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Sur le plateau de «La Maison Bleue»: au cœur du Bureau ovale québécois

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MONTRÉAL – Depuis que le Québec est devenu une République, toutes les décisions se prennent dans le fameux Bureau ovale de «La Maison Bleue», la nouvelle série humoristique réalisée par Ricardo Trogi qui atterrira sur l’Extra de Tout.tv à l’hiver 2020.

Les médias ont pu visiter, jeudi midi, quelques pièces de cette demeure où réside le président de la République du Québec, Jacques Hamelin, campé par Guy Nadon.

Dans le quartier Saint-Henri, un studio anonyme, perdu au milieu du chantier de l’échangeur Turcot, abrite les deux pièces principales, qui sont la salle de réunion et le Bureau ovale, où travaille le président.

L’élégance des décors est assez étonnante et rappelle précisément le fameux Bureau ovale de la Maison-Blanche à Washington. Le directeur artistique a d’ailleurs précisé que la position des meubles et des fenêtres était identique à l’original et que les proportions avaient même été conservées pour ajouter au réalisme.

Au milieu du bureau trône le président Hamelin, plus préoccupé par des querelles de voisinage, qui vont lui valoir un bras dans le plâtre, ou par le devoir de Cégep à tendance fédéraliste de sa fille, qui s’est retrouvé sur le web, que par les grands problèmes géopolitiques mondiaux.

«On touche à quelques affaires internationales, d’autres quêtes plus nationales, mais j’ai l’impression que les niaiseries sont plus payantes, car on reste dans une comédie», a précisé Ricardo Trogi, qui est le coauteur et le réalisateur de la série.

«Les grands enjeux sont davantage une toile de fond, a-t-il poursuivi. L’an prochain, on pourrait par exemple faire venir un président français, mais ce qui m’intéresse surtout, ce sont les petits détails et les problèmes niaiseux.»

Inspiration libre

«La Maison Bleue», qui ne sera même pas bleue dans la série – outre les volets –, est la première fiction qui prend le pari de mettre en scène un Québec indépendant et souverain.

«J’en suis le premier surpris, a souligné le réalisateur. Je pense que le temps a fait sa "job". Le référendum, ça fait 25 ans! Pour une première fiction autour de ce concept de Québec indépendant, c’est un bon test. On est dans une série humoristique et on ne veut pas faire de mal à personne.»

Guy Nadon n’a pas hésité longtemps avant d’accepter d’incarner ce personnage.

«J’ai une gueule de président», a-t-il plaisanté quand on lui a fait remarquer qu’il est passé de président de compagnie dans la série «O’» à président de la République.

«Ce projet m’a intéressé parce que c’était drôle déjà sur le papier, je m’esclaffais en lisant le scénario», a-t-il mentionné.

Si on l’a beaucoup vu dans des rôles dramatiques, Guy Nadon tâte régulièrement de l’humour. «Dans cette série, il faut être comme dans une Ferrari que l’on va conduire d’une main en étant très détendu, mais on sait qu’on roule à 200 km/h dans notre tête. Ça demande énormément de travail en amont pour avoir l’air détendu, léger et effervescent.»

Anne-Marie Cadieux incarne Mireille Turcotte, la première dame du Québec qui va elle aussi avoir son lot de problèmes et de défis.

«J’avais plus l’idée de Melania Trump dans le look plus que Jackie Kennedy, qui était l’élégance incarnée. L’idée de base de la série est très fertile, surtout sur le ton de la comédie», a-t-elle dit.

Parmi les comédiens qui incarnent la pléiade de personnages secondaires (conseillers politiques, attachée de presse, garde du corps...), on retrouve notamment Geneviève Schmidt, Claude Despins, Roger Léger, Dominic Paquin et la jeune Anyjeanne Savaria, qui incarne la fille du couple présidentiel.

Le tournage des 10 épisodes de 30 minutes, qui va prochainement se déplacer à Québec, devrait se terminer d’ici la fin du mois de juin.