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La méthode Karezza, vous connaissez?

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 En matière de sexualité, les frontières des limites semblent parfois infinies. Que ce soit des tendances ou encore des nouveautés audacieuses, plusieurs s’acharnent et redoublent d’efforts pour nous surprendre ! Or, il existe également des choses toutes simples, à faire dans le confort de son foyer, sans dépenser un sou... Le plaisir n’a donc pas besoin d’être lié à un jouet sexuel, à des accessoires coûteux ou à des pratiques inaccessibles. Le plaisir sexuel peut être simple tout en étant satisfaisant et très stimulant. C’est un peu ce que propose la méthode Karezza. Regardons de plus près. 

 

 Loin d’être nouvelle, la méthode Karezza montre le bout de son nez ces derniers temps. Cela est peut-être lié au fait que le quotidien surchargé des couples les pousse à vouloir faire opposition à cette pression en tentant des méthodes pour relaxer et profiter davantage de la vie.  

 

 Exit la course à l’orgasme  

 

 La méthode Karezza ­propose donc une façon de vivre la sexualité de manière à ­repousser, autant que faire se peut, ce désir intense ­d’atteindre le point culminant à tout prix, c’est-à-dire l’orgasme. Ici, l’orgasme n’est en effet plus un objectif à atteindre, on ­suggère même plutôt le contraire : ­chercher à s’en éloigner.  

 

 Créer une intimité sexuelle demande du temps. Elle se développe bien souvent au fur et à mesure que les partenaires apprennent à se connaître et à se faire confiance.  

 

 Nadia et Richard (noms fictifs et certains détails ont été ­changés pour ­préserver ­l’anonymat), un couple de ­lecteurs de 57 ans, nous ­racontent : « Richard est un homme tellement zen ! Il a quitté son emploi de comptable il y a 15 ans pour se consacrer à la culture de tomates de serre. Il a un mode de vie qui est ­complètement différent du mien, du moins de ce qu’il était à l’époque de notre rencontre. C’était il y a 8 ans. J’ai une profession très stressante, qui demande beaucoup de disponibilité dans l’horaire d’une semaine, ce qui laisse donc peu de place pour la vie privée. Comme ç’a été un coup de foudre pour nous deux, nous avions tendance à nous en foutre à ce moment-là. Nous saisissions toutes les occasions pour nous envoyer en l’air ! Peu importait le moment, peu importait l’endroit, seuls les moments de disponibilité dictaient nos ébats ! Le désir était très présent, ce n’était donc pas un problème. Mais après deux ans de fréquentation, il m’a proposé d’habiter chez lui. C’est là que tout pouvait basculer ! Soit je changeais drastiquement mon mode de vie, soit je ­retournais vivre chez moi, soit on se ­séparait. J’ai tout ­changé, j’ai quitté mon emploi pour ­travailler avec lui à la ­campagne et ç’a été ­extrêmement ­bénéfique pour nous deux. Nous ­prenons désormais le temps de nous écouter, dans nos désirs et nos envies. Nos rythmes sexuels se sont ­accordés, nous avons appris à nous faire confiance et nous avons ­découvert d’autres façons de faire l’amour. Je ne savais pas que ces façons de faire portaient un nom ! Je me plais à dire à Richard que nous tantrisons nos relations ! Nous n’avons que peu d’orgasmes traditionnels, ceux-ci sont plus spirituels, plus sentis de l’intérieur. C’est difficile à expliquer pour qui ne l’a jamais expérimenté. »  

 

 Faire l’amour autrement  

 

 L’orgasme génère certes beaucoup de bonheur (sans doute en partie en raison de la dopamine, des endorphines, de la sérotonine, bref de ce cocktail de molécules propres au plaisir), mais vivre une sexualité en adoptant la méthode Karezza aurait plutôt pour effet de libérer une belle quantité d’ocytocine, surnommée l’hormone de l’attachement.  

 

 « Le concept est simple : l’homme et la femme doivent se retenir de jouir et s’empêcher d’avoir un orgasme. L’objectif étant de ressentir une sensation unique de plaisir et de communion. Pour cela, il faudrait ainsi se serrer contre son partenaire et profiter pleinement des câlins et des caresses, tout en privilégiant le temps passé ensemble plutôt que l’orgasme. (...) Les gestes sont simples. Le principal est de vous laisser aller : vous pouvez caresser le dos de votre partenaire, lui mordiller l’épaule, descendre le long de ses cuisses, embrasser ses omoplates... L’objectif est aussi d’explorer les moindres recoins du corps de l’autre. Faites tout ce dont vous avez envie et qui vous fait plaisir, maintenant que l’objectif absolu de l’orgasme est aboli 2 ». ­Tenterez-vous l’expérience ?  

 

 1• Nom inventé vers la fin des années 1890, par Alice Stockham Bunker, une obstétricienne de Chicago, qui militait d’ailleurs à l’époque pour la régulation des naissances, l’interdiction des corsets et l’épanouissement sexuel des hommes et des femmes. La méthode serait apparue vers les années 1930, lors de la publication du livre Karezza Method écrit par J.W. Lloyd.  

 

 2• « La Karezza, la méthode magique pour pimenter votre vie sexuelle », texte de Victoria Laserre, 24 mai 2018.