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Robert Charlebois en «triomphaloScope»

Le Grand Théâtre debout pour la première de son nouveau spectacle

Robert Charlebois célèbre avec faste ses 55 ans de carrière dans son nouveau spectacle, qu’il a étrenné à Québec, samedi soir.
Photo Didier Debusschère Robert Charlebois célèbre avec faste ses 55 ans de carrière dans son nouveau spectacle, qu’il a étrenné à Québec, samedi soir.

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Maudit Charlebois ! Impossible de lui résister. Fougueux et touchant, il nous a fait passer par toute la gamme des émotions, samedi soir, au Grand Théâtre, lors de la grande première de son Robert en CharleboisScope.

Ou plutôt, devrait-on dire, en « triomphaloScope » tellement l’accueil a été chaleureux et enthousiaste de la part d’un public avec qui ça clique manifestement toujours aussi fort.

Le vieux lion a élaboré un spectacle qui a pris l’allure d’une rétrospective d’une carrière maintenant étalée sur 55 ans. Il y avait les principaux classiques d’un répertoire qui n’a que peu d’égal au Québec. Le tout accompagné de vieux extraits d’entrevues rappelant son sens de l’humour.

Il fallait l’entendre, encore gamin, lancer : « J’ai des idoles comme Beethoven et Mozart, mais dans la musique moderne, je ne vois rien qui m’arrive à la cheville. » Non, Martin Matte n’a rien inventé.

Enfilade de hits

Le poids des années, donc ? Peu apparent. Autant dans la voix, impeccable pour un gars qui soufflera bientôt 75 bougies, que dans l’énergie déployée sur scène.

Amorcé avec Le manque de confiance en soi, un des quatre extraits de son plus récent album au programme, le concert a vite pris de la vitesse : Dolorès, Les ailes d’un ange, avec ses « Québec » criés à l’unisson, Ent’ 2 joints. Enfilade de hits pour réchauffer la place comme il faut.

Avec dix musiciens derrière lui, Charlebois a pu mettre la switch musicale à rock, avec un fort accent de blues qui a trouvé son point culminant dans l’impétueuse Mon pays.

Pendant une Fu Man Chu si épique qu’elle a été saluée d’une ovation, l’écran géant surdimensionné nous a replongés dans le western spaghetti de Sergio Leone dans lequel Charlebois partageait l’écran avec Terence Hill et Miou-Miou en 1975. Nostalgie musicale et cinématographique. Qui dit mieux ?

Folle complicité

Le public venait à peine de se rasseoir qu’il a rebondi sur ses pieds quand Louise Forestier est débarquée pour chanter California et Lindberg.

Ils étaient beaux à voir. Le corps septuagénaire, mais le cœur dans la vingtaine. Complices dans un même élan de douce folie pour réciter inlassablement, et dans un délire savoureux, les noms de toutes ces compagnies aériennes disparues. « 55 ans d’amitié et de liberté », a très justement résumé Charlebois.

Puis, de nouveau seul au micro, il a noué les gorges avec Ordinaire. Et quand il a chanté « Je voudrais qu’on soit tous des frères. C’est pour ça qu’on est tous sur Terre », on ne pouvait que constater que le message de ce succès de 1971 était toujours aussi actuel dans le Québec de 2019.


► Robert Charlebois sera de retour au Grand Théâtre pour deux supplémentaires, les 30 et 31 octobre.