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L’audace de Francisco Randez

L’audace de Francisco Randez
Photo Journal de Montréal, Chantal Poirier

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Après avoir passé une bonne partie de l’hiver dans le sud, Francisco Randez est revenu au Québec en même temps que les premiers rayons de soleil du printemps. Pour contrer les effets de la dépression saisonnière, l’animateur et entrepreneur partage son temps entre deux continents. Un rythme de vie audacieux dans lequel il trouve son bonheur.

Francisco, tu as vécu en Amérique du Sud cet hiver, n’est-ce pas?

Oui. Cet hiver, j’ai passé cinq mois sous le soleil, plus précisément au Salvador et en Équateur. J’accompagnais ma copine, Ariane (Brien Chicoine), qui possède son entreprise là-bas, mais j’avais aussi un objectif en tête: depuis plusieurs années, je rêve de me lancer en affaires dans le sud.

Tu possèdes déjà des entreprises ici. Tu es, entre autres, copropriétaire des restaurants Hà et du bar Nhâu. Pourquoi ouvrir quelque chose dans le sud?

Il y a 10 ans, j’ai animé Aventura Panama pour la chaîne Évasion. Durant mon séjour dans ce pays, j’ai rencontré des expatriés d’origine nord-américaine qui possédaient des entreprises là-bas. Pour moi, travailler dans le sud, habiter sur le bord de la mer, faire quotidiennement du surf, c’était un rêve inatteignable, jusqu’à ce que je discute avec ces gens qui avaient eu l’audace de faire ce choix de vie.

Pourquoi avoir attendu une décennie avant de transformer ce rêve en réalité?

Se lancer en affaires dans un autre pays, ce n’est pas banal. Ça exige beaucoup de recherches, d’investigations, de rendez-vous avec des notaires et des avocats, sans oublier la tâche de dénicher le bon endroit! Pendant un certain temps, j’ai sérieusement envisagé le Costa Rica. Puis, mon choix s’est finalement arrêté sur le Salvador. Je n’en suis qu’aux balbutiements de mon projet de mini-complexe hôtelier, mais je suis quand même en train de réaliser mon rêve d’entrepreneuriat outre-mer et, par le fait même, de me construire la vie dont j’ai toujours rêvé. Cela dit, ma copine joue un rôle important dans cette aventure, puisqu’elle est mon inspiration.

Que veux-tu dire?

Il y a quatre ans, Ariane avait un rythme de vie tout ce qu’il y a de plus conventionnel, au Québec. Puis, elle a eu le courage de tout quitter pour ouvrir un centre dédié au surf et au yoga à l’étranger. Elle aurait pu rester dans cette vie qui ne lui convenait pas tout à fait, mais elle a choisi de se mettre en danger, et j’admire énormément ce trait de caractère chez elle. Ariane aborde la vie de la même façon qu’elle aborde une vague sur sa planche de surf: elle prend les devants, fonce et ne craint rien. Voilà pourquoi elle est bien meilleure que moi en surf. (Rires)

Es-tu de retour au Québec pour un bon moment?

Oui, pour tout l’été. Je tourne présentement dans la série 5e rang. J’ai beaucoup de plaisir à camper Vince, un gangster. Jouer les vilains, c’est plaisant, parce qu’ils sont souvent à l’origine des rebondissements dans les différentes intrigues. Je suis aussi chroniqueur tendance à Salut Bonjour. Chaque fois que je me lève à 3h30 du matin pour participer à cette émission, j’ai une immense admiration pour Gino Chouinard et son équipe. Pour travailler quotidiennement avec cet horaire de nuit, ils doivent faire preuve d’une discipline quasi olympique!

Tu seras aussi de retour parmi les chroniqueurs de Sucré Salé, et ce, pour la 10e année!

Effectivement. Cette émission me permet de faire de belles rencontres. Je sais que ça peut paraître cliché de dire ça, mais le milieu artistique québécois, c’est vraiment une petite famille tricotée serré. Lorsque je suis loin du Québec, je m’ennuie entre autres de l’effervescence de la scène culturelle québécoise. Autant je ressens parfois le besoin de prendre mes distances avec le Québec, autant je m’ennuie de mon chez-moi, de mes racines, lorsque je suis à l’extérieur du pays.

Alors, pourquoi partir?

Parce que je trouve ça dur, l’hiver. J’ai mis beaucoup de temps à l’admettre, parce que c’était l’équivalent pour moi d’avouer que j’avais une faiblesse. Mais, maintenant, je n’ai pas peur de nommer le mal qui m’afflige: je souffre de dépression saisonnière, et énormément, à part ça! Lorsque je passe l’hiver au Québec, je peux dormir de 10 à 12 heures en ligne. Je n’ai pas d’énergie, je souffre d’anxiété, mon moral est à plat, tout est lourd, noir, déprimant. Dès que j’arrive dans le sud, mon humeur change: je me lève avant les premiers rayons du soleil, j’ai de l’énergie à revendre et des projets plein la tête.

As-tu toujours été comme ça?

Oui. Je me souviens qu’à l’adolescence, je détestais le mois de novembre. J’avais l’impression de mettre ma vie sur pause, jusqu’en avril! Mais, à l’époque, j’étais incapable d’identifier la cause de mon mal-être. Il faut dire que la dépression saisonnière était encore peu connue. Cela dit, je me considère comme chanceux aujourd’hui, puisque mes deux carrières, en entrepreneuriat et dans les médias, me permettent d’adopter un mode de vie qui minimise l’impact de la dépression saisonnière sur ma vie. Et je m’estime tout aussi chanceux d’avoir rencontré quelqu’un qui partage ce rythme de vie qui sort de l’ordinaire.

Ariane est-elle présentement au Québec avec toi?

Oui. Elle travaille sur ses différents projets à partir d’ici. Le fait d’être en couple avec quelqu’un qui partage ce mode de vie peu conventionnel m’a aidé à faire la paix avec ça. À une certaine époque, je ressentais un peu de culpabilité face à ce choix de vie, comme si j’étais égoïste parce que je choisissais de m’exiler l’hiver.

Tu as pris la décision de ne pas avoir d’enfants. Sens-tu qu’en 2019, ce choix est bien accepté dans notre société?

J’adore les enfants, la plupart de mes amis en ont. Je pense, par exemple, à mon cousin, que j’adore: il vit à Lorraine avec sa femme et leurs trois enfants. Nos quotidiens sont totalement à l’opposé et, pourtant, il est un des êtres les plus précieux dans ma vie. Mais la paternité, ce n’est pas pour moi, et cette décision est le fruit d’une longue réflexion. Je pense qu’on vit à une époque où chacun est libre de faire ses choix, sans jugement. On n’a qu’une seule vie à vivre! Alors, pourquoi ne pas la façonner à notre image, en faisant fi de l’opinion des autres? Ma plus grande peur, c’est d’être sur mon lit de mort et d’avoir des regrets, des «j’aurais donc dû». Alors, je m’arrange pour ne pas en avoir. J’aurai sûrement des remords, mais des regrets? J’espère que non.

Francisco est l’un des chroniqueurs de l’émission Sucré Salé, diffusée du lundi au vendredi, à 18h30, à TVA. 5e rang sera de retour à Radio-Canada au cours de la saison 2019-2020.