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Trafic d’armes négocié à Montréal

Le complice de deux Québécois qui sont accusés aux États-Unis vient de plaider coupable

pistolet dans un divan
Photo d’archives Les accusés auraient comploté l’achat et l’exportation clandestine de 40 pistolets Glock (comme celui sur la photo) et de 15 pistolets mitrailleurs mini Uzi.

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Deux Montréalais accusés dans l’État de New York d’avoir trempé dans un complot international de trafic d’armes viennent de se faire larguer par leur présumé patron.

Aydan Sin a plaidé coupable, vendredi dernier, à Buffalo, en avouant qu’il est venu à Montréal en 2016 pour comploter l’achat et l’exportation clandestine d’un arsenal de commando avec les Québécois Guy Deland et Charan Singh.

Sin est un criminel de la Colombie-Britannique. Il a confessé que lui et ses deux complices allégués ont commandé d’un supposé marchand d’armes américain 40 pistolets Glock de calibre 9 mm, 15 pistolets-mitrailleurs mini Uzi, 15 silencieux, 80 chargeurs et 4000 balles, a annoncé la poursuite fédérale par voie de communiqué.

De Montréal à Dubai

Le trio ignorait que l’armurier en question était un agent double du Homeland Security, l’agence de sécurité intérieure des États-Unis.

L’agent double américain est venu deux fois à Montréal – la première dans un restaurant Tim Hortons et la seconde à l’hôtel Sheraton du centre-ville – en décembre 2016 pour négocier la vente des armes avec Sin, Deland et Singh au coût de 142 000 $, selon des documents judiciaires consultés par Le Journal.

Vraisemblablement destinées au crime organisé, les armes devaient être transportées illégalement par bateau à partir des États-Unis. Une partie devait être acheminée à Carthagène, en Colombie, et l’autre à Dubai, aux Émirats arabes unis.

Le plaidoyer de leur coaccusé risque d’enrayer les arguments de défense de Deland, 60 ans, de Pierrefonds, et de Singh, un camionneur de 49 ans qui habite à l’Île-Perrot avec sa conjointe et leurs trois enfants.

Les deux hommes contestent présentement devant la Cour d’appel du Québec leur extradition devant la justice américaine. Ils bénéficient de leur liberté provisoire jusqu’à nouvel ordre.

Tous deux ont été observés et enregistrés durant l’enquête du Homeland Security, à laquelle les policiers de la Gendarmerie royale du Canada ont participé.

Deland aurait notamment demandé à l’agent double de s’assurer que les numéros de série gravés sur les armes soient préalablement effacés pour éviter que les autorités puissent retracer leur provenance.

Singh, qui aurait lui-même initié les contacts avec le faux armurier, lui aurait notamment déclaré que Sin était leur « boss ».

Ce dernier recevra sa peine en août. Né à Hong Kong, ce Canadien qui a déjà été condamné pour importation de stupéfiants aux États-Unis risque au maximum 20 ans de pénitencier et une amende d’un million de dollars.