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Dans la classe de madame Catherine

Une enseignante inquiète prépare ses élèves à faire face à une éventuelle fusillade à l’école

Madame Catherine prépare sa classe de troisième à l'irré
Photo courtoisie, Zoé Roux La comédienne Alice Pascual personnifie une enseignante qui prépare ses élèves de troisième année à faire face à une éventuelle fusillade

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Madame Catherine est inquiète. Elle a peur qu’une tuerie survienne dans son école. Traumatisée par la tuerie survenue à l’école Sandy Hook, où 28 personnes, dont 20 enfants, sont décédées, elle décide de préparer ses élèves à cette éventualité.

À l’affiche, vendredi et samedi, au Théâtre Périscope, à l’occasion de la 20e édition du Carrefour international de théâtre, Madame Catherine prépare sa classe de troisième à l’irrémédiable place les spectateurs dans la position des élèves.

« Madame Catherine enseigne dans une institution privée où l’on ne tient pas d’exercices de confinement et où il n’y a pas de préparation pour faire face à une fusillade. Ce qui la rend très inquiète », a raconté le metteur en scène Jon Lachlan Stewart.

Un événement amènera l’enseignante à perdre son emploi et elle profitera de sa dernière journée de travail, à la fin de l’année scolaire, pour préparer ses élèves à une éventuelle fusillade.

Les spectateurs, qui se retrouvent dans la peau des écoliers, ont le droit de répondre au professeur. Un choix de mise en scène qui oblige la comédienne Alice Pascual à improviser. Elle doit même, parfois, ramener à l’ordre ceux qui prennent un peu plus de place.

« Il y a, selon les interventions du public, des choses qui changent à chaque représentation. Alice a le talent d’être capable, subtilement, de revenir sur le chemin et reprendre, lorsque la situation l’exige, le contrôle de sa classe. Ça prend une comédienne qui maîtrise bien l’énergie du public et de la soirée », a fait remarquer Jon Lachlan Stewart.

Un miroir

Elena Belyea était à l’école nationale de théâtre du Canada lorsqu’elle a écrit les premières lignes de texte de Madame Catherine prépare sa classe à l’irrémédiable.

La comédienne et dramaturge originaire d’Edmonton a fait appel à son collègue de classe Jon Lachlan Stewart pour développer ce projet. La pièce a tout d’abord été présentée en anglais avant d’être traduite en français.

« Elena s’intéressait beaucoup à la violence aux États-Unis et au nombre grandissant de fusillades dans les écoles. La pièce parle de fusillade, mais elle fait aussi référence à une chute qui est en train de se produire. Elle est peut-être, quelque part, un miroir de ce qui se passe dans le monde avec le Brexit en Angleterre, Trump et le Mexique et la France. », a indiqué le metteur en scène.

Un des défis de Jon Lachlan Stewart, dans l’adaptation québécoise, était d’aborder l’objet théâtral avec sensibilité.

« Il y a eu plus d’événements de ce genre qui se sont produits à Québec et à Montréal que dans le Canada anglais. C’est un sujet qui est hyper sensible », a-t-il dit, faisant référence aux événements de Polytechnique, de Concordia et à la tuerie à la mosquée de Québec.

La pièce est saupoudrée d’éléments d’humour noir afin que l’ensemble ne soit pas trop lourd.

« C’est un sujet que l’on doit tout de même prendre au sérieux. Ce n’est pas uniquement de la fiction. Il y a de vraies choses qui se passent en ce moment et ça touche beaucoup de monde », a laissé tomber le metteur en scène.


► Madame Catherine prépare sa classe de troisième à l’irrémédiable est présentée le 31 mai (20 h) et le 1er juin (16 h) au Théâtre Périscope.