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Les contribuables méritent un retour d’argent

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Selon le rapport mensuel des opérations financières au 28 février dernier, soit à un mois de la fin de l’exercice financier 2018-19, le gouvernement Legault se retrouve avec un méga surplus budgétaire de 9,1 milliards $.

C’est 10 fois plus que le surplus de 904 millions $ initialement prévu par l’ex-ministre libéral Carlos Leitao lorsqu’il a déposé le budget 2018-19 en mars 2018, sept mois avant les élections provinciales.

Chose certaine, à la lumière de l’immense surplus budgétaire réalisé sur le dos des contribuables, François Legault et son ministre des Finances Éric Girard disposent de la marge de manœuvre requise pour réduire le fardeau fiscal des contribuables, tout en investissant davantage dans la santé, l’éducation, l’aide aux proches aidants et l’aide aux victimes des inondations.

LES TROP-PERÇUS D’HYDRO

Quand je fais référence à une réduction du fardeau fiscal, je pense que François Legault pourrait nous rembourser les trop-perçus de 1,5 milliard $ qu’Hydro-Québec a versés au gouvernement du Québec dans le passé.

Ayant lui-même qualifié ces trop-perçus de « vol » lorsqu’il était dans l’opposition, François Legault a aujourd’hui les moyens financiers de corriger la situation.

Comment ? En refilant aux abonnés d’Hydro-Québec une « réduction spéciale » de 15,6 % sur la facture annuelle des 12 derniers mois.

Pourquoi une réduction de 15,6 % ? Parce que c’est le pourcentage que les trop-perçus de 1,5 milliard $ représentent sur le montant des ventes d’électricité (9,6 milliards $) qu’Hydro a empoché en 2018 auprès de ses abonnés des secteurs résidentiel, commercial, institutionnel et petits industriels.

Pour les clients résidentiels d’Hydro, la réduction moyenne de la facture serait de l’ordre de 218 $.

BAISSE D’IMPÔT

Comme autre moyen efficace de redistribution équitable d’une portion de l’énorme surplus budgétaire que Québec encaisse avec l’exercice financier 2018-19 : pourquoi pas une baisse d’impôt ?

Exemple : si le gouvernement Legault réduisait de 1 point de pourcentage le taux d’impôt du premier palier d’imposition allant jusqu’à 43 000 $, soit de 15 à 14 %, cela représenterait une baisse d’impôt d’environ 1 milliard $.

Par tête de contribuable, une telle réduction équivaudrait à une baisse d’impôt provincial de quelque 270 $.

RETOUR SUR LE SURPLUS

Un mois après son élection, en novembre dernier, à la suite de la divulgation d’un surplus accumulé de 3 milliards en seulement 5 mois d’exercice financier (avril à août 2018), François Legault avait remis en question les méthodes de comptabilisation du ministère des Finances pour évaluer les surplus budgétaires.

« On est en train de réviser les méthodes de comptabilisation. Je ne suis pas certain qu’il y ait un surplus de 3 milliards », avait-il déclaré.

Il faut croire que le premier ministre, lui-même comptable, s’est inquiété pour rien puisque le surplus budgétaire n’a cessé d’augmenter de façon substantielle depuis novembre dernier.

Et à ma connaissance, ni son ministre des Finances Éric Girard ni son président du Conseil du trésor, Christian Dubé, n’ont tapé sur les doigts des comptables du ministère des Finances pour avoir gonflé artificiellement le surplus budgétaire.

Cela dit, si le gouvernement du Québec se retrouve avec un si gros surplus budgétaire c’est parce qu’il est venu le chercher dans les poches de ses contribuables par l’entremise des impôts, des taxes, de la tarification des services, etc.

Un petit remboursement serait de mise !