/sports/hockey
Navigation

Le message a passé

Avec sa montée de lait de janvier, David Perron a contribué au réveil des Blues

HKN-SPO-WINNIPEG-JETS-V-ST-LOUIS-BLUES---GAME-THREE
Photo d'archives, AFP David Perron et ses coéquipiers des Blues ont effectué un spectaculaire virage à 180 degrés à partir du début de janvier.

Coup d'oeil sur cet article

À l’époque aseptisée dans laquelle nous vivons, il est souvent mal vu de livrer le fond de sa pensée et de dire ses quatre vérités à quelqu’un. Richard Martineau dirait qu’on est toujours à une montée de lait près de faire pleurer les petits lapins. Pourtant, parfois, ça amène des résultats.

Le cas de David Perron en est un bel exemple. L’attaquant québécois n’en menait pas large quelques jours avant la visite du Canadien à St. Louis, au début de janvier. Assis dans le vestiaire des Blues, seul avec le représentant du Journal de Montréal, Perron n’avait pas mâché ses mots.

Les Blues, avec qui il venait d’amorcer un troisième séjour quelques mois auparavant, croupissaient dans les bas-fonds du circuit Bettman. À peine une semaine auparavant, le 3 janvier, ils occupaient le 31e et dernier rang de la LNH !

L’équipe était alors décimée par les blessures. Et l’athlète de 30 ans n’avait pas hésité à montrer ses jeunes coéquipiers du doigt.

« C’est une opportunité que les jeunes devraient saisir. Mais ce n’est pas toujours ce qui arrive cette année. Ils doivent arrêter de jouer sur le bout de la palette. Quand tu fais des erreurs, mais que tu es intense, ça fait une grosse différence à mes yeux », avait-il martelé.

Berube dans un groupe sélect

Évidemment, le nombre de joueurs des Blues qui lisent les médias francophones est sans doute nul. Toutefois, il est permis de penser que Perron a su faire passer son message à l’intérieur du vestiaire.

Avec des résultats pour le moins surprenants.

Du 4 janvier à la fin de la saison, les Blues ont maintenu le meilleur dossier du circuit Bettman avec une fiche de 30-10-5. Ils pourraient devenir la première équipe à remporter la coupe Stanley après avoir occupé le dernier rang de la ligue après 20 matchs.

Oskar Sundvist et Robert Thomas ont semblé comprendre le message, eux qui, à compter de ce moment, ont pratiquement doublé leur production de la première portion de la saison.

Toutefois, attribuer le retour des Blues à cette seule sortie de Perron serait un peu fort. L’arrivée de Craig Berube à la barre de l’équipe n’y est sans doute pas étrangère.

Embauché à titre intérimaire le 20 novembre, Berube est le 11e entraîneur de l’histoire à atteindre la finale après être arrivé en poste au cours de la saison. Six d’entre eux ont soulevé la coupe.

La recrue inattendue

Et que dire de la contribution de Jordan Binnington ?

Rappelé le 9 décembre dans les instants suivant une dégelée de 6 à 1 aux mains des Canucks de Vancouver, Binnington n’avait qu’un match de la LNH derrière la cravate. En fait, son expérience se limitait à 13 minutes durant la saison 2015-2016.

Les Blues avaient beau chercher une solution au travail erratique de Jake Allen (c’était déjà la huitième fois en 28 matchs que les Blues accordaient au moins six buts dans un match), ils ne croyaient certainement pas avoir découvert un candidat au trophée Calder. En 32 présences devant le filet, Binnington a accordé plus de trois buts à seulement trois occasions.

Binnington a complété cette impressionnante première campagne avec un dossier de 24-5-1, un taux d’efficacité de ,927 et une splendide moyenne de but alloué de 1,89, la meilleure du circuit.

C’est ce qu’on appelle un revirement de situation.