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Tampa boude les Rays

Malgré leur excellente fiche, ils peinent à attirer de bonnes foules

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Photo d’archives Les Rays disputent la grande majorité de leurs matchs devant des gradins dégarnis au Tropicana Field.

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ST. PETERSBURG | Avec la dernière annonce de Stephen Bronfman, le retour du baseball majeur à Montréal a effectué un autre pas important dans la bonne direction. Le rêve d’une deuxième mouture des Expos pourrait devenir réalité dans un avenir rapproché.

Pendant ce temps, à Tampa, les partisans se font tirer l’oreille pour remplir les gradins du Tropicana Field. Si les Red Sox de Boston ou les Yankees de New York ne sont pas en ville, les Rays ont de la difficulté à attirer plus de 10 000 spectateurs lors de leurs rencontres à domicile.

C’est la triste réalité de cette équipe depuis quelques saisons. Malgré un bon départ et plusieurs promotions intéressantes, les amateurs ne sont pas au rendez-vous. C’est préoccupant pour le propriétaire, Stuart Sternberg. D’ailleurs, il a fait connaître sa déception sur la place publique la semaine dernière.

Plusieurs facteurs expliquent le manque d’intérêt pour les matchs locaux des Rays. Le plus important, c’est le Tropicana Field. Le domicile de la formation de la Ligue américaine est désuet en plus d’être situé dans un quartier défavorisé. C’est un secret de Polichinelle dans le baseball majeur.

« C’est un problème qui perdure depuis plusieurs années et qui n’a pas encore été résolu, a indiqué le journaliste du Tampa Bay Times Marc Topkin. Le compte à rebours est amorcé, selon moi.

Sternberg doit trouver une solution dans les deux ou trois prochaines années. »

Pour régler la situation, Sternberg a effectué plusieurs démarches pour faire construire un nouveau stade. Sa dernière a été effectuée du côté d’Ybor City, mais le projet est tombé à l’eau en décembre dernier.

Sternberg doit se rasseoir avec les autorités municipales de St. Petersburg au cours des prochains mois. Celles-ci seraient prêtes à ériger un nouveau stade de l’autre côté de la rue du Tropicana Field.

« Les faibles assistances depuis le début de la saison ne doivent pas aider Sternberg à vouloir aller dans cette direction, a ajouté Topkin. L’endroit du stade est le nœud du problème depuis longtemps. »

Climat d’incertitude

S’il n’est pas capable d’en venir à une entente, le propriétaire des Rays va regarder ses options dans la région de Tampa. Pour le moment, elles ne sont pas nombreuses, selon nos informations.

Les membres de l’organisation des Rays sont peu bavards quant à la situation de leur équipe. Ils n’ont pas voulu répondre à nos demandes d’entrevue au sujet des faibles assistances, du stade ou de l’avenir de la formation à Tampa.

C’est l’omerta. On a pu obtenir des entrevues avec des joueurs, mais à condition de ne pas leur poser de questions sur ces trois sujets chauds.

« On n’a pas le droit d’en parler aux médias, a mentionné un employé des Rays sous le couvert de l’anonymat. Pour ce qui est de l’avenir de nos emplois, on s’attarde sur ce qu’on peut contrôler, soit le quotidien de l’équipe. C’est tout ce qu’on peut faire. »

Rien de garanti

Le problème des assistances des Rays n’est pas unique en Floride. Les Marlins de Miami ont aussi toutes les misères du monde à attirer les amateurs dans leur stade de 634 millions $ US qui avait été financé avec des fonds publics.

Malgré un groupe de propriétaires crédibles et un beau domicile, les Marlins ont une moyenne d’assistance inférieure à 10 000 spectateurs depuis le début de la saison 2019, la pire dans les majeures.

Est-ce que les Rays se sortiraient la tête de l’eau en construisant un nouveau stade dans les prochaines années ? Il n’y a rien de garanti, comme on peut le constater avec ce qui se passe chez les Marlins.

En bon homme d’affaires, le propriétaire Stuart Sternberg a une vision à long terme de sa concession. On peut cependant se demander si elle passe par Tampa ou... par Montréal.

Pas de sentiment d’appartenance chez les amateurs

« Les retraités qui habitent la région de Tampa proviennent de plusieurs États. Ils sont très attachés à l’équipe de l’endroit où ils demeuraient auparavant. Lorsqu’ils viennent au Tropicana Field, ce n’est pas pour les Rays, mais bien pour la formation avec laquelle ils ont un lien émotif depuis plusieurs années. »

Ces paroles proviennent de Mike, qui est responsable des loges pour les Rays depuis plusieurs années. Il met le doigt sur un aspect important de ce qui se passe à Tampa depuis plusieurs années : le manque de sentiment d’appartenance.

Selon ce qu’on a constaté, les gens semblent indifférents par rapport aux Rays malgré leurs succès sur le terrain. Dans les rues de St. Petersburg, il est rare de voir un citoyen avec une casquette ou un chandail des Rays.

Il faut dire que Tampa a toujours été identifié aux Yankees de New York et c’est encore le cas aujourd’hui. D’ailleurs, c’est à cet endroit que la formation new-yorkaise y tient son camp d’entraînement depuis plusieurs décennies.

Durant la saison, le complexe devient le domicile de la filiale « A » avancé des Yankees.

Loin des yeux, loin du cœur

Même s’il est propriétaire des Rays depuis une quinzaine d’années, Stuart Sternberg n’habite pas dans la région de Tampa. C’est l’un des reproches que les partisans lui font depuis quelques années.

Ce n’est pas le premier propriétaire qui gère son équipe à distance. George Steinbrenner passait la majorité de son temps à sa maison de Tampa à l’époque où il était à la tête des Yankees.

Si Sternberg demeurait à proximité de sa formation, ça ne veut pas dire que ça réglerait les problèmes d’assistance des Rays vendredi matin. Par contre, ça lui permettrait d’avoir une meilleure visibilité dans la communauté. Ça ne fait jamais de mal lorsque tu courtises les amateurs.

Envahis par les partisans

On ne peut pas dire que les Rays avaient l’avantage du terrain lors de leur courte série contre les Dodgers de Los Angeles. Bien au contraire.

À chacune des rencontres, les partisans des Dodgers étaient plus nombreux que ceux des locaux dans les gradins du Tropicana Field.

« Je suis un peu sous le choc, a indiqué George, un placier qui travaille pour les Rays depuis 21 ans. C’est la première fois que je vois autant de partisans d’une autre équipe, à l’exception des visites des Yankees et des Red Sox. »