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«Une ferme plus grande que nature»: un saut dans le vide

«Une ferme plus grande que nature»: un saut dans le vide
AFP

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Du jour au lendemain, John Chester et sa femme Molly décident de quitter leur appartement de Santa Monica et de mettre leurs carrières en veilleuse pour acheter une ferme! En entrevue, le principal intéressé et réalisateur du documentaire Une ferme plus grande que nature revient sur une expérience qui a duré huit ans et qui est loin d’être terminée...

«Ce n’est pas avant la cinquième année, lorsque nous avons eu une diversité biologique sur notre ferme, que j’ai décidé qu’il s’agissait d’une histoire qui méritait d’être racontée», explique John Chester à l’Agence QMI. Le cinéaste chronique les temps forts de cette entreprise qui tient à la fois du courage et du miracle grâce à des centaines d’heures de vidéos captées de manière privée pour les souvenirs. «Nous avions environ 90 terabytes de données... J’entends toujours les réalisateurs dire à quel point ils coupent des scènes au montage!»

Une nouvelle manière de voir la nature

Le couple embauche Alan York, spécialiste de l’agriculture biodynamique. C’est lui qui leur expliquera l’importance de la biodiversité, le fait que leur ferme doit fonctionner en système «clos», chaque espèce de plante ou d’animal ayant une utilité. Ainsi, les vers de terre remuent la terre, l’étang attire une faune et une flore particulière, les pêches picorées par les oiseaux nourrissent les poules qui pondent des œufs que s’arrachent les clients, etc.

Aucune hormone de croissance pour les animaux, pas de pesticides ni d’engrais chimiques et, bien sûr, tout ce qui est génétiquement modifié n’a pas sa place. «Je n’aime pas le terme ¨agriculture durable¨, dit-il. Pensez-y, c’est une expression qui ne veut rien dire. [...] La biodynamique, c’est de rétablir l’équilibre.»

Dès le départ, John Chester a souhaité assurer la narration d'«Une ferme plus grande que nature». Si le résultat est d’une candeur et d’une sincérité peu communes, ce n’est pas la direction qu’il avait prise au départ.

«Vous savez, notre démarche était tellement peu commune... Je connaissais des fermiers qui avaient pris la même direction que nous et je me demandais, en les écoutant, s’ils racontaient vraiment tout ce qui leur arrivait. Je ne sais pas du tout si j’étais vraiment préparé à ce qui nous arriverait.»

Le couple l’admet sans peine à la caméra en chroniquant des épreuves qu’ils traversent: «oui, c’est dur». Leur truie est malade, les pêches pourrissent dans les arbres et sont dévorées par les oiseaux, les coyotes massacrent les poules, les escargots envahissent les récoltes.

La ferme de 213 acres d’Apricot Lane, qui possède une certification de biodynamisme, emploie des salariés et compte sur des travailleurs saisonniers (surtout des étudiants) qui, en échange du gîte et du couvert, participent au quotidien de la ferme.

Ce retour à des pratiques traditionnelles, à une manière plus respectueuse de faire les choses est, pour John Chester, une «nécessité». Et c’est également, «au-delà de l’angoisse, de l’anxiété, une manière de se reconnecter à quelque chose... à la nature. Je ne crois pas les gens qui me disent qu’ils n’aiment pas la nature, je ne pense même pas que ce soit possible. Nous avons tous besoin de nous connecter au monde naturel. Ce que j’ai réalisé, c’est que même des personnes ayant des visions opposées sur ce qui nous entoure, l’économie, etc. peuvent se réunir et contribuer ensemble à quelque chose. Je l’avais espéré, j’en avais rêvé. Nous reprenons contact avec quelque chose qui nous manque.»

«Une ferme plus grande que nature» est actuellement à l’affiche.