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Brigitte Noël et Félix Séguin : lumière sur des acteurs de l'ombre

Brigitte Noël et Félix Séguin : lumière sur des acteurs de l'ombre
Photo Agence QMI Dominick Gravel

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Le monde des narcotrafiquants fascine et fait l’objet de nombreux films et séries télévisées. Mais qu’en est-il de la réalité de cet univers parfois sordide? C’est ce que le Bureau d’enquête de Québecor nous fait découvrir à travers la série spéciale de 10 baladodiffusions Narcos PQ , sur QUB radio . Brigitte Noël et Félix Séguin nous y présentent leurs rencontres avec des acteurs du milieu, de la mafia italienne montréalaise aux cartels colombiens et mexicains.

Tout d’abord, Brigitte, pouvez-vous nous expliquer le parcours qui vous a menée à Narcos PQ?

Brigitte Noël: Je suis Ontarienne et j’ai d’abord travaillé à CBC, à Toronto, avec une petite équipe d’enquête. On s’occupait de cas de corruption et de crimes corporatifs ou politiques. J’ai ensuite travaillé quelques années pour la chaîne Vice, qui parle beaucoup de drogue et de criminalité. Donc, quand je suis arrivée chez Québecor et qu’on a commencé à travailler sur le concept qui allait devenir «Narcos PQ», ça me semblait naturel.

Et vous, Félix?

Félix Séguin: Je suis journaliste pour TVA depuis 2002. Avant ça, j’étais à TQS, et je fais partie du Bureau d’enquête depuis 2013. Je me spécialise d’abord dans le crime organisé, même si ce n’est pas mon seul champ d’intérêt. De plus, au fil des ans, j’ai reçu, de différentes sources, des piles de documents contenant, entre autres, des informations sur les plus gros narcotrafiquants au Québec, dont certains qu’on ne connaît pas du tout. C’est parfait pour un projet comme Narcos PQ.

Vos archives sont donc à la base de vos recherches pour vos «podcasts»...

F.: Oui. Dans mes dossiers, j’ai des noms, des dates de naissance, des numéros de téléphone, des adresses. C’est une base très utile.

B.: Il y a également le fait qu’avec les années, nous avons aussi tous les deux bâti des réseaux de personnes, d’informateurs, qui sont eux-mêmes des narcotrafiquants ou qui appartiennent à ce milieu. C’est beaucoup là-dedans qu’on a pigé.

Il doit y avoir plusieurs personnes qui ne veulent pas être identifiées dans les médias...

B.: C’est pour ça qu’on a trouvé que la meilleure façon de faire cette série, c’était à travers un «podcast». Ça permet de mieux protéger leur anonymat. Les gens se sentent plus à l’aise devant un micro de radio que devant une caméra et, au pire, on modifie un peu leur voix pour qu’on ne les reconnaisse pas. On n’a pas à engager d’acteurs pour jouer le rôle des criminels qu’on rencontre ou à créer des images où on ne voit rien.

Qu’est-ce que vous nous offrez à travers Narcos PQ?

F.: Ce qui importe beaucoup, c’est qu’on vous offre une autre perspective sur le crime organisé. Admettons qu’un trafiquant important se fait arrêter et qu’on en parle aux nouvelles. En général, on va nous donner le point de vue de la police et des autorités. Nous, on donne le point de vue du gars qui se fait arrêter. C’est ce qui est exclusif comme approche: on entend parler le trafiquant plutôt que la police.

B.: On découvre les récits personnels des personnes interviewées, leurs aventures, leurs peurs, leurs motivations, leurs prises de conscience, mais aussi leur fierté d’avoir accompli certaines choses. Il y a un élément de vanité. On comprend aussi leur système de valeurs, qui est différent du nôtre. Ça donne une autre perspective sur la situation.

N’avez-vous pas un peu peur pour votre sécurité en fréquentant ces milieux dangereux?

B.: Oui, mais on se protège. Ainsi, mon adresse n’est pas accessible, et j’en dis le moins possible sur ma vie privée. J’ai toujours eu ce réflexe, pas juste pour le balado.

F.: J’ai reçu des menaces de mort en octobre dernier, de la part d’un mafieux sur lequel j’avais écrit un article. Il a d’ailleurs été accusé par la suite et reconnu coupable de menaces de mort à mon endroit. Donc, c’est certain que, comme Brigitte, je prends des dispositions et je garde l’œil ouvert. Je me protège.

N’y a-t-il pas un risque de glorifier les narcotrafiquants avec une série comme la vôtre?

B.: Oui, et à chaque émission, on mentionne que ce n’est pas notre but.

F.: C’est en effet un très gros risque de les mettre en valeur et de les rendre sympathiques. Surtout que certains le sont! On doit faire ressortir le fait que ce sont des criminels et des gens qui ont vécu dans le mensonge toute leur vie. Souvent, il faut prendre ce qu’ils disent avec un grain de sel.

Quels sont les épisodes dont vous êtes les plus fiers?

B.: Dans le deuxième épisode, on rencontre un ex-membre du club de motards Rock Machine qui a vraiment été très ouvert et généreux. On y apprend beaucoup sur le fonctionnement de l’univers des motards criminels.

F.: Il y a aussi notre rencontre avec l’émissaire montréalais du cartel de drogue mexicain de Sinaloa. Vous allez tomber en bas de votre chaise!

Écoutez Brigitte Noël et Félix Séguin sur les balados de Narcos PQ, accessibles en tout temps sur le site Web de QUB radio (qub.radio), l’application QUB radio ou celle de votre choix. Un nouvel épisode est déposé tous les lundis.

En mode balado

QUB radio, les «podcasts», tout cela peut sembler très technique pour quelqu’un qui n’est pas très à l’aise avec la technologie. Pourtant, accéder aux émissions de Narcos PQ et aux autres balados se révèle assez aisé. «C’est très simple. Tout ce que ça prend, c’est l’internet, un téléphone intelligent, une tablette ou un ordinateur. On va sur le site de QUB radio et on sélectionne le balado de son choix à partir d’un menu déroulant. C’est gratuit et on peut même télécharger les épisodes pour les écouter lorsqu’on est en déplacement», explique Brigitte.

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