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Les vedettes vendent vert

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Notre fameux « star système », l’envie des nationalistes canadians écrasés par le star system américain, a fait adopter des tonnes de produits, du Grecian Formula de Maurice Richard aux côtes levées St-Hubert de ma collègue Denise Bombardier.

Question d’ego ? Pas toujours. Quand on sait que le revenu moyen des membres de l’Union des artistes avoisine 25 000 $ par année, la publicité permet à plusieurs de vivre correctement.

Campagnarde, je ne critiquerai pas Dan Bigras et ses camions RAM. Quand tu dois aller toi-même porter tes rebuts à la décharge publique, genre toilettes brisées ou déchets de construction, une Bolt, c’est nul.

Mais voilà que Dominic Champagne, toujours aussi culpabilisant et antipathique, revient à la charge avec une vidéo pour promouvoir à nouveau son Pacte mettant en vedette... des vedettes.

Pourquoi ?

M’semble que des vulgarisateurs scientifiques auraient plus d’impact que les steppettes de Geneviève Rochette. J’aimerais mieux entendre des gens ordinaires partager leurs expériences et découvertes « vertes » que d’écouter Christian Bégin me faire la morale.

Et puis, est-ce le rôle des artistes, ces marchands de bonheur, d’ajouter à l’éco-anxiété ambiante ? Bono est devenu artistiquement moins intéressant quand il s’est mis à prêcher.

La vidéo nous apprend aussi que les émissions de GES par habitant (une mesure qui défavorise les petits pays) sont deux fois plus élevées au Québec que la moyenne mondiale. Or, selon la liste de Statistique ONU, la majorité des pays qui émettent peu de GES sont des pays pauvres. Les croisés de la décroissance devraient la consulter pour voir si leur pays de rêve s’y trouve.

Parmi les gros méchants émetteurs, les 56 000 habitants du Groenland – parce qu’il fait froid et que les distances sont grandes – et l’île tropicale de Montserrat – parce que son volcan crache du CO2.

Le mouvement environnemental a un gigantesque problème de communications crédibles.