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Québec courtisée pour les «Olympiques du cyclisme»

L’UCI aimerait voir les championnats du monde dans la Vieille Capitale en 2027

Québec voit défiler chaque année, depuis 2010, l’élite mondiale du cyclisme sur route dans le cadre du Grand prix cycliste. La tenue de championnats mondiaux en 2027 amènerait des milliers d’athlètes issus de plusieurs autres disciplines.
Photo d’archives, AFP Québec voit défiler chaque année, depuis 2010, l’élite mondiale du cyclisme sur route dans le cadre du Grand prix cycliste. La tenue de championnats mondiaux en 2027 amènerait des milliers d’athlètes issus de plusieurs autres disciplines.

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Plus de 6000 athlètes dans 13 disciplines et 17 jours de compétitions ; l'Union cycliste internationale (UCI) voit Québec accueillir ses «Olympiques du cyclisme» en 2027, un projet que la Ville entend analyser quand les fédérations québécoise et canadienne cogneront prochainement à sa porte.

Au-delà de la neutralité d'usage, le président de l'UCI, David Lappartient, n'a pas caché mercredi son affection pour une candidature québécoise en vue de cette deuxième édition des championnats multidisciplinaires en 2027 que son organisme entend attribuer en septembre 2020.

«Je ne peux pas vous révéler mon vote (contre des candidatures d'autres pays) parce qu'il faudra étudier le dossier, mais il y a forcément un attachement et des liens historiques qui existent. La langue et la culture sont quand même un lien important entre nous», a exprimé le président français qui a évoqué, au cours d'un entretien avec Le Journal, «une échelle un peu plus large qu'une seule ville» pour tenir cet événement d'envergure au Québec.

Un faible pour Québec

L'intérêt manifesté en coulisses par Lappartient, au cours des dernières semaines, tend cependant vers la ville de Québec.

«Il m'a dit qu'il aimerait voir Québec comme candidate», rapporte l'ex-président de Gestev, Patrice Drouin, qui avait rencontré le président lors des championnats mondiaux de vélo de montagne en Suisse, en septembre 2018.

«Ma perception, c'est que si Québec se mettait en lice pour ces championnats, les chances seraient très bonnes», croit Drouin, qui siège à la Commission de vélo de montagne de l'UCI.

«Il était excité à propos de cette possibilité parce qu'il s'intéresse à la mondialisation du cyclisme. Pour lui, Québec représente une belle possibilité en raison du lien culturel et linguistique avec l'Europe», nous indique un acteur sur la scène internationale du cyclisme qui requiert l'anonymat au sujet d'une discussion tenue avec le président durant les championnats mondiaux sur piste, en février dernier.

«Dans notre ADN»

Lors du Grand Prix cycliste de Montréal, en septembre 2018, des représentants des villes de Québec et de Montréal et l'organisateur Serge Arsenault avaient entendu la suggestion lancée par Lappartient durant des échanges informels. «Pourquoi pas une potentielle candidature du Québec?» a relaté le président en prononçant cette phrase.

Le conseiller municipal de la Ville de Québec, Steeve Verret, y était ce jour-là. Il ne cache pas sa rencontre avec le président de l'UCI et le contenu de leur discussion qu'il a ensuite relayée au maire Régis Labeaume, et pour laquelle il dit n'avoir «pas eu un suivi par courriel ou par papier de la part de ce monsieur».

On l'a déjà dit, tout ce qu'on est capable d'organiser comme événement pour faire rayonner Québec, on aime ça. Si on a une présentation et des détails (d'une candidature), on la regarderait assurément», entrevoit le responsable des grands événements sportifs au sein du comité exécutif.

«Ce serait dans notre ADN», illustre-t-il à propos de ces mondiaux de 2027.

Volonté politique requise

Cyclisme Canada déposera une candidature «s'il y a une volonté politique», précise le président Pierre Laflamme, qui dit avoir discuté d'un tel projet avec Lappartient lors du congrès annuel de la Confédération panaméricaine de cyclisme (COPACI) au Mexique, le 3 mai dernier.

«Personnellement, j'aimerais mieux que ce soit à Québec. Je pense que pour toutes les disciplines, à part le vélodrome, Québec serait une ville extraordinaire pour ça, mais si Montréal tenait aussi à les avoir, je donnerais une chance égale à Montréal», ajoute le président de la fédération nationale, qui insiste sur la nécessité d'un appui des gouvernements.

«Dès que cette nouvelle va sortir, on devrait avoir une bonne idée de l'intérêt», anticipe Laflamme.

1 sport, 13 disciplines

L’UCI organise annuellement des championnats du monde pour chacune de ses 13 disciplines dans différentes villes. À compter de 2023 à Glasgow en Écosse, l’UCI rassemblera tous les quatre ans, dans une seule région, les championnats du monde regroupés de ses 13 disciplines. La ville de Québec est courtisée pour accueillir la deuxième édition en 2027.

Route

  • Catégories : Élites, - 23 ans et Juniors
  • Plus de 1000 athlètes à Innsbruck en Autriche, du 22 au 30 septembre 2018

Piste

  • Catégorie : Élite
  • 452 athlètes de 49 pays, à Pruszkow en Pologne, 27 février au 3 mars 2018

Vélo de montagne (cross-country et descente)

  • Catégories : Élites, - 23 ans et Juniors
  • 716 participants de 55 pays à Lenzerheide en Suisse, du 5 au 9 septembre 2018

BMX Supercross

  • Catégories : 5-6 ans à

50 ans et +

  • 1500 participants de 43 pays à Bakou en juin 2018

Vélo de montagne Marathon

  • 300 participants de 35 pays attendus à Grächen en Suisse, 20 au 22 septembre 2019

Trial

  • 95 participants à Chengdu en Chine, 7 au 11 novembre 2018

Vélo de montagne Eliminator

  • 21 participants à Chengdu en Chine, 7 au 11 novembre 2018

BMX Freestyle

  • 93 participants à Chengdu en Chine, 7 au 11 novembre 2018

Cyclisme en salle

  • 22 pays en 2018

Paracyclisme Route

  • 343 athlètes, 46 pays à Maniago en Italie en 2018

Paracyclisme Piste

  • 155 athlètes, 35 pays au Brésil en 2018

Gran Fondo

  • 2044 inscrits en 2018 à Varèse en Italie

93 millions $ à Glasgow

À huit ans de l’année 2027, cette idée des championnats mondiaux multidisciplinaires à Québec ne permet pas encore d’évaluer les coûts d’organisation. Une référence existe toutefois avec Glasgow en Écosse, qui présentera la première édition en 2023, et pour laquelle le président de l’UCI, David Lappartient, parle d’un budget global de 93 millions $.

«On va embarquer dans ce projet-là de façon responsable et on n’ira pas si ce n’est pas faisable. Si on embarque, c’est sûr que ça va prendre de la rigueur. Je suis comptable de formation et ça fait partie de mon travail», assure le président de Cyclisme Canada, Pierre Laflamme.

La Ville de Glasgow, qui contribuera à 30 % du budget, anticipe à 118 M$ les bénéfices directs dans l’économie de cette région de l’ouest de l’Écosse.

«Ne nous faisons pas peur tout de suite. Ne tirons pas des chiffres en l’air avant même de savoir combien ça va coûter», affirme Laflamme.

Un privilège à Québec ?

Un intérêt pour ces mondiaux de 2027 aurait déjà filtré depuis l’Asie, l’Océanie et l’Europe, selon David Lappartient. À candidature égale, celle de Québec serait-elle privilégiée ?

«On sera obligés d’analyser l’ensemble des candidatures dans une procédure ouverte, transparente et équitable. À ce stade-ci, on souhaite simplement une manifestation d’intérêt politique, soit d’une ville, soit d’une province, soit d’un pays. Ensuite, on va étudier les candidatures. Mais il est évident qu’il y a un savoir-faire et ce serait une candidature qui serait bien reçue», indique le président de l’UCI.

Non au mois d’août

Glasgow n’est pas Québec. Les championnats mondiaux prévus au mois d’août 2023 dans cette ville d’Écosse ne provoqueraient pas le même enthousiasme ici s’ils devaient se dérouler au cœur de la haute saison touristique.

À première vue, le président de Cyclisme Canada suggère le mois de septembre. La fin de l’été s’avère plus jouable dans le calendrier international, comme le rappellent les habitudes des championnats mondiaux sur route qui se déroulent à la fin du mois de septembre.

«Si on parlait de flexibilité à obtenir de la part de l’UCI, ce serait un exemple», soulève Pierre Laflamme.

«Quand ta ville est déjà pleine à 98 %, l’industrie touristique n’aimerait pas ça. On tiendrait ces championnats afin d’attirer du monde à Québec, alors il faut être capable de justifier auprès de la population qu’on investirait de l’argent dans cet événement dans l’espoir d’en retirer des retombées. Ça aiderait le vélo, c’est certain, mais l’industrie touristique ne devrait pas en souffrir.»