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Nathalie Mallette : un retour à l’écran après deux ans de disette

ENT-Répétition de la pièce de théâtre d'été "Á votre santé"
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

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MONTRÉAL | Nathalie Mallette n’avait pas joué à la télévision depuis la fin de 30 vies, au printemps 2016. La comédienne l’avoue humblement et sans faux-fuyant: la caméra lui manquait. C’est donc avec une joie immense qu’elle a accueilli le rôle d’infirmière de l’école Marie-Labrecque dans la nouvelle série Toute la vie, qu’on lui a gracieusement offert.

«J’ai vraiment vécu beaucoup d’inquiétude il y a deux ans et demi, reconnait Nathalie Mallette en entrevue. Il y a des périodes comme ça, c’est un métier inégal. On ne sait jamais. Et, malheureusement, on envisage toujours davantage que ça va aller mal, au lieu de se dire que ça va bien aller. Le cerveau humain est fait comme ça.»

Métier étrange

Celle qu’on a aussi vue dans Yamaska et Chabotte et fille dans la dernière décennie en savait encore peu sur son personnage de Toute la vie lors du dévoilement de la distribution de cette nouvelle fiction de l’auteure Danielle Trottier (Unité 9), le 13 mai dernier.

Elle pouvait seulement dire que la professionnelle de la santé à qui elle prêtera ses traits, très engagée socialement, accompagnera des adolescentes enceintes et sera souvent en contact avec Tina (Hélène Bourgeois Leclerc), la directrice de l’établissement au cœur de l’intrigue. Roy Dupuis (le psycho-éducateur Christophe) et une pléiade de jeunes actrices au visage (pour l’instant) inconnu feront aussi partie de cet univers qu’on découvrira l’automne prochain, à Radio-Canada. Les tournages devaient débuter la semaine dernière.

«C’est un métier très étrange, constate Nathalie Mallette. Parfois, on doit auditionner pour de très petits rôles pas nécessairement intéressants. Alors que le rôle dans Toute la vie, on me l’a simplement offert, tout comme mes rôles dans Yamaska et 30 vies. Le réalisateur (Jean-Philippe Duval, NDLR) m’a dit qu’il m’aimait beaucoup et qu’il avait envie depuis longtemps de travailler avec moi. Ça m’a touchée. Si on savait ces choses-là, quand on est à la maison et qu’on déprime, ça nous ferait du bien. (rires) J’étais tellement contente!»

Vieillir à l’écran

L’actrice a même songé, pendant sa période de disette, à réorienter sa carrière. Habile de ses mains, elle a envisagé explorer cette avenue, mais son amour du jeu est demeuré plus fort que tout.

Parmi les autres inquiétudes qui la tenaillaient, celle de l’âge occupait en outre beaucoup ses pensées.

«Vieillir, c’est la chose qu’on redoute le plus et qu’on espère le plus, philosophe la femme de 54 ans. Les premiers rôles, en télévision, ont souvent 30 ou 40 ans. Quand j’étais dans la vingtaine et la trentaine, j’avais des "leads" en télévision. Mais la roue tourne. J’ai beaucoup vécu le vieillissement, dans 30 vies, quand je suis passée de la quarantaine à la cinquantaine. Je l’ai même vu physiquement. C’est très dur de voir ça à la télévision.»

Nathalie Mallette a quand même mis à profit sa pause des plateaux en s’investissant pleinement sur les planches, foulant notamment celles de l’Espace Go et du Quat’Sous. Maman d’une fille de presque 14 ans, Jeanne, elle s’amuse du fait qu’on lui confie maintenant davantage de rôles de mères au théâtre, même si, ironiquement, les incessantes rediffusions d’Histoires de filles, à Prise 2, et des Filles de Caleb, à ARTV, pourraient lui conférer une éternelle jeunesse. Son conjoint, l’homme de théâtre Robert Bellefeuille, l’épaule par ailleurs beaucoup dans son parcours artistique.

«À votre santé!»

La dame a également beaucoup œuvré au théâtre d’été, une expérience qu’elle renouvellera cette année, dans la pièce À votre santé! – Clinique à bon marché, au Théâtre des Hirondelles de Saint-Mathieu-de-Beloeil, dès le 7 juin. La création est signée Michel Charette et François Chénier, deux personnes que Nathalie Mallette admire pour leur humanité.

«Ils veulent qu’on soit heureux, ils sont très attentifs. Et moi, c’est l’une des choses que je recherche le plus, la bienveillance et la gentillesse. J’ai même déjà refusé des projets et des opportunités intéressantes artistiquement, parce que je sentais un potentiel de mépris. Mon bonheur est trop précieux», précise Nathalie Mallette.