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Un adolescent abandonné au sol

La conductrice ne s’est pas arrêtée après l’impact survenu sur la route 381 à Saint-Urbain, dans Charlevoix

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Deux personnes ont été arrêtées pour délit de fuite et complicité après le fait à la suite d’un terrible accident survenu dans Charlevoix, jeudi soir.

Un adolescent de 14 ans se trouve toujours entre la vie et la mort après avoir été happé par une automobiliste qui a pris la fuite, à Saint-Urbain. Au moment du drame, la victime se baladait à vélo avec deux amis. L’accident est survenu sur la route 381, vers 21 h 30, jeudi soir.

En fin de soirée vendredi, une femme âgée de 40 ans a été arrêtée pour délit de fuite causant des lésions et un homme âgé de 43 ans pour complicité après le fait. Les deux sont présentement détenus et ils devraient comparaître lundi à La Malbaie.

L’adolescent aurait été happé environ à la hauteur de cette borne-fontaine de la rue Saint-Édouard, avant d’être projeté quelques mètres plus loin. Le père de la jeune victime est arrivé sur les lieux de la collision avant les ambulanciers.
Photo Dominique Lelièvre
L’adolescent aurait été happé environ à la hauteur de cette borne-fontaine de la rue Saint-Édouard, avant d’être projeté quelques mètres plus loin. Le père de la jeune victime est arrivé sur les lieux de la collision avant les ambulanciers.

Selon des témoins, le garçon originaire de Saint-Urbain était sur la rue Saint-Édouard lorsqu’une voiture l’a percuté sous les yeux de ses camarades. La victime aurait ensuite été projetée quelques mètres plus loin.

« On a essayé d’aider. Ça n’allait pas bien, il faisait pitié. Une voisine a appelé le 911 et l’a massé, puis on a attendu l’ambulance. C’est inimaginable », laisse tomber une résidente rencontrée sur les lieux.

Inconscient

Au sol, le garçon était sévèrement blessé et inconscient. Pourtant, aucun véhicule ne se trouvait près de lui. « Je n’ai rien compris. C’est choquant, c’est inadmissible. Il a perdu des morceaux, il devait savoir ce qu’il se passait », s’interroge la femme, en parlant du fuyard.

Selon la Sûreté du Québec, le conducteur « aurait poursuivi sa route par la suite sans porter assistance à la victime ». La police avait d’abord annoncé vendredi avoir localisé un véhicule « qui pourrait être relié à l’événement ». La situation a évolué rapidement.

Son garçon au sol

Le père de l’adolescent, que nous ne nommons pas pour protéger l’identité de la victime, est arrivé sur les lieux de la collision avant les ambulanciers et a vu son garçon gisant au sol. Ce dernier dit ressentir « de l’impuissance » et de « l’injustice ».

Son fils reposait toujours « dans un état critique » vendredi dans un hôpital de Québec. Tous les membres de la famille n’étaient pas encore au courant.

« C’est trois petits garçons qui faisaient du vélo sur le bord de la route. La voiture est sortie de sa trajectoire pour le happer. On est dans la gestion des émotions et à essayer de comprendre pourquoi la vie fait ça », a-t-il mentionné.

Selon Eudore Fortin, qui habite tout près, c'est ici, contre cette maison, que l'adolescent reposait après la collision.
Dominique Lelièvre
Selon Eudore Fortin, qui habite tout près, c'est ici, contre cette maison, que l'adolescent reposait après la collision.

Le drame laisse sous le choc les résidents de Saint-Urbain, une communauté de 1400 habitants. « C’est tragique, c’est impensable, surtout que la personne se sauve en plus », dénonce Eudore Fortin, qui habite tout près. Les souliers du garçon auraient été retrouvés à plusieurs mètres de distance l’un de l’autre.

— Avec la collaboration de Jean-François Racine

Des citoyens dénoncent la vitesse excessive

Dominique Lelièvre et

Jean-François Racine

Des citoyens s’interrogent sur la sécurité des cyclistes sur la rue Saint-Édouard qui mène au parc national des Grands-Jardins.

Plusieurs d’entre eux ont dénoncé la vitesse excessive dans cette zone, où la limite est de 50 km/h.

« Ça passe assez vite dans le village. La limite n’est pas respectée du tout. Il faudrait peut-être une surveillance plus accrue pendant quelques semaines. Ce n’est pas la première fois qu’on le demande », remarque la citoyenne Dominique Martel.

Au surplus, l’espace accordé aux cyclistes dans l’accotement est très réduit à l’endroit où s’est produite la collision. « C’est sûr qu’il n’y a pas de place pour les vélos. La route leur appartient autant qu’aux autos », ajoute Eudore Fortin.

À ce stade-ci, on ignore toutefois dans quel état se trouvait la conductrice avant l’accident. Le temps pluvieux et l’heure tardive seront aussi des éléments d’enquête.

Du danger

Ce drame survient à peine une semaine après le Tour du Silence 2019, alors que 24 régions du Québec ont organisé en même temps une randonnée afin de rappeler les nombreux accidents, mais aussi pour sensibiliser au respect mutuel sur la route.

Selon plusieurs témoignages recueillis à ce moment, il semble que les comportements des cyclistes et des automobilistes s’améliorent lentement, même si l’agressivité est encore au rendez-vous lorsque le partage de la route devient plus difficile.

Lourdes peines

Dans le cas d’un délit de fuite à la suite d’un accident causant des lésions corporelles, la peine maximale est de 10 ans. Si la victime perd la vie, le conducteur risque l’emprisonnement à perpétuité.

« Il faut garder en tête l’insécurité que vivent les cyclistes sur une base quotidienne », a rappelé récemment la directrice technique de Cyclisme pour tous au sein de la Fédération québécoise des sports cyclistes, Amélie Lepage.

Dix cyclistes ont perdu la vie au Québec en 2018. Le nombre d’accidentés à vélo est en baisse de 17,6 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.