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Inquiétudes à la prison de Roberval: le manque d'effectifs s'accentue

GEN-PRISON-ROBERVAL
Photo d’archives

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ROBERVAL – Les agents correctionnels de la prison de Roberval, au Lac-Saint-Jean, entrevoient la saison estivale avec énormément d'appréhension, en raison du manque d’effectifs qui s’accentue.

Selon le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, l’été dernier a été catastrophique en ce qui concerne le temps supplémentaire obligatoire. Tout indique que la situation ne sera pas mieux cette année.

«Par mois, il pouvait y avoir entre 60 et 70 réquisitions obligatoires, c’est-à-dire du temps supplémentaire obligatoire», a soutenu vendredi le président national du syndicat, Mathieu Lavoie, en entrevue avec TVA Nouvelles.

En raison du manque d’agents correctionnels, le gymnase de l'établissement n’est toujours pas ouvert quatre ans après l’inauguration de la nouvelle prison. De plus, le parloir pour les prévenus et les détenus est ouvert seulement trois jours par semaine.

Le syndicat déplore que l’établissement carcéral perde des agents alors que les tâches de travail, elles, augmentent.

«On a créé des postes pour assurer la visiocomparution à partir de l’établissement, mais on n’a pas d’agent pour remplir ces fonctions-là, a déploré Mathieu Lavoie.

«Également, au niveau des soins de santé à la prison de Roberval, c’est compliqué, a-t-il poursuivi. Le médecin a quitté alors les agents doivent faire des escortes médicales à l’hôpital.»

Selon le syndicat, cinq agents correctionnels ont remis leur démission dans la dernière année. Deux ont décroché un nouvel emploi et les trois autres sont en congé sans solde pour réorientation de carrière. Plusieurs agents ont aussi été nommés à des postes de gestion.

Le syndicat estime qu’entre 10 et 15 agents correctionnels supplémentaires seraient nécessaires pour combler les besoins. Le recrutement serait très difficile.

«On a été obligé d’annuler des cohortes à l’École nationale de police par manque de candidats, a raconté le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec. Le problème, c’est que les délais sont tellement longs entre les examens et le moment où les candidats sont appelés pour être formés à l’École nationale, que plusieurs ont le temps de se trouver un emploi et ils ne sont plus intéressés.»

Réaction du ministère de la Sécurité publique

Le ministère de la Sécurité publique admet être confronté à des défis de recrutement, mais dit travailler à revoir la stratégie d’attraction de la main-d’œuvre. On affirme aussi que la formation est constamment ajustée aux nouvelles réalités.

Le ministère soutient également que trois nouveaux agents sont entrés en fonction en mai à la prison de Roberval, justement pour donner un coup de main à l’équipe en place en prévision de l’été.