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Mike Ward repousse (encore) ses limites

En tournée avec son spectacle «Noir»

Mike Ward repousse (encore) ses limites
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES

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Vous pensiez que Mike Ward avait atteint au fil des ans les limites de son humour noir ? Pas encore. Le numéro d’ouverture de son 5e spectacle en carrière, Noir, en fait foi.

Mike Ward repousse (encore) ses limites
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES

Mike Ward présentait son nouveau spectacle à la salle Albert-Rousseau, jeudi soir, dans sa ville natale et devant sa famille. L’artiste avait soumis une demande particulière aux médias sur place : nul n’avait le droit de divulguer la nature des gags de son premier numéro.

L’humoriste cultive la curiosité autour de ce fameux segment, mais on comprend, dès qu’il ouvre la bouche, où il veut en venir. En guise de seul commentaire, disons simplement qu’il atteint des sommets provocateurs et qu’il n’y a définitivement rien à son épreuve, surtout pas le procès toujours en cours qui l’oppose à Jérémy Gabriel.

«Je m’en câlisse, je n’ai plus rien à perdre», a lancé Ward, qui se qualifie lui-même de «pas tuable».

Salvail et Rozon

Depuis qu’il a lancé son dernier spectacle il y a cinq ans, les scandales d’agressions sexuelles ont défrayé les manchettes. Il revient donc, comme plusieurs de ses collègues l’ont fait, sur le mouvement #Metoo et les affaires Éric Salvail et Gilbert Rozon, deux personnes qu’il a côtoyées de près.

«Qui aurait cru il y a un an que c’était moi la meilleure personne du showbiz québécois ?» lance celui qui a tout appris des «traditions» de la radio avec Salvail. «Je ne savais pas que les collaborateurs sont supposés donner un bec sur le pénis de l’animateur», dit-il.

En se disant «traumatisé, choqué et dégoûté» par Gilbert Rozon, Mike Ward ressasse même l’ancienne histoire d’une femme qui avait porté plainte contre René Angelil. Aujourd’hui, on écoute les victimes, choses qu’on ne faisait pas à l’époque, soutient-il.

Plus personnel

Mike Ward offre probablement son spectacle le plus personnel en carrière. Il puise dans sa vie en Floride, là où il possède une maison, revient sur ses premières expériences sexuelles en faisant sa propre introspection sur le mouvement #metoo, parle de ses chiens, de la dépression qu’il vivait lorsqu’il a commencé à écrire le spectacle, et évoque le suicide, auquel il a pensé «pendant deux jours». 

Incorrigible, irrévérencieux, vulgaire, mais sans jamais verser dans la méchanceté gratuite, il soulève, comme on s'y attendait, des thèmes sensibles : la pédophilie, le terrorisme, les femmes voilées. L’humoriste a d’ailleurs sa propre théorie sur les «72 vierges» promises aux terroristes au paradis.

Ward montre son côté tendre lorsqu'il parle de son affection pour les trisomiques, les transsexuels et son amour pour les animaux, qu’il aime «autant que Magnotta aime les Asiatiques».

Ne se souciant guère des questions de morale, Mike Ward est toujours sur le ton de la conversation avec son public, à qui il pose des questions comme «T’as commencé à fourrer à quel âge ? T’es tu fait abuser quand tu étais jeune ?»

L'humoriste de 45 ans ne s'est pas assagi, au grand bonheur de ses fans, qui ont enchaîné les éclats de rire tout au long de la soirée. N’en déplaise à ses détracteurs, il reste un des stand up les plus habiles et efficaces de la scène québécoise. 

Faits saillants

Mike Ward est de nouveau en spectacle ce soir, à la salle Albert-Rousseau. Il sera en supplémentaire les 24 et 25 septembre 2019.