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Une première réussie pour Dolan

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CANNES | Xavier Dolan a réussi son retour à Cannes. Le cinéaste québécois a eu droit à une ovation de plus de huit minutes mercredi à l’occa­sion de la première mondiale de son nouveau long métrage, Matthias & Maxime, un film tendre et touchant sur l’amitié.  

Il avait l’air sincèrement ému et soulagé, Dolan, en voyant le public cannois l’applaudir à tout rompre durant de longues minutes. Pendant cette chaleureuse ovation, le réalisateur de 30 ans a eu le temps de faire l’accolade à tous les acteurs de son film, ses amis, qui étaient assis autour de lui pendant la projection.  

Les larmes aux yeux, il a brièvement pris la parole pour remercier les spectateurs et le festival qui l’a toujours si bien accueilli : « Je suis très ému, a-t-il déclaré, la voix tremblotante. Ça fait dix ans que je suis débarqué à Cannes avec mon film J’ai tué ma mère et, depuis, j’ai vécu tellement d’expériences enrichissantes, de rencontres et de moments comme celui-ci. »  

Un film intimiste et dépouillé  

Les thèmes de l’amitié et de la quête d’identité sont au cœur de Matthias & Maxime. Un soir, pendant un party, Maxime (Xavier Dolan) et Matthias (Gabriel D’Almeida Freitas) doivent s’embrasser sur la bouche pour le tournage d’un court métrage. Ce baiser réveillera en eux des sentiments enfouis depuis longtemps et changera la dynamique de leur bande d’amis.  

Matthias & Maxime marque un retour aux sources pour Xavier Dolan. Après l’aventure compliquée de Ma vie avec John F. Donovan, son premier film anglophone qui a été mal reçu par la critique au Festival de Toronto, le cinéaste est revenu tourner dans un environnement qui lui sied bien, avec ses amis et dans sa langue maternelle.  

On retrouve dans Matthias & Maxime certains éléments qui ont toujours fait la force des films de Dolan, comme ses dialogues, qui se révèlent toujours aussi justes et percutants. Mais le cinéaste a opté cette fois-ci pour une approche plus sobre et dépouillée qui démontre qu’à 30 ans, il a acquis une certaine maturité. Matthias & Maxime n’a pas la puissance dramatique d’un film comme Mommy, mais il réussit à venir nous chercher autrement, tout en finesse et en retenue.  

C’est la troisième fois que Xavier Dolan présente un film en compétition à Cannes. Chaque fois, le cinéaste québécois a été récompensé : Prix du jury en 2014 pour Mommy et Grand Prix du jury en 2016 pour Juste la fin du monde. Jamais deux sans trois? C’est ce qu’on saura samedi, à la remise de prix du festival.  

Un rendez-vous avec Brad et Leo  

Brad Pitt, Margot Robbie et Leonardo DiCaprio s’amusaient ferme mercredi.
Photo AFP
Brad Pitt, Margot Robbie et Leonardo DiCaprio s’amusaient ferme mercredi.

Au lendemain de la première mondiale de son film Il était une fois à Hollywood, Quentin Tarantino et son trio d’acteurs superstars ont continué à créer l’événement sur la Croisette, mercredi.  

Affichant des looks plus décontractés que pour la montée des marches la veille, Brad Pitt, Leonardo DiCaprio et Margot Robbie se sont prêtés à la séance de photo officielle du festival autour de midi, avant de rencontrer les journalistes du monde entier au cours d’une conférence de presse qui a été évidemment très courue et qui s’est rapidement transformée en cirque médiatique. Il faut dire que ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de réunir dans la même salle deux des acteurs les plus populaires à Hollywood, Brad Pitt et Leonardo DiCaprio.  

Sans surprise, il a beaucoup été question de Charles Manson. L’histoire de Il était une fois à Hollywood est surtout centrée sur les personnages fictifs d’un acteur (joué par DiCaprio) et son cascadeur (Pitt) dans le Los Angeles de 1969, mais Tarantino a inclus à son film le personnage véridique de l’actrice Sharon Tate (Margot Robbie), la femme du cinéaste Roman Polanski qui a été assassinée en août 1969 par les disciples du gourou Charles Manson.  

«On est tous fascinés par ce fait divers parce que c’est totalement invraisemblable, a expliqué Tarantino. J’ai fait beaucoup de recherches sur le sujet et je me suis aperçu que plus on lit sur le sujet, plus on a du mal à comprendre.»  

  • Notre journaliste Maxime Demers a vu le film à Cannes:   

Perte d’innocence  

Pour Brad Pitt, le film ne parle pas tant des meurtres de la secte de Manson que de la perte d’innocence qu’ils ont engendrée :  

«Jusqu’à ce moment-là, il y avait de l’espoir avec le mouvement de l’amour libre. Mais quand ces meurtres sont arrivés, un climat de terreur s’est installé parce que ces événements tragiques soulignaient le côté sombre de l’humain. Je trouve que le film illustre très bien cela.»  

Étonnamment, Brad Pitt et Leonardo DiCaprio n’avaient encore jamais joué ensemble avant le tournage de ce 9e film de Tarantino.  

«Ç’a été très facile et simple de travailler avec Brad, a admis DiCaprio. On est de la même génération, on a commencé à peu près à la même époque et Quentin nous a donné deux rôles incroyables de deux amis qui travaillent ensemble et qui se sentent dépassés par le fait que leur carrière est en pente descendante. On a eu beaucoup de plaisir à faire le film. »  

► Il était une fois à Hollywood prend l’affiche au Québec le 29 juillet.  

Échos de la Croisette  

Rodriguez dans l’ombre de Tarantino  

Robert Rodriguez
Photo AFP
Robert Rodriguez

Le hasard fait parfois bien les choses. La même année que Quentin Tarantino fait son retour en compétition à Cannes, son bon ami Robert Rodriguez est aussi sur la Croisette pour présenter un nouveau film. Le réalisateur de Sin City, Machete et Spy Kids a lancé mardi soir à la Quinzaine des réalisateurs (une section parallèle du festival) son nouveau film d’horreur, Red 11, qui rend hommage à son premier long métrage, El Mariachi, qu’il a tourné il y a 25 ans. Tarantino et Rodriguez ont réalisé ensemble le diptyque Grindhouse, en 2007.  

  

Quentin Tarantino
Photo AFP
Quentin Tarantino

  

Une fausse star attire l’attention  

À Cannes, pendant le festival, on s’attend toujours à croiser une star dans la rue. Un groupe d’amis de Marseille a voulu montrer l’absurde de cette situation en orchestrant une mise en scène assez amusante. Depuis deux jours, plusieurs festivaliers ont en effet pu apercevoir sur la Croisette une femme déguisée en star (robe rouge, chapeau noir, lunettes de soleil) se promenant entourée de deux hommes habillés comme des gardes du corps et de soi-disant fans criant « Leyna­­­, on t’aime ». Leur canular a fonctionné puisque plusieurs passants se sont arrêtés pour filmer la scène.   

Hommage à Jean Beaudin  

L’ancien délégué général et président du Festival de Cannes, Gilles Jacob, a publié mardi soir un message sur Twitter pour rendre hommage au cinéaste québécois Jean Beaudin, qui est décédé samedi à l’âge de 80 ans : « Mort de Jean Beaudin, cinéaste que j’ai beaucoup aimé et choisi pour ma première sélection canadienne en montrant, à Cannes, en 1978, J.A. Martin photographe (prix pour Monique Mercure), un film sensible comme la pellicule et touchant comme le Québec. Une pensée attristée », a écrit M. Jacob.