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Le vieillissement est en partie réversible

Le vieillissement est en partie réversible
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La diminution des capacités cognitives, de la mobilité musculaire et de l’autonomie – qu’on associe souvent au vieillissement – ne sont pas des changements irréversibles qui s’opèrent avec l’âge. Loin d’être condamné à l’obsolescence programmée, le corps humain peut demeurer en excellent état au-delà de 65 ans à condition d’en prendre soin.

C’est du moins le constat du physiothérapeute, auteur et conférencier Denis Fortier, qui souhaite briser les stéréotypes selon lesquels dès l’âge de 40 ans, l’humain s’engage sur une pente descendante et dépérit de façon systématique.

«Le corps, c’est une machine qui s’adapte à ce que l’on fait, à notre environnement», dit M. Fortier auteur du livre C’est normal à votre âge ? «On peut reprendre de l’endurance, on peut regagner de la mobilité musculaire, de l’équilibre, des capacités cognitives et même de l’autonomie pour ceux qui en ont perdu», explique-t-il.

M. Fortier s’est donné comme objectif de fournir des «arguments musclés» aux gens qui se sont fait dire par des professionnels de la santé ou encore par un employeur qu’il est «normal» à leur âge d’être moins performants au travail, d’apprendre moins, de voir certaines de leurs capacités réduites.

«J’espère être une certaine courroie de transmission entre les nouvelles données qu’on n’avait pas il y a 5-10-15 ans et la population», lâche le professionnel de la santé.

Super 4

Si les infections étaient responsables de la majorité des décès, par le passé, c’est aujourd’hui les maladies chroniques qui s’avèrent des «tueuses en série», selon Denis Fortier.

Le physiothérapeute soutient que les bienfaits du «super 4», soit de ne pas fumer, de pratiquer au moins 30 minutes d’exercice par jour à raison de cinq fois par semaine, de maintenir son indice de masse corporelle sous la barre du 30 et de manger sainement, pourraient toutefois réduire les risques de maladies chroniques de 78 %.

«On peut également augmenter l’espérance de vie de 13 ans», soutient l’expert. «Les maladies chroniques, c’est tellement rentré dans notre cerveau que ce sont les médecins qui les traitent, et tant mieux si c’est le cas, mais on ne dit jamais assez que ces maladies chroniques là se préviennent dans l’immense majorité des cas», ajoute M. Fortier.

Il en va de même pour des pathologies telles que l’arthrite, l’arthrose et même l’Alzheimer, l’une des maladies les plus redoutées, selon le professionnel de la santé.

«C’est un mythe que de croire qu’à partir de 50 ans, c’est normal d’avoir des pertes de mémoire», expose M. Fortier. «Est-ce que j’ai vérifié si je dors bien, je mange bien, je bouge bien, si je suis anxieux ou dépressif? La même logique s’applique pour la douleur. Associer la cause du problème au vieillissement directement, c’est ce qui devient un mythe destructeur et qui nous empêche de prendre soin de nous.»

Extrait du livre<br> 
<b><i>C’est normal, À votre âge ?</i></b><br>
DENIS FORTIER – Trécarré
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Extrait du livre
C’est normal, À votre âge ?
DENIS FORTIER – Trécarré

Des changements possibles

À cet effet, prendre soin de son sommeil serait à la base d’un corps en santé, selon M. Fortier, et ce, peu importe l’âge. L’auteur ajoute que la majorité des changements qui s’opèrent dans le corps en vieillissant sont en partie réversibles, ce que les gens ignorent.

«On gagne des choses en vieillissant et ça, on ne le dit pas bien bien souvent», se désole-t-il. «L’arthrose, ce sont des cartilages usés qui ne sont pas vascularisés, mais si on bouge les articulations régulièrement, ça va changer, ce n’est pas programmé», explique le physiothérapeute de formation.

«Il n’y a pas si longtemps, on ne savait pas qu’une personne de 80 ou 90 ans pouvait reprendre de la force et de l’endurance musculaire [...] C’est un processus en partie réversible. Les cartilages, les muscles, le cerveau. Si on en prenait soin par des petits gestes concrets et qu’on informait la population, nos coûts de santé diminueraient et on arriverait beaucoup mieux à prendre soin de notre monde et à allouer les ressources correctement», conclut-il.

La prévention : la clé

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  • Trouver des trucs favorisant une bonne nuit de sommeil : diminuer notre exposition à la lumière avant d’aller au lit, se coucher et se lever à des heures fixes, n’utiliser son lit que pour dormir et avoir des rapports sexuels, ne pas rester plus de 30 minutes au lit si nous n’arrivons pas à dormir, etc.
  • Changer certaines habitudes de vie : opter pour des activités qui nous procurent du plaisir, qui nous permettent d’être moins assis, et nous motiver en les amorçant avec une autre personne.
  • Mettre la culpabilité de côté.
  • Privilégier la stimulation cognitive : apprendre une seconde langue ou à jouer d’un instrument de musique afin de garder notre cerveau actif et en santé.
  • Pratiquer des activités qui font travailler le système cardiovasculaire : marcher au moins 30 minutes par jour d’un bon rythme afin de préserver la santé de notre cerveau, réduire les risques d’obésité, mais aussi d’accident vasculaire cérébral, notamment.
  • Accepter de sortir de sa zone de confort.

Mythes associés au vieillissement

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  • On ne peut rien contre la douleur en vieillissant.
  • Les pertes de mémoire ne s’expliquent que par le vieillissement.
  • Les douleurs articulaires sont causées par le vieillissement.
  • La santé passe par le nombre de médicaments ingurgités.
  • Les processus liés au vieillissement sont tous irréversibles.
  • La perte de force musculaire est uniquement liée au vieillissement.
  • Nous sommes vieux à partir de 65 ans.

5 choses qu’on ne vous dit pas sur votre santé

1. La douleur ne fait pas partie du processus normal de vieillissement et vous n’y êtes pas condamné. Elle se manifeste toutefois différemment au fil du temps notamment par certains changements physiologiques. L’utilisation du chaud et du froid, la méditation pleine conscience, et une bonne compréhension de ce qui influence la douleur, entre autres, peuvent en venir à bout.

2. La consommation d’opioïdes ne règle pas tous les maux. Selon l’auteur du livre, la médication ne fait que traiter la conséquence d’un problème de santé et non la cause. Si vous consommez des opioïdes sur une base régulière, il est préférable de vous informer de leurs effets dommageables qui seraient trois fois plus élevés que ceux des autres types de traitements, et cela s’accentue avec l’âge.

3. L’inflammation chronique est l’un des ennemis les plus sous-estimés de notre espérance de vie. Elle cible particulièrement le cœur, le cerveau, les intestins, les vaisseaux sanguins et les articulations pour y créer des problèmes de santé. Plus on avance en âge, plus on y est prédisposé, mais éviter la suralimentation, la malbouffe, le tabagisme et les longues heures assis sur une chaise permet de s’en tenir loin.

4. Le risque d’obésité augmente avec l’âge puisque le métabolisme de base diminue avec les années. Pour contrer ce ralentissement, il est possible d’augmenter le métabolisme de base en effectuant des exercices qui stimulent la masse musculaire afin de permettre de dépenser davantage d’énergie, et ce, même au repos.

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5. S’ils ont apporté des bénéfices importants, les médicaments, lorsqu’utilisés de façon excessive, peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur votre qualité de vie et votre longévité, selon Denis Fortier. Troubles de mémoire, problèmes cognitifs, plus grand risque de chute, d’infection, d’hospitalisation peuvent survenir lorsqu’ils sont consommés en grande quantité et à fortes doses.