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Avortement politique

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Maxime Bernier. Libertarien avant tout. Irréfrénable kid Kodak. Ex-candidat à la chefferie des conservateurs fédéraux. Chef de sa nouvelle formation, le Parti populaire du Canada (PPC). L’homme a toujours eu l’art de faire parler de lui. En bien ou en mal.

Il réussit son coup à nouveau. Citons-le, ça ne s’invente pas : « Je déciderai [de ma position] en temps et lieu si un de nos candidats dépose un projet de loi qui restreint l’avortement. [...] S’il y a un gouvernement du Parti populaire, il y a un risque – un beau risque –, qu’il y ait un débat sur l’avortement. »

Plusieurs ont noté qu’il vise surtout une clientèle électorale bien spécifique. Soit les près de 20 % des Canadiens opposés au libre choix à l’avortement. Fort juste. J’y vois aussi une contradiction proprement spectaculaire.

Libertarien de façade

Maxime Bernier est libertarien. Traduction : un apôtre du libéralisme radical et des libertés individuelles restreintes le moins possible par l’État. Ce qui, pour les libertariens, comprend la liberté absolue de chaque personne de disposer de son corps et de sa sexualité.

En refusant de s’engager à imposer une ligne pro-choix à son parti, Maxime Bernier renie donc un des principes fondamentaux de son idéologie libertarienne autodéclarée. Bref, l’homme a beau se prétendre « pur » quant à ses convictions, la réalité est qu’il est capable d’en faire fi sans même cligner des yeux.

Consolation

Sur fond de montée dangereuse d’une ultra droite américaine opposée au libre choix à l’avortement, les réactions négatives à la sortie de M. Bernier n’ont pas manqué à travers le Canada. C’est pourquoi j’ai bien l’impression que sans le savoir, il vient peut-être d’avorter son propre parti.

Remarquez que les appuis au nouveau PCC frôlant à peine les 2 %, Maxime Bernier pourra tout au moins se consoler en se disant que cet avortement politique, aussi involontaire soit-il, est pratiqué en début de gestation.