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D.J. Smith: la chance au coureur

Le directeur général des Sénateurs, Pierre Dorion (à droite), a choisi un entraîneur-chef sans expérience pour diriger l’équipe. Il a notamment vanté les qualités de communicateur « exceptionnelles » de D.J. Smith, lors de la rencontre avec les médias.
Capture d’écran, TVA sports Le directeur général des Sénateurs, Pierre Dorion (à droite), a choisi un entraîneur-chef sans expérience pour diriger l’équipe. Il a notamment vanté les qualités de communicateur « exceptionnelles » de D.J. Smith, lors de la rencontre avec les médias.

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Le bilan de la dernière saison n’est pas de nature à créer une section spéciale dans le curriculum vitæ de D. J. Smith.

Il était le responsable de l’unité défensive des Maple Leafs de Toronto et aussi, on lui avait confié le mandat d’améliorer l’unité en infériorité numérique.

Le bilan final : échec sur toute la ligne.

Mais il faut croire que le passé de celui que Pierre Dorion a choisi parmi sept candidats a pesé lourdement dans la balance : la coupe Memorial, un titre d’entraîneur de l’année dans la Ligue de hockey junior de l’Ontario, et quatre ans à côtoyer Mike Babcock.

Une feuille de route intéressante.

Et Dorion en rajoute. « Il est un communicateur exceptionnel, un entraîneur créatif et qui, au fil des années dans les rangs juniors, a capté l’attention par sa façon de développer les jeunes joueurs et aussi par son travail derrière le banc. »

Mais, ce qu’on raconte à Ottawa, c’est que Eugene Melnyk qui s’est déjà moqué de la défensive des Leafs, dirigée par son nouvel employé, ne voulait surtout pas payer le gros prix pour un entraîneur.

J’ignore quels étaient les critères de sélection exigés par Dorion. J’ignore aussi s’il avait vraiment des contraintes sur le plan du budget réservé au futur entraîneur.

Mais, si on revoit le fil des événements, faut-il croire que son passage à Montréal pour rencontrer Patrick Roy était simplement une question de courtoisie, que sa décision était déjà prise au sujet de D.J. Smith ? Assurément.

Partisans mécontents

Difficile de porter un jugement sur D. J. Smith, lequel en sera à sa première expérience dans le rôle d’entraîneur-chef dans la LNH. Mais on peut facilement sympathiser avec les partisans de l’équipe qui n’ont pas tardé à faire connaître leur mécontentement, soulignant entre autres que les Leafs auront une meilleure défensive l’an prochain maintenant que Smith est parti. Ces partisans espéraient qu’un entraîneur expérimenté serait embauché, ils souhaitaient qu’un entraîneur ayant du vécu vienne donner du lustre à l’organisation.

On a préféré un pilote qui ne fera pas de bruit, du moins c’est ce que l’on croit. Un entraîneur qui laissera le directeur général travailler à sa guise.

On a choisi la voie la plus facile.

Et on n’a pas réussi à plaire à la grande majorité des amateurs.

La frustration monte...

Karlsson et les dollars

On serait porté à sauter à la conclusion que les événements de la dernière saison amenuiseront l’intérêt de certaines équipes envers Erik Karlsson.

Ses absences prolongées en fin de saison ainsi qu’une blessure l’ayant ennuyé pendant toutes les séries éliminatoires pourraient avoir un impact sur ses exigences salariales.

Pourra-t-il obtenir un contrat de 10 millions $ et plus par saison ?

Voilà la question.

Plusieurs observateurs soutiennent qu’il aura son prix, peu importe les événements de la dernière saison. Karlsson demeure un joueur élite, l’un des meilleurs défenseurs de la ligue, quand il est en bonne santé.

Évidemment, l’équipe qui osera lui consentir un contrat de plusieurs saisons, un contrat de près de 80 millions $, s’assurera que le joueur suédois obtiendra des résultats convaincants sur le plan médical.

À cet égard, demeurera-t-il à San Jose ? Ou devrait-on s’interroger sur les intentions du directeur général, Doug Wilson ? Il est clair qu’il ne donnera pas l’argent qu’il avait inscrit au budget de l’équipe au moment de son acquisition des Sénateurs d’Ottawa. On a pu l’observer pendant le calendrier régulier et aussi pendant les séries éliminatoires.

Ce qu’ont épié les décideurs des Sharks, c’est un défenseur possédant beaucoup de ressources mais qui, tout au long de la saison, n’a jamais évolué en parfaite condition.

Et, dans une telle situation, cela représente un risque important. C’est un pensez-y-bien, surtout lorsqu’on s’apprête à faire un investissement qui pourrait avoir de lourdes conséquences dans les prochaines années. Il ne fait aucun doute que les conditions ont changé.

Le joueur n’est plus celui qu’on avait évalué il y a un an.

Les Blues sous le radar

Dans une analyse des équipes les plus productives depuis la saison 2011-12, le site The Athletic soulève un point intéressant en dressant un classement des dix meilleures formations.

Au cours de cette séquence, trois équipes ont sorti du peloton : les Penguins, les Blackhawks et les Kings.

Depuis, les Kings ont glissé dans les bas-fonds du classement. Les Penguins n’ont pas gagné un seul match lors du premier tour des séries éliminatoires et les Blackhawks ont raté le tournoi printanier pour une deuxième saison de suite.

Il était à prévoir que les Penguins dominent le classement avec 802 points. Les Capitals (787), les Bruins (784), le Lightning (765), les Ducks (760), les Blackhawks (759), les Sharks (751), les Predators (744) et les Rangers de New York (732) suivent.

Elles sont neuf formations. Quelle est la dixième ? Si vous risquez les Blues, vous visez juste. Et non seulement cette concession appartient au groupe des 10 mais elle occupe le deuxième rang avec 788 points.

Oui, le deuxième rang. Et pourtant, précise The Athletic, elle ne mise pas sur des joueurs d’influence, Vladimir Tarasenko, occupe le 33e rang des joueurs les plus productifs au cours de cette période de neuf ans. Les Blues n’ont jamais sélectionné plus haut que le 14e rang au premier tour, c’était en 2010 et leur choix s’était arrêté sur Jaden Schwartz. Lors des huit derniers repêchages, trois fois ils n’ont eu aucun choix de premier tour.

Du flair

Comment expliquer que cette concession ait obtenu de tels résultats ? Une réponse. Le flair de la haute direction. De bonnes transactions, de bons choix au repêchage, un développement des joueurs qui est à point.

Vous me direz que Doug Armstrong, le grand patron du secteur hockey, travaille sans la pression des médias. C’est vrai. À St. Louis, il n’y a qu’un quotidien, l’attention est portée sur les Cardinals.

Mais, pression des médias ou pas, le travail demeure le même. Celui d’être un compétiteur acharné, de savoir devancer la concurrence, d’être aux aguets en tout temps et de savoir flairer la bonne opportunité.

Okay, vous me direz que les Blues n’ont jamais gagné la coupe Stanley. Encore là, vous avez raison. Sauf que les Blues, à chaque année, donnent des espoirs à leurs consommateurs.