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Les promesses embarrassantes

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De tous les engagements pris à l’ère du clientélisme électoral, c’est sûrement la promesse de réformer le mode de scrutin qui embête le plus le premier ministre Legault.

Malgré qu’il dise maintenir le cap, il ne ferme pas la porte à la tenue d’un référendum sur le sujet, lors des prochaines élections, ce qui repousserait la réforme à une élection ultérieure.

Limite du clientélisme

La CAQ multipliait les propositions durant la campagne électorale pour séduire différentes couches de l’électorat. L’abolition des commissions scolaires, le maintien des sièges sociaux, la protection de la langue, la maternelle 4 ans sur tout le territoire et le cannabis pas avant 21 ans en sont quelques exemples. La stratégie fut payante, car elle a mené le parti au pouvoir avec une majorité confortable.

Maintenant, ces annonces de campagne sont devenues des fardeaux pour la gouvernance caquiste. L’abolition des commissions scolaires freinée par la constitution canadienne, les échanges en anglais pendant une commission parlementaire, les difficultés d’installation de classes de maternelle 4 ans, la disparition du siège social d’Air Transat et les jeunes abandonnés à la mafia pour l’achat de cannabis sont autant de dossiers qui font mal paraître.

Réforme en péril

Dans le cas de la réforme du mode de scrutin, la CAQ n’échappe pas à la tendance des partis très ouverts à la proportionnelle lorsqu’ils sont dans l’opposition, mais qui trouvent soudainement des vertus au système existant lorsqu’ils se sont hissés au pouvoir.

Le premier obstacle de François Legault émerge de ses députés bien installés dans leurs privilèges et qui veulent se donner un maximum de chances de les conserver.

Espérons que le premier ministre soit homme de parole et qu’il affirmera tout son leadership pour que la prochaine élection soit sous l’égide de la réforme promise sans se perdre dans les dédales d’un référendum qui ne serait qu’astuce pour étouffer l’intention.