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Nouvelle méthode de réanimation

Les premiers docteurs formés au pays sont à Montréal

Le Dr Philippe St-Arnaud (à gauche), qui travaille à l’Hôpital Santa Cabrini à Montréal, fait une démonstration avec le Dr Felipe Teran de la sonde dans l’œsophage pour surveiller sur un écran le cœur d’un patient qui reçoit un massage cardiaque.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Le Dr Philippe St-Arnaud (à gauche), qui travaille à l’Hôpital Santa Cabrini à Montréal, fait une démonstration avec le Dr Felipe Teran de la sonde dans l’œsophage pour surveiller sur un écran le cœur d’un patient qui reçoit un massage cardiaque.

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Des médecins d’un hôpital montréalais sont désormais les premiers au Canada formés pour une nouvelle technique de réanimation permettant de voir en temps réel le cœur lors d’un massage cardiaque.

Appelée l’échographie transoesphagienne, elle consiste à descendre une sonde dans l’organe menant à l’estomac (l’œsophage), collé derrière le cœur, permettant de voir dans l’immédiat l’efficacité d’un massage cardiaque et si le cœur répond aux soins ou non.

« Ça donne des indices pour améliorer la qualité de la réanimation [...] si on compresse bel et bien le corps [et au bon endroit], plutôt que de faire les choses à l’aveugle », explique le chef des soins intensifs de l’Hôpital Santa Cabrini à Montréal, le Dr Philippe Rola.

Fenêtre sur le cœur

« Une sonde dans l’œsophage, c’est comme avoir une fenêtre grande ouverte sur le cœur », résume à son tour le Dr Philippe St-Arnaud.

Une quarantaine de médecins de l’établissement et d’autres hôpitaux au Québec ont été formés cette semaine à utiliser cette nouvelle technique qui gagne en popularité aux États-Unis et en Europe.

L’échographie de l’œsophage existe depuis longtemps en médecine, mais de « le faire dans un contexte d’urgence pendant un arrêt cardiaque, ça, c’est nouveau », renchérit le Dr St-Arnaud.

Précieuses secondes

Il rappelle que la survie d’un patient dépend de la qualité et de la durée d’un massage cardiaque, espérant que l’utilisation de l’échographie dans l’œsophage permettra de sauver de précieuses secondes dans la course contre la montre qu’est une réanimation.

Actuellement, les médecins doivent interrompre par moments les massages cardiaques pour faire des échographies traditionnelles, sur le thorax, afin de déterminer comment le cœur réagit aux soins.

Les médecins espèrent que cette nouvelle technique de réanimation aidera à améliorer la réponse des patients.

Selon la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada, seulement une personne sur 10 survit à un arrêt cardiaque.

« On ne sauve pas la majorité du monde qui ont des arrêts cardiaques », se désole le Dr Rola, qui veut mettre toutes les chances derrière son équipe.