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Un daiquiri au Floridita

Le bar-restaurant Le Floridita, au coin des rues Monserrate et Obispo.
Photo Jacques Lanctôt Le bar-restaurant Le Floridita, au coin des rues Monserrate et Obispo.

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En 1817, ce resto-bar, situé au coin de la rue piétonnière Obispo et de la rue Monserrate, dans la Vieille Havane, s’appelait La Piña de plata (L’Ananas d’argent). Devant l’affluence des touristes nord-­américains, les propriétaires décidèrent de remplacer le nom de l’établissement par La Florida d’où venaient bon nombre de visiteurs. Puis, avec le temps, l’appellation a évolué vers El Floridita (la Petite Floride). C’est dans cet endroit mythique qu’on a inventé le fameux ­coquetel « daiquiri », popularisé, encore une fois, par l’écrivain ­américain Ernest Hemingway.

Au début du XXe siècle, les goûts pour les coquetels sucrés se répandirent un peu partout. Ceux du barman du ­Floridita, un Catalan que tous appelaient par son ­prénom, Constantino, firent école. On ­venait souvent de très loin pour suivre ses cours de « cantinero » et découvrir le secret de ses mixtures, toujours à base de rhum cubain et de fruits frais comme l’ananas, le pamplemousse et l’orange. C’est pour cette raison qu’on appelle Le Floridita « le ­berceau du daiquiri ».

Le bar-restaurant Le Floridita, au coin des rues Monserrate et Obispo.
Photo Jacques Lanctôt

Il y a quelques jours, lorsque j’ai pénétré à l’intérieur du Floridita, vers 11 h 30 du matin, l’endroit était déjà bondé. Une ­centaine de personnes, assises aux tables et au bar, sirotaient des daiquiris et ­grignotaient des croustilles de plantain, tout en écoutant l’orchestre qui jouait les airs du répertoire traditionnel cubain. À l’extérieur, le soleil du midi plombait toutes les activités, il faisait 32 oC, un temps pour la sieste à l’ombre, mais à l’intérieur l’air climatisé me faisait croire qu’il n’en était rien et qu’il valait mieux relaxer au frais tout en suivant le rythme de la musique.

Le repaire d’Hemingway

L’endroit est impressionnant. Sur la gauche, une statue grandeur nature d’Ernest Hemingway accoudé au bar, ­interpelle le visiteur. Sur le mur, à ­l’arrière de la statue, une photo magnifique de ­Fidel et de l’écrivain nord-américain, lors de leur unique rencontre, dit-on. On raconte ­aussi qu’après plusieurs daiquiris, ­lorsqu’il se faisait tard, Hemingway préférait ­rentrer à pied à l’hôtel Ambos Mundos (Les deux Mondes), situé sur la même rue, où il avait sa chambre. Il existe même une ­variante du daiquiri traditionnel appelée « Papa doble », car à Cuba on surnommait ­Hemingway « Papa ».

Le bar-restaurant Le Floridita, au coin des rues Monserrate et Obispo.
Photo Jacques Lanctôt

Comme pour la Bodeguita del Medio, le Floridita a été fréquenté par de ­nombreuses personnalités ­internationales, dont Gary Cooper, Rocky Marciano, Tennessee ­Williams, Marlene Dietrich, Graham Green, Jane Fonda, Naomi ­Campbell, Kate Moss, Ava Gardner, Jean-Paul Sartre, etc. En 1953, la revue Esquire l’a classé parmi les sept bars les plus fameux du monde. Il n’attend plus que vous maintenant.

Secrets de préparation

Pour réussir un bon daiquiri traditionnel, il faut un mixeur (batidora, en espagnol) qui pourra concasser les glaçons. On verse dans le mixeur, des glaçons, 45 ml de rhum blanc cubain, 30 ml de jus de citron vert, 15 ml de sucre dilué préalablement dans de l’eau. On part le mixeur jusqu’à l’obtention d’une neige épaisse, qu’on verse ensuite dans des coupes évasées, non sans avoir ajouté une goutte de marasquin. ­Salud !