/news/society
Navigation

La poésie pour vaincre la douleur de perdre un enfant

Après le décès de son fils, l’écriture a permis à Pascal Huot de vivre son deuil

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Quatre ans après la mort de son fils, l’auteur, photographe et ethnologue Pascal Huot s’est réfugié dans le bois pour enfin extérioriser ce qu’il vivait. C’est de ces textes écrits « les doigts gelés » qu’est né Mistral en hiver, recueil de poésie d’un père qui vit le pire des drames.

Coup d'oeil sur cet article

Pour tenter d’accepter la douleur d’avoir perdu un enfant et pour se sortir du gouffre dans lequel il sombrait depuis le drame, Pascal Huot a plongé tête première dans l’écriture. Il en ressort avec un recueil de poésie qu’il souhaite maintenant voir « faire œuvre utile ».

L’écriture de ce qui est devenu Mistral en hiver a débuté en 2017, quatre ans après la mort du petit Mistral, emporté à sept semaines à peine par une hémorragie au cerveau. Après ces quatre années de douleur refoulée à l’intérieur, Pascal Huot n’en pouvait tout simplement plus. Il se sentait imploser.

« Je me suis lancé dans le travail pour ne plus penser. Mais je faisais des crises de panique, je vivais un stress post-traumatique sans le savoir. Je sentais que je perdais le contrôle de mon corps », raconte l’auteur, qui est aussi photographe au Journal de Québec. « C’est donc un recueil sur un père qui tente de passer à travers le deuil de son fils. »

Ce difficile deuil a débuté quand Mistral, qui semblait pourtant en parfaite santé, a commencé à ne pas aller quelques semaines après sa naissance.

Le reste n’a été qu’un tourbillon pour Pascal Huot, sa conjointe et leur fille. Leur fils en convulsions, un transfert au CHUL, un autre par avion au Children’s Hospital de Montréal, puis le verdict, sans appel.

« Il avait une malformation congénitale qui fait qu’une veine a éclaté au cerveau. Malgré une opération, il a continué de faire des crises d’épilepsie et le sang au cerveau n’a jamais pu s’arrêter », se souvient avec émotion celui qui est ethnologue de formation.

« Enfermé dans le bois »

La poésie, écrite « enfermé dans le bois, les doigts gelés », lui a permis de reconnecter avec ces événements quelques années plus tard. Petit calepin à la main, Pascal Huot couchait sur papier ce qu’il vivait en souhaitant y trouver un peu de réconfort. Mais à mesure que les poèmes s’écrivaient, il a fini par réaliser que la vie avait encore beaucoup à lui offrir malgré la peine et la douleur.

« En écrivant la dernière phrase du dernier poème, je me suis dit que je pouvais passer au travers. Maintenant, si ça peut aider quelqu’un à réaliser la même chose, s’il y a quelque chose là-dedans qui va au-delà de mon petit besoin de guérison à moi, je vais être heureux », explique celui qui avait déjà publié un recueil de poésie, un roman jeunesse et deux essais ethnologiques.

Don d’organes

Pascal Huot souhaite donner un peu de sens à la mort de Mistral en publiant ses textes.

Surtout parce que le petit, lui, avait déjà fait beaucoup en aidant à sauver quelques vies par le don de ses organes.

« On a accepté le don d’organes pour que sa courte vie fasse œuvre utile. [...] Lui avait donc fait quelque chose de grand de sa vie, et le recueil, c’est moi qui tente de faire quelque chose d’utile de son passage dans la mienne. Ça ne pouvait pas être en vain », confie l’auteur, aussi artiste peintre.

Mistral en hiver, publié aux Éditions Charlevoix, est disponible notamment sur le site Web de la maison d’édition et chez tous les libraires.