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Leloup dans la nature

Jean Leloup
Photo Chantal Poirier Jean Leloup a enregistré son album dans différents lieux extérieurs, de Charlevoix au Costa Rica.

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C’est un Jean Leloup épuré et minimaliste que l’on retrouve dans son nouvel album, L’étrange pays. Un disque acoustique que le chanteur de 58 ans (eh oui !) a enregistré en secret durant un an et demi dans plusieurs lieux inspirants, des balcons montréalais aux paysages de Charlevoix en passant par l’exotisme du Costa Rica. Rencontre.

Jean Leloup ne fait pas les choses comme les autres. Au lieu de faire des entrevues individuelles avec les médias, le chanteur a plutôt convié une poignée de journalistes à une séance d’écoute de L’étrange pays. En début de semaine, Le Journal était présent à cet « événement » organisé à l’Arsenal, dans Griffintown, là où Leloup devait aussi faire son lancement le lendemain.

Écouter les nouvelles compositions de Leloup en compagnie du Roi Ponpon lui-même est une expérience plutôt singulière. Le chanteur reste rarement en place et au bout de quelques morceaux, il se plaît à faire des chœurs sur ses propres paroles.

La séance d’écoute s’interrompt à quelques reprises, le temps que Leloup réponde aux questions des journalistes. C’est d’abord en voulant enregistrer un album acoustique de ses succès que Leloup a repris la guitare, il y a quelques années.

« Je voulais faire les chansons que les gens avaient déjà entendues, comme La chambre et Le dôme, mais juste à la guitare. Je me suis mis à enregistrer. Et je composais aussi en même temps. J’ai eu quatre nouvelles chansons, puis cinq. Je me suis alors dit que j’allais composer d’autres nouvelles tounes. »

Des concerts en forêt

En travaillant sur cet album, Leloup n’a jamais songé à habiller davantage les chansons. Il voulait garder un résultat épuré, avec seulement des pièces guitare-voix. « Je m’étais dit que les gens n’avaient jamais entendu les chansons comme je les compose. [...] Normalement, j’aurais dû faire l’orchestre symphonique. Je voulais le faire... Puis je me suis dit que le seul truc que je n’avais pas fait, c’est ça [un album acoustique]. »

Se mettre ainsi à nu sur disque, dans toute sa vulnérabilité, Leloup admet qu’il n’aurait pas été capable de le faire il y a 10 ou 15 ans. « Au niveau de la guitare, je n’étais pas assez steady (constant), dit-il. Je faisais une chanson de temps en temps, quand je trouvais que le texte était assez hot pour la faire de même. Mais là, j’ai eu envie d’entendre qui était Jean pour vrai. »

Ce sont aussi les spectacles solos qu’il a livrés à la salle Wilfrid-Pelletier, il y a trois ans, qui lui ont donné l’idée de pousser l’exercice plus loin. « Je me suis senti capable de le faire après ces shows-là. »

Avec un tel album minimaliste, Jean Leloup rêverait de faire des concerts en pleine forêt. « Pas dans un stationnement à côté de la forêt, dit-il. J’aimerais faire des shows vraiment dehors. On pourrait se mettre une toile qui passe autour des arbres, s’il pleut. Je ne veux pas de grosse bébelle. Je n’aime pas ça. C’est trop pesant. »

De tels concerts ne verraient pas le jour avant 2020 et peut-être même plus loin, indique Leloup. « C’est long à préparer, un truc comme ça. Juste coudre la toile... ! (rires) »

Leloup sur Lenoir

Sur L’étrange pays, on entend Leloup parler du temps et de la mort. Pourtant, le principal intéressé assure que ces thèmes ne le préoccupent pas particulièrement. « Je ne pense pas plus à la mort qu’avant », dit celui qui voit la soixantaine approcher.

Et son rapport avec le temps ? « Je n’ai pas le buzz, le truc que le monde ressent, répond-il. Je ne suis pas fatigué. Mais si je veux courir, je trouve ça dur. En même temps, j’étais aussi comme ça à 20 ans ! (rires) [...] J’ai su à 4 ans qu’on vieillissait et qu’on mourait. J’ai eu le temps de m’habituer ! Y’a du monde, on dirait qu’ils viennent de s’en rendre compte. »

En fin de rencontre, on demande à Leloup ce qu’il pense des musiciens de la nouvelle génération. « Je les entends, des fois, mais je ne sais jamais les noms des bands. C’est drôle, la poésie qu’il y a dans l’air, ces temps-ci. Il y a beaucoup de tounes qui parlent d’intimidation. »

A-t-il entendu parler d’Hubert Lenoir ? « Il est vivant, lui ! J’aime ça. Il a l’air cool. » Que répond-il aux gens qui disent qu’Hubert est son descendant ? « Ce n’est pas mon fils ! », répond-il, sous l’hilarité générale. Cré Leloup.


► Le nouvel album de Jean Leloup, L’étrange pays, est présentement sur le marché. Pour les détails : roiponpon.ca.

Pochette de L’étrange pays.
Photo courtoisie
Pochette de L’étrange pays.