions de télé et de radio. La musique est mon univers et sans elle, je ne suis plus rien », a-t-il lancé.

Le Québec a une place importante et toute spéciale dans cœur d’Enrico Macias. Un endroit qu’il visite régulièrement et dont la dernière visite remonte à il y a un an.

« Le succès que j’ai connu, au Québec, avec Chiquita, Dis-moi ce qui ne va pas et Paris s’allume a été à l’origine d’une carrière internationale. Avant les États-Unis, le Japon et tout ça. C’est le Canada qui été l’élément déclencheur », a-t-il fait savoir.

Enrico Macias travaille à l’écriture de nouvelles chansons et il a plein de projets devant lui.

« La musique, c’est vaste, c’est comme un océan », a-t-il décrit, ajoutant qu’il avait envie de naviguer encore bien

La peur de l’hiver

Gérard Lenorman
Photo courtoisie
Gérard Lenorman

Gérard Lenorman ne connaissait rien du Québec avant que La ballade des gens heureux y devienne un succès en 1975. Il était même réticent d’y venir. Il avait peur de l’hiver.

« J’avais peur du froid et le Québec, pour moi, c’était le pôle Nord. Il s’agissait d’apprendre. Je m’y suis fait des amis formidables », a-t-il mentionné, lors d’un entretien téléphonique.

L’auteur, compositeur et interprète de 74 ans avoue avoir vécu quelque chose d’unique avec le succès de La ballade des gens heureux.

« La ballade des gens heureux est une chanson presque mondiale. Les Québécois ont fait de cette chanson, avant tout le monde, un hymne presque national. Ce qui était très bouleversant et très touchant », a-t-il indiqué.

Il ne s’attendait jamais à obtenir ce genre de succès.

« C’est un cadeau. C’est comme trouver une mine d’or et j’ai eu dans ma carrière quelques belles pépites. J’ai eu beaucoup de chance », a dit celui qui est revenu à la charge ensuite avec Voici les clés, Si j’étais président, Michèle, et Gentil dauphin triste.

Gérard Lenorman lancera bientôt un nouvel album avec dix nouvelles chansons.

« J’ai exploré certaines choses et j’ai fait une sélection de dix titres. Il y a une unité. C’est très beau et je n’ai pas honte de le dire. J’ai choisi de ne pas mélanger les choux et les carottes », a fait savoir l’artiste.